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ECONOMIE

Karim Tazi: “Dans 10 ans, Richbond espère réaliser 30% de son activité en Afrique”

Dans une sortie médiatique dans la presse anglaise, l’homme d’affaires très impliqué dans la vie associative s’est livré à une critique des politiques marocains, en reconnaissant un rôle de visionnaire au monarque, qui a ouvert la voie aux industriels en Afrique. 

Karim Tazi: “Dans 10 ans, Richbond espère réaliser 30% de son activité en Afrique”
Samir El Ouardighi
Le 29 décembre 2015 à 10h50 | Modifié 11 avril 2021 à 2h37

Interviewé par le quotidien britannique "Financial Times", l’industriel a pris pour cible la corruption continuant de régner, les violations des droits de l’homme et le harcèlement des journalistes et des manifestants du mouvement du 20 février, dont il avait été le porte-étendard.

Vilipendé par certains, Karim Tazi continue d’appeler à des réformes politiques et à la justice sociale, même s’il affirme que le Maroc a fait de grands progrès depuis l’avènement du Roi Mohammed VI. "Je suis très critique sur de nombreux points, mais j'ai toujours souligné que sur la question de l’ancrage africain, le Roi a été visionnaire et que l'État n’a eu d’autre choix que d’accompagner cette vision".

Les dysfonctionnements

"Le Maroc a réussi à attirer des industriels automobiles et aéronautiques comme Renault, PSA Peugeot Citroën, Bombardier et Boeing. L'année dernière, pour la première fois, les exportations d'automobiles ont même dépassé celles des produits comme les phosphates et les textiles.

Il se désole cependant que le Maroc n’a pu faire mieux que de créer des "îlots de croissance dans un océan de non-croissance" et que le pays doit encore venir à bout de la corruption et des dysfonctionnements de son système éducatif, qui entravent les investisseurs marocains et étrangers.

Si le Parlement et le gouvernement pèsent plus lourd face à une monarchie jouant un rôle plus "modéré" en termes d’interventionnisme, le changement n’est toujours pas à la hauteur de ses espérances.

Il pointe du doigt certaines personnes (sans les nommer) au sein de l’appareil sécuritaire, qui continuent d’écraser "à court-terme" les voix dissonantes des journalistes et de la société civile.

Richbond ouvre deux usines à Abidjan

Karim Tazi poursuit que le groupe Richbond dont il est directeur du pôle international, aux côtés de son frère Nascer PDG, a dû conquérir les marchés sub-sahariens pour compenser sa baisse d’activité au Maroc.

Son groupe industriel est en train de construire deux usines d’une valeur totale de 20 millions de dollars à Abidjan en Côte-d'Ivoire, ainsi qu’un centre logistique pour servir la distribution dans les pays ouest-africains. Richbond a aussi investi dans la promotion immobilière et l’édification d’un hôtel en Côte-d'Ivoire.

Optimiste sur les débouchés du marché africain, il a affirmé que dans 10 ans, son groupe espère y réaliser 30% de son activité grâce notamment aux banques marocaines qui ont su développer sur place "une excellente stratégie et approche pour l'économie marocaine".

S’il s’est réjoui des perspectives africaines, cela ne l’a pas empêché de dénoncer la bureaucratie et la corruption à tous les étages qui plombent le développement des industries comme son entreprise.

L'arrivée du PJD a été bénéfique

"Les Marocains ont désinvesti de la fabrication, car il est difficile de gérer une PME de fabrication", se plaint-il. "Les principaux obstacles à l'investissement sont politiques, car si vous voulez vous battre contre la corruption, vous devez aller à l'encontre d’intérêts puissants".

Il s’est aussi insurgé contre certains aspects de la politique économique gouvernementale, comme le manque total de soutien aux petites et moyennes entreprises,dont un grand nombre doit faire face aujourd’hui à des problèmes tous azimuts, qui menacent leur survie.

Malgré ses critiques, il reconnaiît que l’environnement des affaires au Maroc reste plus propice aux affaires que celui de l'Afrique de l'Ouest.

Même s'il se veut laïc et libéral, il ne remet pas en cause l’arrivée aux affaires du PJD, car si "je ne partage pas les valeurs ou l'idéologie des islamistes, je dois admettre que leur participation à la vie politique a été bénéfique au processus démocratique au Maroc", conclut-il. 

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Samir El Ouardighi
Le 29 décembre 2015 à 10h50

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