Sachets en plastique: les mesures d'accompagnement se font attendre
Projets en arrêt, entreprises et emplois menacés, investissements perdus, la FMP n’a pas encore de visibilité sur l’avenir de cette activité, clairement mis en péril.
Les producteurs de sacs plastiques attendent toujours les textes d’application de la loi portant sur leur interdiction. Ces textes devront énoncer les mesures d’accompagnement du secteur, promises par le ministère de l’Industrie.
En effet, bien que le comité composé du ministère de l'Industrie, ainsi que des ministères des Finances, de l’Intérieur, de l’Agriculture, et de l’Environnement se soit engagé à proposer des alternatives à la production de sacs plastiques (sacs en papier, en carton ou en fibre), et à accompagner les unités de production dans leur reconversion, ces mesures, tributaires de la continuité d’exploitation pour bon nombre de producteurs, entreprises familiales à fond de roulement limité, n’ont toujours pas été formalisées.
Ainsi, à quelques mois de l’entrée en vigueur de l’interdiction le 1er juillet prochain, et bien que le temps presse, la Fédération marocaine de plasturgie (FMP), en attente de propositions, ne peut pour le moment prendre aucune initiative pour se préparer à la transition et éviter le pire.
Les entreprises ont besoin d'un temps de réaction et d’adaptation
Pour sauver ces unités, nous ne pouvons que nous attendre à ce que les machines de production soient remplacées, que la main d’œuvre suive une formation pour s’adapter à la nouvelle activité, et que les entreprises changent de fournisseurs, de clients et de processus de production et de commercialisation.
Or, un tel chamboulement, en dehors du besoin évident en financement qu’il suppose et auquel toutes les entreprises ne peuvent pas forcément répondre, nécessite surtout un temps de réaction et d’adaptation.
Le problème est que l’attente des textes d’application et donc des propositions finales du ministère, remet en question la viabilité et l’efficacité des mesures qui seront proposées. En effet, quelle que soit sa nature ou sa portée, une telle transition représente un évènement marquant dans la vie d’une entreprise.
La reconversion relève de la stratégie de l’entreprise, qui par définition, non seulement porte sur le long terme, mais surtout, se bâtit sur le long terme.
Une transition efficace ne peut donc pas se faire à la va-vite.
Rappelons-le, l’industrie des sachets en plastique emploie selon les chiffres du ministère 8.152 travailleurs directement ou indirectement (50.000 selon la FMP), et représente, pour le tissu économique marocain, 4,5 milliards de DH.
A 191 jours de l’entrée en vigueur de la loi, ce sont donc des enjeux économiques et sociaux à prendre en compte au plus vite.
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