325 millions m3 d'eaux réutilisées à l'horizon 2030 au Maroc
Dans le cadre du projet de Plan national de l'eau, un objectif de près de 325 millions m3 d'eaux réutilisées a été fixé à l'horizon 2030.
"Malgré les potentialités existantes et l'importance des volumes d'eau usée épurés grâce aux 90 stations d'épuration existantes, la réutilisation des eaux usées épurées reste cependant encore très limitée", a souligné jeudi 17 décembre la ministre déléguée chargée de l'Eau, Charafat Afailal.
Pour faire face aux contraintes qui pèsent sur le secteur de l'eau au Maroc, le projet de Plan national de l'eau préconise, en plus de l'économie de l'eau et de l'augmentation de l'offre, le recours aux eaux non conventionnelles, notamment la réutilisation des eaux usées.
"Les projets de réutilisation réalisés ou en cours de mise en service ne dépassent pas 18, mobilisant seulement 38 millions m3/an", a ajouté la ministre, lors d'un atelier axé sur la promotion de la réutilisation des eaux usées épurées et la présentation des grands axes du projet du Plan national y afférent.
Il s'agit de:
- l'usage pour l'irrigation des espaces verts et golfs pour environ (69,3%),
- l'usage à des fins agricoles (13%),
- l'usage industriel pour le lavage et le transport des minerais dans les industries de phosphate (16,6%),
- la recharge de nappes par les eaux usées de la station d'épuration de Biougra (1,1%).
La réutilisation des eaux usées, d'une manière contrôlée et à grande échelle, est limitée par un certain nombre de contraintes:
- techniques: notamment l'inadéquation entre les impératifs de l'assainissement et les exigences de la réutilisation nécessitant le plus souvent la mise en place d'un traitement complémentaire des eaux usées,
- réglementaires: notamment la faible application de la réglementation en vigueur et la non définition claire et précise des responsabilités entre les différents intervenants,
- institutionnelles: la multiplicité des intervenants et la non clarification des rôles de chacun, ainsi que le manque de coordination en matière de planification,
- financières: notamment l'absence de règles de partage des coûts claires et admises par tous les acteurs et le niveau élevé du prix de revient de l'eau usée épurée, comparé aux tarifs appliqués dans les périmètres irrigués et aux frais de l'eau de l'irrigation privée).
Le projet du Plan national de réutilisation des eaux usées (PNREU) se fixe comme objectifs l'éradication de l'utilisation non contrôlée des eaux usées d'ici 2020 et la réutilisation d'une manière directe ou indirecte de la totalité du potentiel en eau utilisable d'ici 2030, soit 325 millions m3/an.
Pour atteindre ces objectifs, le projet du PNREU prévoit le réalisation de 162 projets répartis sur les bassins hydrauliques de: Loukkos, Moulouya, Sebou, Bou Regreg Chaouia, Oum Er Rabiî, Tensift, Souss Massa Drâa, Guir Ziz Rhéris et Sakia El amra Oued Eddahab.
Il prévoit également des mesures réglementaires, institutionnelles de même qu'un schéma de financement plus réaliste consistant à recouvrer la plus grande partie des coûts auprès des usagers et des bénéficiaires en tenant compte de leur capacité à payer et en veillant à ce que la réutilisation des eaux usées leur soit rentable.
Des mesures d'accompagnement sont également prévues par ce projet, relatives au renforcement des capacités, à la recherche appliquée, à la communication et à la sensibilisation.
(Avec MAP)
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