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ECONOMIE

Micro-assurance: faible croissance mais beaucoup d’opportunités pour le Maroc

Un argumentaire en faveur de la micro-assurance: voici le nom de la 11e conférence internationale de la micro-assurance, qui se tient du 3 au 5 novembre à Casablanca.

Micro-assurance: faible croissance mais beaucoup d’opportunités pour le Maroc
Sara El Hanafi
Le 4 novembre 2015 à 10h34 | Modifié 4 novembre 2015 à 10h34

Réunissant des experts de près de 50 pays, cette conférence représente une occasion d’étudier un éventail de couvertures d’assurance efficaces destinées aux populations à faible revenu.

Plus de 400 experts représentant les professionnels, les instances publiques et les organisations de développement se sont donné rendez-vous pour la 11e édition de la conférence internationale de la micro-assurance, organisée par la fondation Munich Re et le Microinsurance Network, en partenariat avec la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance, et le centre Mohammed VI de soutien à la microfinance solidaire.

Le choix du Maroc pour cette 11e édition vient principalement de sa position stratégique en Afrique, un continent qui offre un grand potentiel en matière de micro-assurance.

En effet, les marchés africains de la micro-assurance ont connu une croissance de 30% entre 2012 et 2015, selon les estimations des organisateurs.

De plus, le total des primes de micro-assurance émises dans la région a atteint près de 647 millions de dollars, contre 387 millions de dollars en 2011, soit une augmentation de près de 31%.

"Le Maroc étant un carrefour financier et la porte d’entrée vers la région, nous pensons que dans les années à venir, le pays pourrait jouer un rôle important dans le développement du marché", souligne Dirk Reinhard, président du comité de pilotage de la conférence et vice-président de la fondation Munich Re.

Dans cette conférence, il s’agit de mettre le doigt sur le rôle vital que peut jouer la micro-assurance dans la lutte contre la pauvreté et la précarité sociale. En effet, la micro-assurance s’adresse à une population aux moyens financiers limités, et permet une plus ample inclusion financière, qui ne se rapporte pas aux crédits bancaires seulement.

"Je suis très optimiste par rapport à l’avenir de la micro-assurance au Maroc", a déclaré Bachir Baddou, directeur général de la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance. "Le Maroc a une population adéquate aux produits de la micro-assurance, une population qui exprime un besoin dans ce sens."

Entre 2011 et 2014, le taux de couverture sur le marché de la micro-assurance au Maroc a augmenté seulement de 1,3%, une progression qui demeure très faible. Cette hausse modeste est attribuée aux institutions de micro-finance, qui ont facilité l’accès au marché à faible revenu.

Ceci dit, les intervenants lors de la première journée de la conférence se sont accordés sur plusieurs défis relatifs à la mise en place effective de la micro-assurance au Maroc:

-La création d’un produit consistant. Les produits de la micro-assurance doivent répondre aux besoins spécifiques d’une population ciblée, doivent présenter de bonnes garanties mais rester accessibles à petits prix. "Créer des produits de micro-assurance nous impose beaucoup de créativité et d’imagination", a déclaré Mohamed Hassan Bensalah, président de la FMSAR.

-La construction d’un réseau de distribution performant. En effet, la commercialisation des produits de la micro-assurance demeure difficile via les canaux de distribution classiques, notamment les agents et courtiers d’assurance, car c’est une branche d’activité qui n’est pas très lucrative. "Si les assureurs veulent réaliser un profit à partir de la micro-assurance, ils doivent miser sur le volume et réaliser d’énormes ventes", continue Bachir Baddou.

"Or nous sommes quand même un secteur citoyen, il ne faut donc pas s’orienter vers la micro-assurance avec l’ultime intention de réaliser des profits." Dans ce sens, le rôle des associations de micro-finance dans l’amélioration du réseau de distribution de la micro-assurance a été souligné.

-Les réglementations. "Nous avons besoin de plus de facilités réglementaires pour pouvoir utiliser des circuits de distribution plus adaptés. Nous restons limités par les circuits de distribution classiques", a déclaré Mehdi Tazi, président directeur général de Saham Assurances.

Enfin, plusieurs autres problématiques ont été relevées: la collecte des cotisations et des primes relatives à la micro-assurance, une meilleure vulgarisation de la matière auprès de la clientèle potentielle, et le rôle que peuvent jouer les incitations gouvernementales, notamment en matière de fiscalité. En effet, une diminution des taxes, comme par exemple la suppression de la taxe sur les contrats d’assurance, pourrait alléger la prime d’assurance et la rendre plus accessible.

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Sara El Hanafi
Le 4 novembre 2015 à 10h34

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