Centrale Laitière et Danone: Un mariage, après 50 ans de fiançailles!
Désormais, il n’y a plus 2 logos, Centrale Laitière et Danone, mais un seul: Centrale Danone. Ce n’est pas un simple changement d’identité visuelle, mais la volonté de mettre en avant la maison-mère, Danone, dont la notoriété devrait relancer le marché du lait qui, depuis 18 mois, connaît des difficultés au Maroc.
L’état-major de Danone était au complet à Marrakech, samedi 24 octobre, pour dévoiler à la presse, le nouveau logo “Centrale Danone“.
Emmanuel Faber, directeur général de Danone avait fait le déplacement, accompagné de Pierre-Henri Térisse, directeur général du pôle Afrique. Et bien sûr Jacques Ponty, directeur général de Centrale Laitière-Danone, était présent.
C’est d’ailleurs à lui qu’est revenu l’honneur de dévoiler ce nouveau logo qui, comme a tenu à l’expliquer Emmanuel Faber n’est pas juste un changement graphique: « Ce qui se joue ici, c’est beaucoup plus qu’un simple changement de nom. C’est la rencontre d’une marque historique qui a accompagné des générations de Marocains, Centrale, totalement immergée dans son écosystème laitier, avec en aval une chaîne de distribution qui a tressé un réseau de capillarité partout dans le pays, et une marque internationale, Danone, pionnière par bien des aspects et qui est devenue une référence au Maroc sur le marché du yaourt». Et Emmanuel Faber de conclure: «Un mariage, enfin, après 50 ans de fiançailles!».
Ce mariage va-t-il donner le coup de fouet nécessaire pour relancer la vente de lait au Maroc?
Jacques Ponty, en réponse à une question de Médias24, reconnaît que le marché souffre: «Depuis 18 mois, nous sommes sur une baisse de 5% qui affecte l’ensemble des régions et qui concerne principalement le lait frais. Le facteur déclenchant est une remise en question très forte sur un certain nombre de médias, télévision et internet compris, des bienfaits du lait, que ce soit pour les enfants ou pour les adultes. Beaucoup de rumeurs, d’informations erronées ont circulé et circulent toujours, entraînant l’inquiétude de certaines mères de familles. Il nous appartient, à nous Centrale Danone, mais aussi à l’interprofession d’apporter des réponses claires et de rassurer les consommateurs, en rappelant, par exemple, que le lait est riche en vitamines et en calcium, éléments indispensables pour les enfants et leur croissance. Nous sommes totalement soutenus par le ministère de la santé et par toutes les instances médicales. Mais il reste beaucoup de travail d’information à faire… ».
Les enjeux économiques sont importants: Centrale achète, transforme et commercialise 40% du lait vendu au Maroc. 120.000 fermiers dépendent de la bonne santé de leur client unique.
Heureusement pour l’entreprise, le marché des produits laitiers, lui, se porte bien, avec un taux de croissance de 5% en valeur, d’un peu plus en volume. Et Jacques Ponty d’en conclure: «la marque Danone ne cesse de gagner des parts de marché ».
C’est évidemment très important pour le Groupe qui mise beaucoup sur marché africain et le marché marocain en particulier.
Pierre André Térisse le rappelle en quelques chiffres: «Le marché africain, c’est déjà 1,2 milliard de chiffre d’affaire pour Danone. Nous sommes présents dans une quarantaine de pays; nous avons 18 usines en Afrique, dont 5 au Maroc; nous avons deux fermes importantes en Egypte et au Maroc. Et tout cela nous permet de commercialiser des produits fabriqués pour l’essentiel sur place».
Le patron du pôle Afrique insiste sur un dernier point: «Nous voulons développer le management local. Aujourd’hui, 30% du comité de direction du pôle Afrique est africain. Nous souhaitons doubler rapidement cette proportion, en investissant énormément sur les talents locaux ».
Reste un point qui frappe les observateurs: Danone offre au Maroc une gamme beaucoup plus réduite que dans d’autres pays. Jaques Ponty le reconnaît et l’explique: «on a une gamme de 35 références, c’est peu par rapport à ce que l’on fait ailleurs. Mais la spécificité du Maroc, c’est la distribution dans le commerce traditionnel: or ce commerce de proximité est la plupart du temps de petite taille. On offre souvent à ces distributeurs des frigos, mais ceux-ci sont d’une taille limitée, toujours pour des questions de place; on a donc privilégié au Maroc une gamme ciblée qui nous semble correspondre aux attentes des consommateurs du pays. Je vous rappelle par ailleurs que nous sommes présents dans 95% des points de vente proposant des produits laitiers».
Mais une telle présence nécessite de nombreux déplacements des camions de livraison, avec le risque de contribuer fortement au dégagement excessif de CO2. «Ce n’est plus le cas, précise Jacques Ponty. Depuis 3 ans, on travaille beaucoup sur l’impact environnemental. Nous avons déjà renouvelé 500 de nos 800 camions, ce qui nous a permis de baisser fortement notre consommation, mais aussi toute forme de pollution. On a investi des sommes importantes sur nos systèmes de traitement des eaux usées ; on a travaillé sur nos sites au problème du traitement des déchets et aujourd’hui, on revalorise tout ce qui peut l’être».
Une politique locale qui correspond à la politique du Groupe selon ses dirigeants. Emmanuel Faber se plaît à affirmer que la protection de l’environnement fait partie, traditionnellement, des valeurs de l’entreprise: «Dans les années 70, c’est BSN, le Danone de l’époque, qui est à l’initiative de «Vacances propres», une opération qui consistait, entre autre, à nettoyer les plages. C’est également Danone qui est à l’origine d’éco-emballage, qui gère les systèmes de recyclage en France. Plus récemment, en 2000, on a pris une dizaine d’engagements sur la décennie 2000-2010 afin de diminuer la consommation d’eau, du plastique et des énergies. Et en 2009, on s’est fixé pour la première fois des objectifs en matière de réduction d’émission de CO2: en 5 ans, on a diminué les émissions par kilo vendu de 40%. Ce qui fait qu’alors que notre entreprise a grandi de 40%, nos émissions de CO2 n’ont pas progressé sur cette période. Et ce n’est pas fini : nous réservons pour la COP21 qui se tient en décembre à Paris des informations sur ce que nous allons faire au cours des prochaines années».
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