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La Banque Populaire veut doubler d'envergure d'ici 2020

Rien n’arrête la course de la banque du cheval. La stratégie de la banque reste la poursuite de l’expansion géographique sur le continent africain.   

La Banque Populaire veut doubler d'envergure d'ici 2020
Ariane Salem
Le 15 septembre 2015 à 17h33 | Modifié 15 septembre 2015 à 17h33

Au titre des évènements marquants du premier semestre 2015, Banque Populaire a agi à de multiples égards pour la consolidation des actifs du groupe: le renforcement de la cohésion BCP et BPR, la montée dans le capital de Banque Atlantique, l’expansion sur de nouveaux marchés (Niger) et de nouveaux segments (mutuelle d’assurances avec Atta’mine Chaabi). 

Le groupe continue à afficher son appétit, alors que le marché bancaire rebat ses cartes dans son rôle de financement de l’économie.

A l’heure où l’encours crédit baisse à l’échelle du marché bancaire marocain, les crédits à l’économie de BCP marquent une progression de 1,2%, un additionnel de 2,9 MMDH contre 2,1 MMDH pour l’ensemble des banques de la place. Une performance qui tranche avec les tendances du marché qui s’inscrivent à la baisse. BCP a ainsi pu récupérer des parts de marché de 22 points de base à 24,8%. 

Cette dynamique a permis à la banque d’arracher un résultat net part du groupe de 9,3% à 1,2 MMDH, avec une progression de son produit net bancaire de 3,4% à 7,7MMDH entre juin 2014 et 2015. Le groupe ne compte pas en rester là.

M. Benchaaboun, son PDG, a brossé les traits de la stratégie 2020, qui ambitionne de doubler ses indicateurs financiers à l’horizon 2020. Rien que ça. 

Il s'exprimait au cours d'une conférence de presse tenue mardi 15 septembre, pour présenter les résultats de la banque.

Une course effrénée à l’expansion

La Banque Populaire ne semble vouloir freiner son expansion. Pour sa stratégie de moyen-terme «Elan 2020» la banque compte redonner un nouveau souffle de croissance, avec l’objectif de doubler les principaux indicateurs financiers d’ici 2020. Cela en augmentant notamment son périmètre d’activités urbi et orbi.

En Afrique subsaharienne, où la croissance du groupe se calcule à deux chiffres, une extension dans deux à trois pays est à prévoir, sous la forme de nouvelles acquisitions.

Présente dans 7 pays sur 8 de l’UEMOA, la banque a déposé un agrément en Guinée-Bissau, pour compléter sa zone d’influence. Elle envisage également une installation dans la région CEMAC, au Cameroun notamment et un ou deux autres pays de la zone. 

A la question «devons-nous ralentir le rythme d’acquisition?», le président de BP écarte toute tentation opportuniste. «Il ne faut pas qu’on soit acquéreur de conjoncture. Nous sommes en Afrique pour longtemps, et nous construisons dans la durée.» Autrement dit, pour maintenir le bateau à flot, la stratégie de BP repose sur de nouveaux relais géographiques de croissance. 

«Nous sommes conscients que la diversité géographique est un problème pour l’intervention des équipes.» «C’est pourquoi le rythme d’acquisition doit suivre la capacité d’absorption du risque.» 

Pour une raison d’équilibre des risques, le groupe bancaire ne compte pas poursuivre sa montée dans le capital de Banque Atlantique.

En début d’année, une nouvelle tranche d’achats d’actions a porté la participation de la BP de 60 à 75%, ce qui lui a permis de sécuriser la maîtrise de toutes les instances de direction. La Banque ne compte pas aller plus loin, même si l’opération est considérée comme une réussite économique, et veut maintenir les deux fonds africains et le fondateur du groupe pour un juste partage des risques. 

La zone d’ombre demeure la prise de participation majoritaire de BIA Niger, qui affiche des résultats négatifs pour 2014. La machine BP entend transformer la deuxième banque nigérienne en success story par recapitalisation, à la façon de Banque Atlantique. 

Couverture du risque Samir

Premier créancier bancaire de la Samir, le comité exécutif de la BP a tout de suite déminé le terrain, en exposant en introduction de ses résultats financiers l’ampleur de son exposition au risque Samir. 

Le Crédit Populaire du Maroc présente des crédits par décaissements de 1,9 MMDH garantis par des sûretés réelles de 1,2 MMDH. Selon des sources proches du dossier, la garantie foncière qu’a sécurisée la Banque Populaire est d'excellente qualité, et peut être réalisée avant même celles de l’Etat.

La réactivité de la banque est louée dans les milieux bancaires et auprès des autorités. «Nous avons baissé nos encours de plus de moitié et obtenu une sûreté réelle pour des engagements qui n’étaient pas en adéquation avec sa santé financière. Ce qui devait être provisionné l’a été à fin juin 2015», a rassuré le top management de la banque. 

L’année de la PME

2015 a été déclarée année de la PME par le groupe, alors que la faiblesse de l’encours crédit entreprises au niveau du secteur bancaire (-3% entre juin 2014 et 2015) paralyse l’investissement dans l’économie. Concrètement, trois axes d’actions sont mis en avant par la banque:

-L’accompagnement spécifique de certains secteurs. La BCP a déjà signé des conventions avec l’AMITH et l’AMICA pour l’accompagnement de leur stratégie industrielle avec une offre de produits spécifiques à leurs besoins. D’autres secteurs pourraient à l’avenir bénéficier de ces conventions spécifiques.

-La mise en place de produits innovants en concertation avec les acteurs de la PME, comme l’avance sur crédit de TVA pour les PME exportatrices.

-L’installation d’équipes dédiées pour chaque segment d’activités. 

A la différence d’autres banques comme AWB, BP ne souhaite pas prendre d’engagements chiffrés pour la TPE et PME. Explication du Président: «on ne peut pas décider à la place du client». Comprendre: sans reprise de la demande de crédit, l’encours risque de conserver sa tendance baissière. 

Arbitrage sur l’OCP

En marge des résultats, et de l’activité du groupe bancaire, la BCP est interpellée sur son statut d’actionnaire de l’OCP.

Alors que Bloomberg annonçait l’ouverture envisagée par OCP de son capital aux fonds étrangers, M. Benchaaboun s’est dit «absolument pas concerné» par l’information.

En revanche, il n’a pas écarté la survenue prochaine d’une cession des parts dans OCP en mesure d’arbitrage au profit de l’accompagnement financier de la stratégie d’investissement du phosphatier… un renforcement de sa position de créancier au détriment de sa qualité d’actionnaire.

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Ariane Salem
Le 15 septembre 2015 à 17h33

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