Villes compétitives: Tanger classée 5e au niveau international
Selon la Banque mondiale, Tanger se hisse au 5e rang des villes les plus compétitives au monde en termes de cumul d'entrées d'IDE. Marrakech et Meknès représentent un fort potentiel compétitif.
Le rapport "Competitive cities for jobs and growth: what, who, and how", publié le 10 décembre, analyse et définit les éléments qui participent à la compétitivité de 750 villes et les moyens par lesquels elles sont parvenues à développer leurs économies.
Au Maroc, précise le rapport, Tanger est considérée comme la ville la plus économiquement développée. En effet, elle constitue un effet de levier aux investissements directs étrangers (IDE) grâce à son port Tanger-Med qui est destiné à attirer des investisseurs étrangers en automobile et des fournisseurs industriels dans différents secteurs.
Ainsi, sur la période 2003–2012, ces IDE ont permis de cumuler 5.694 millions de dollars d’investissement permettant ainsi sur l’ensemble de la période concernée le lancement de 61 projets et la création de 27.219 opportunités d’emploi dans la région. Tanger se hisse ainsi à la 5e place mondialement -sur le top 10 des villes- pour les entrées cumulées d'IDE rapportées au PIB.
Par ailleurs, entre 2005 et 2012, la ville du détroit a contribué à la création de nouveaux emplois trois fois plus vite que le Maroc pris dans son ensemble, avec une moyenne annuelle de croissance de l'emploi de 2,7% alors que la moyenne nationale se chiffrait à seulement 0,9%, tout en dépassant la croissance du PIB national par environ un dixième.
Deux autres villes marocaines sont citées dans le rapport à savoir Marrakech et Meknès qui constituent des villes à fort potentiel compétitif. En effet, Marrakech et Meknès se hissent au top 10 des villes sur-performantes dans la région nord-africaine - Moyen Orient, selon leur indice moyen de surperformance annuelle combiné à la dimension création d’emplois, occupant respectivement les 5e et 9e places sur la région concernée.
Ces deux villes affichant ainsi une moyenne de croissance annuelle du PIB par habitant supérieure à 10%. Il est à noter que sur 750 villes, seulement 135 d'entre elles ont réussi à dépasser le cap des 10% de croissance annuelle du PIB par habitant.
Par ailleurs, Marrakech se distingue en affichant, à elle seule, une moyenne de croissance annuelle du PIB par habitant supérieure de 3 points à celle du Maroc pris dans son ensemble.
Le port Tanger-Med: levier économique de la région
L'annexe "3a", qui a concerné des études de cas portant sur 6 villes qui ont réussi économiquement, préparées en collaboration avec les organisations régionales, y compris les responsables des programmes pertinents, a consacré sa sixième étude de cas à la ville de Tanger.
Cette étude explique que les exploits économiques qu’a connus la ville sont la conséquence de quatre grandes initiatives:
- L’investissement du gouvernement marocain, qui a financé la construction de la nouvelle installation portuaire Tanger-Med, à 35 kilomètres de la ville de Tanger. Il y a lieu de noter que le port Tanger-Med a la capacité d'accueillir de grands navires porte-conteneurs et de fournir l'accès à la côte de la ville pour un volume élargi du commerce, un volume qui était limité dans le vieux port;
- Les nouvelles connexions routières et ferroviaires au Nord du Maroc qui ont permis le transfert intermodal rapide des conteneurs et des marchandises en vrac et un accès rapide à partir du port aux centres régionaux à proximité;
- L’engagement des parties prenantes de la ville, qui ont travaillé dur pour attirer des investisseurs spécifiques, notamment Renault, combinant les efforts de l'agence de promotion de l'investissement national, AMDI, avec l'entité locale de développement économique de la ville, TMSA;
- Et enfin, la mise en place d’une formation dédiée à l'automobile, permettant de fournir une main-d’œuvre suffisamment qualifiée pour répondre aux besoins exprimés et identifiés par cette industrie.
Ces initiatives ont eu pour conséquence une forte création d’emplois, notamment grâce à Renault, qui a employé initialement 5.500 personnes sur le site, supportant jusqu'à 30.000 emplois supplémentaires dans la région indirectement.
Mais surtout la création dans la région d’une base industrielle notamment dans les secteurs du transport et de la logistique, l'ingénierie mécanique, les produits chimiques, les textiles, les métaux et la fabrication automobile.
A travers son étude de cas sur la ville de Tanger, le rapport conclut que les initiatives d'investissement en infrastructure nationale à grande échelle peuvent déverrouiller un nouveau potentiel de croissance pour une ville, si elles sont bien exploitées. Il rappelle à ce titre que le nouveau port Tanger-Med était non seulement bien connecté, mais sa gestion était par ailleurs régie par une agence spécialisée, qui a ciblé des opportunités de croissance en faveur des entreprises locales.
Le rapport estime, en outre, que l'adoption d'un modèle majoritairement public, avec l'appui d'une agence de développement économique de la ville ou d'un ministère (responsable de l'attraction des investissements, de l'assistance aux entreprises et au renforcement des capacités) est le modèle le plus approprié lorsque le secteur privé local est sous-développé ou lorsque l'État joue déjà un rôle influent dans l'économie.
Marrakech et Meknès: Ddes villes à fort potentiel compétitif
Le rapport rappelle que le Maroc est un pays qui n’est pas encore fortement urbanisé. En effet, à ce jour, seulement 57% des 33 millions d'habitants du Maroc vivent dans les zones urbaines, une proportion beaucoup plus faible que dans d'autres pays à un niveau de développement similaire.
Son système de villes est dominé par la puissance économique de Casablanca et le centre administratif que représente Rabat. En dehors de la plaine côtière centrale, les villes intérieures comme Marrakech, Fès et Meknès sont également fortement peuplées, tandis qu’Agadir sert de plaque tournante pour les régions du sud du pays.
Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, les villes compétitives ne sont pas forcément des capitales ou des centres de commerce globaux. Souvent, il s’agit de villes qu’on pourrait qualifier de secondaires, mais qui toutefois connaissent une industrialisation rapide.
C’est ainsi qu’on retrouve Marrakech et Meknès parmi les villes à fort potentiel compétitif au Royaume, se hissant parmi les 135 pays enregistrant une moyenne de croissance annuelle de PIB par habitant supérieure à 10%.
Le rapport précise que le succès de ces villes n’est pas exagéré. En effet, ces dernières ont réussi malgré l'adversité, puisqu’elles sont situées dans des régions moins développées que la région de Casablanca-Rabat.
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