Samir: Al-Amoudi lâché par ses directeurs
Les DG de pôles de la société Samir adressent une lettre aux trois ministères qui gèrent le dossier.
Parallèlement, les comptes du groupe sont examinés de près par des auditeurs.
Leur but: se démarquer de la position de l’actionnaire de référence. Le top management de la société Samir se positionne.
C’est le moins que l’on puisse dire après l’envoi d’une lettre aux ministres de l’Intérieur, de l’Energie et des Finances signée, le 19 novembre, par les quatre directeurs de pôles du raffineur (fac-similé ci dessous).
Ces derniers se désolidarisent de l’actionnaire de référence de la société et se déclarent prêts à concourir à toute solution qui pourrait sauver la Samir.
Le contenu de la lettre rappelle les périples de la société depuis l’arrêt de l’activité en août dernier et les promesses de Mohamed Al Amoudi de renflouer le capital à travers l’injection, avant le 15 novembre, de 6,7 milliards de DH.
Une première lettre, datée du 13 novembre et adressée à l’actionnaire majoritaire, incitait celui-ci à respecter ses engagements.
Elle était le premier indice d’un putsch non déclaré.


Al Amoudi ayant choisi la confrontation en demandant l’arbitrage (et donc la protection) de la Banque Mondiale, les directeurs de pôle le lâchent carrément et montrent patte blanche aux trois ministères qui gèrent la crise.
"L’idée sous-jacente de cette démarche est que les quatre directeurs souhaitent que l’Etat autorise la reprise de l’activité, mais sans Al-Amoudi", nous explique une source proche du dossier.
Une conclusion confirmée par un autre cadre de Samir qui, lui, estime que ces cadres "n’ont pas la légitimité d’agir ou de prétendre à quoi que ce soit puisqu’ils ont assisté, les bras croisés, à la déconfiture de la société".
Audits et contrôles tous azimuts
En attendant que le gouvernement donne suite à cette lettre, des auditeurs spéciaux sont déjà à la besogne. La direction des impôts, la douane, le ministère de l’Energie ainsi que l'Office des changes ont dépêché leurs auditeurs à la Samir.
Chaque corps d’inspecteurs scrute l’aspect qui l’intéresse, même si, selon nos sources, ils cherchent tous la même chose: comprendre pourquoi et comment la Samir a abouti à ce stade de "décomposition avancée" et ce faisant, déterrer les cadavres s'il y a lieu de le faire.
Les résultats de ces audits changeront la donne, selon notre source qui s’obstine à croire que l’Etat cherchera la continuité dans le cadre d’un plan de sauvetage sans Al-Amoudi.
Difficile à concevoir d'autant que c’est difficile à vérifier. Le dossier est suivi en haut lieu et les décisions se prennent dans une sphère inaccessible.
Nos sources n’en démordent pas. Pour eux, "la solution est d’intéresser les Marocains", car, disent-elles, la Samir ne peut reprendre que si les distributeurs marocains (et donc les clients) jouent le jeu.
Du côté des clients distributeurs, l’attrait de la Samir n’est pas très manifeste. L’outil de raffinage n’attire pas les foules au Maroc. En revanche, des connexions business laissent deviner des pistes intéressantes.
Des distributeurs sont actionnaires dans Salam Gaz. La tentation de reprendre l’entreprise est grande pour réaliser une intégration industrielle. De même, l’intérêt de plusieurs distributeurs pour l’augmentation des capacités de stockage est connu sur le marché.
Les capacités de Samir offrent une grande opportunité. Quant au raffinage, une grande interrogation l’entoure: survivra-t-il aux manœuvres d’Al Amoudi? L’avenir nous le dira.
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