Quel sera le prix à la pompe le 1er décembre? Voici notre pronostic
Les prix à la pompe ne peuvent pas être prévus à l'avance. Ils seront libres. Voici les paramètres qui entreront en ligne de compte et voici notre pronostic.
Un grand flou entoure la libéralisation du prix des carburants qui entrera en vigueur mardi 1er décembre. Le Ministre de l’énergie est incapable - ou en réserve - de se prononcer sur le sens de l’évolution des prix.
Certes, les confrères journalistes assurent que la nouvelle ère des prix libres débutera par une baisse, et que le gouvernement imposera un plafond à la hausse. Les fondamentaux du marché, qui dicteront désormais l’évolution des prix de l’énergie, indiquent pourtant le contraire. De plus, il est désormais avéré que l'Etat ne fixera pas de plafond.
Les fondamentaux du marché, ce sont le coût du baril de brent, la cotation du dollar, les coûts de fret et le prix de revient du stock. A cela s’ajoutent TIC et TVA. C'est une part fixe qui ne dépend pas du prix final. Elle est de l’ordre de 45% en moyenne, selon les observations effectuées sur le marché.
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Ces composantes étaient évidemment incluses dans le calcul du ministère des affaires générales. Le prix actuel reflète donc déjà ces fondamentaux. C'est vrai à quelques observations près.
En premier lieu, la formule de calcul officielle se base sur des coûts de fret sous-évalués. Les coûts CIF (Cost, insurance, fret) ont en effet augmenté depuis 2014, presque de moitié selon une source professionnelle. Cette évolution n'a pas été répercutée dans la formule.
La formule officielle accorde une pondération plus importante au prix du brut au cours des 60 derniers jours plutôt qu’au marché à terme. Si bien qu’en comparaison d’un marché international en tendance haussière, les prix du carburant marocain sont légèrement gommés.
Or, le cours international du brent s’inscrit sur une tendance longue haussière. D’après une analyse de l’agence internationale de l’énergie (AIE), les cours du pétrole devraient atteindre 80 dollars le baril d'ici 2020, contre un peu plus de 45 dollars aujourd'hui pour le Brent.
Cela étant dit, quels seront les prix ce mardi 1er décembre? Impossible de le savoir avec précision. Voilà cependant les paramètres qui entreront en compétition pour définir le prix final:
1.La précédente formule officielle de calcul des prix. Si on devait l’appliquer, voici quelle serait l’évolution:
-Gasoil: - 0.22 DH/l
-Super: -0.28 DH/l.
Ce serait donc une baisse.
Ce point 1 est donc un paramètre baissier en ce début décembre.
2.Les distributeurs gardent dans leurs radars la formule officielle de l’administration. Plusieurs d’entre eux ont recalculé leur propre formule, qui répercute au réel le coût du fet et des taxes portuaires ainsi que le prix de revient réel du stock. Toutes choses étant égales par ailleurs, ce point 2 est un paramètre haussier. Mais la décision prise est de ne pas appliquer cette réévaluation des coûts d’une manière brutale mais d’une manière progressive, sur plusieurs mois.
3.Ce sont les majors, les grands compagnies comme Afriquia, Total, Shell, qui pèseront sur le prix à la final. Leurs décisions seront en principe essentielles pour faire le marché.
4. La situation actuelle est plutôt à l’attentisme, avons-nous constaté au vu des échanges avec plusieurs distributeurs. C’est-à-dire appliquer la formule officielle sans aucun autre changement et observer les concurrents pour réagir en cas de besoin.
Pronostic de Médias 24: tout le monde s'alignera sur la formule officielle, du moins pour la 1ère journée, sauf quelques exceptions
-Baisse autour de 0.28 DH/l pour le super
-Baisse autour de 0.22 DH/l pour le gasoil.
Toute baisse supplémentaire que vous constateriez serait le fruit de la concurrence et de la libéralisation. Une telle baisse ne serait pas impossible, pour gagner des parts de marché et du volume.
Toute baisse inférieure à ces deux chiffes signifierait que le distributeur ou le gérant de station service ont décidé de répercuter une partie de leurs coûts réels qui n’était pas prise en compte par la formule officielle.
A moyen terme, la libéralisation signifiera une légère hausse, toutes choses étant égales par ailleurs, car les coûts réels finiront ar être totalement reflétés. La baisse supposée que provoquerait la concurrence ne dépassera pas 2 ou 3 centimes par litre en moyenne.
La marge moyenne de distribution constatée est d’environ 3,5%
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