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Syrie: les pays arabes discrets sur l'intervention russe

Syrie: les pays arabes discrets sur l'intervention russe
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Le 5 octobre 2015 à 14h59 | Modifié 5 octobre 2015 à 14h59

Les pays arabes se font discrets sur l'intervention russe en Syrie en raison de divergences sur le maintien de Bachar al-Assad et d'un certain manque de leadership, à l'exception de l'Egypte qui soutient ouvertement Moscou. Depuis le début mercredi des raids russes en Syrie, la Ligue arabe est restée muette.

L'Arabie saoudite et le Qatar se sont contentés de cosigner un communiqué de sept pays de la coalition internationale antijihadistes appelant la Russie à cesser "immédiatement" de viser l'opposition syrienne non jihadiste et la population civile et à "concentrer ses efforts" contre le groupe Daech. 

L'Egypte, pays arabe le plus peuplé et qui dispose de la principale armée de la région, a elle apporté son soutien à la Russie, dont l'intervention "aura un impact sur la lutte contre le terrorisme en Syrie et aidera à l'éliminer" selon le chef de la diplomatie égyptienne. Pour Le Caire, qui doit faire face à une insurrection jihadiste liée à Daech dans le Sinaï (est) et voit d'un oeil inquiet la montée en puissance de Daech chez son voisin libyen, la présence russe en Syrie sert la lutte antiterroriste dans toute la région.

Une discrétion "prévisible"

"Les frappes russes sont en conformité avec celles de la coalition (internationale antijihadistes) en Syrie et en Irak" dirigée par Washington, a aussi estimé Sameh Choukri lors d'un entretien à la télévision saoudienne Al-Arabiya. Ce soutien égyptien à l'intervention russe s'explique par le fait que son président Abdel Fattah al-Sissi s'est considérablement rapproché de Moscou depuis que l'allié américain a pris ses distances après la destitution en 2013 du président islamiste élu Mohamed Morsi et la répression implacable qui l'a suivie.

Pour H.A. Hellyer, un expert au Brooking Center for Middle East Policy, cette discrétion du monde arabe était "prévisible". "La Russie sait que les pays arabes sont le dernier endroit du monde où elle peut s'attendre à une résistance à son action car aucun dirigeant arabe ne souhaite intervenir en Syrie comme le fait la Russie", explique-t-il. "Moscou a donc le champ relativement libre pour y faire ce qu'il veut".

 

Sissi et Poutine partagent une même vision

Cette pusillanimité arabe se comprend également au moment où les Etats de la région sont divisés sur la marche à suivre en Syrie, selon des experts. "Le Caire est en train d'adopter le point de vue de Moscou sur la Syrie, diamétralement opposé à celui de Ryad", souligne ainsi M. Hellyer.

"Pour les Saoudiens, l'objectif stratégique reste le départ d'Assad, un objectif inconciliable avec les intérêts russes", explique Karim Bitar, spécialiste du monde arabe à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris. "Par contre, poursuit-il, l'Egypte de Sissi est plus en phase avec la politique de Vladimir Poutine, qui cherche à renflouer le camp du nationalisme autoritaire face aux mouvances islamistes", et donc, en Syrie, le camp d'Assad.

Mais même si l'Arabie Saoudite souhaite ardemment la chute du régime de Damas, elle "ne sait plus quoi faire, ni comment", estime Yezid Sayegh du Carnegie Middle East Center, qui juge que Ryad "a atteint la limite" de son action en Syrie.

La politique de l'Arabie Saoudite reste floue

"La politique étrangère de Ryad est très confuse", souligne encore cet analyste, comme le montre son implication actuelle au Yémen dont les résultats "ne sont pas très impressionnants". "On ne comprend pas la pensée politique derrière cette intervention" de la coalition arabo-sunnite menée depuis mars par les Saoudiens pour contrer l'avancée de rebelles chiites soutenus par l'Iran, leur grand rival régional.

Un avis partagé par M. Hellyer, qui constate que si certains pays arabes semblent vouloir reprendre aux Etats-Unis et la Russie le rôle de "leadership" régional, "le premier exemple, apparu à la faveur de l'intervention au Yémen, n'est pas du tout prometteur".

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Le 5 octobre 2015 à 14h59

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