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ECONOMIE

MHE: “Nous voulons capter 850.000 emplois du marché de la délocalisation chinoise”

Le ministre de l'Industrie a signé une lettre d’intention avec le président d’un groupe industriel franco-chinois. L'accord ouvre la voie à l’implantation des sociétés chinoises au Maroc, pour créer des emplois dans le cadre du plan d’accélération industrielle.

MHE: “Nous voulons capter 850.000 emplois du marché de la délocalisation chinoise”
Samir El Ouardighi
Le 23 décembre 2015 à 14h49 | Modifié 23 décembre 2015 à 14h49

Lors de la cérémonie de ce mercredi 23 décembre, le ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, a affirmé que le nouveau partenariat économique renforcé entre le Maroc et les opérateurs chinois passait par la signature de conventions pour préparer le terrain à un avenir florissant.

L’objectif de la rencontre avec le président du groupe industriel chinois Servies Industries, Lee Guisheng, est de créer une plate-forme d’accueil et d’accompagnement pour faciliter l’implantation des sociétés chinoises au Maroc.

Hormis l’engagement de la société Golden age international holding Co. Ltd (ISI) à préparer le terrain aux industriels chinois souhaitant s’installer au Maroc, il a été convenu de développer un fonds d’investissement qui les accompagne sur place.

Le groupe franco-chinois, déjà implanté dans le Royaume, est spécialisé dans la fabrication de moyens manuels et automatisés pour les secteurs comme l’automobile, le ferroviaire, les énergies et l’industrie en général.

La conclusion de cet accord s’inscrit dans la stratégie du Plan d’accélération industrielle (PAI) 2014-2020 et intervient après la rencontre de MM. Elalamy et Guisheng lors du Forum sino-africain des entrepreneurs que le Maroc a abrité, les 26 et 27 novembre derniers à Marrakech.

Le Maroc veut capter 1% a minima des 10% réservés à l'Afrique

Interrogé par Médias 24, le ministre a déclaré que la convention n’était qu’un premier pas pour séduire les investisseurs chinois et que son département allait accélérer la cadence. "Dans les secteurs que mon département gère, nous avons compris que la Chine avait un grand rôle d’investisseur à jouer au Maroc." Le ministre a rappelé que "85 millions d’emplois vont quitter l’usine du monde dans les prochaines années et que ce pays recherche des marchés plus compétitifs en termes de coûts. Le Maroc a donc une carte forte à jouer pour capter la délocalisation de leurs entreprises."

Concernant les 50 milliards de dollars d’investissements vers l’Afrique récemment annoncés par le gouvernement chinois, le ministre ne sait évidemment pas quelle part captera le Maroc.

"Quelle que soit la transformation du modèle économique chinois, nous voulons être acteurs et pas spectateurs de sa nouvelle dynamique d’investissements extérieurs et de délocalisation".

A la question de savoir combien d’emplois la Chine pourrait délocaliser au Maroc, MHE affirme que sur les 500.000 emplois prévus par la mouture initiale du PAI, aucun n’était comptabilisé en provenance de ce pays.

Cependant, grâce à la volonté chinoise de délocaliser 85 millions d’emplois dans des destinations plus compétitives, le ministre espère en capter au moins 1% dans les dix ans à venir soit 850.000 recrutements bénéficiant au Royaume. "Même si on était très mauvais en termes de compétitivité, ce que l’on n’est pas, on captera 1% a minima, car l’Afrique devrait récupérer au moins 10% de ces 85 millions".

Une main-d’œuvre bon marché, mais qualifiée

A l’appui de son optimisme, le ministre affirme que le Maroc a beaucoup d’atouts pour attirer les investisseurs chinois qui veulent profiter d’un modèle plus compétitif que le leur. "La stabilité politique de notre pays est un élément déterminant, mais il n’est pas le seul." Il ajoute:"Notre position géographique à la croisée de l’Afrique et de l’Europe permet à nos coûts de revient et nos délais de livraison d’être plus compétitifs qu’à partir de la Chine."

"De plus, le Maroc dispose d’accords de libre-échange avec 56 pays ce qui permettra aux investisseurs chinois intéressés d’exporter vers ces pays sans aucun droit de douane."

"Nous offrons de la main-d’œuvre bon marché assumée mais aussi qualifiée qui se fait rare dans d’autres destinations d’investisseurs. En termes d’offre d’emplois, nous disposons d’une palette qui peut répondre à toutes les demandes étrangères."

En conclusion, le président d’ISI s’est dit très optimiste sur le flux d’investissements chinois. Il a d’ailleurs comparé la volonté actuelle du Maroc d’attirer les investisseurs chinois à la situation de la Chine il y une trentaine d’années, avant qu’elle ne devienne l’usine du monde. 

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Samir El Ouardighi
Le 23 décembre 2015 à 14h49

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