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ECONOMIE

Inclusion financière: le Maroc veut rattraper son retard

Avec un tiers de Marocains non encore bancarisés, l’inclusion financière est une opportunité et une nécessité, mais se trouve néanmoins freinée par plusieurs défis, plus particulièrement par une réglementation un peu trop prudente, comme c'est le cas dans toute la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord).  

Inclusion financière: le Maroc veut rattraper son retard
Sara El Hanafi
Le 20 janvier 2016 à 16h53 | Modifié 20 janvier 2016 à 16h53

En marge de la conférence sur l’inclusion financière dans la région MENA, organisée par WSBI (Institut mondial des caisses d’épargne et des banques de détail) et Al Barid Bank à Marrakech ce 19 janvier, le potentiel que représente la finance inclusive refait l’actualité: «Un système financier développé, basé sur la reconnaissance de tous les acteurs économiques est très important pour l’économie du pays», nous confie Abderrahim Bouazza, directeur général de Bank Al Maghrib.

Les différentes études menées dans ce sens démontrent que les frais bancaires, l’éloignement des agences et les démarches administratives complexes entravent la bancarisation, en particulier dans la région MENA. Ainsi, 80% des adultes de la région déclarent ne pas avoir de compte bancaire. Les pays de la région constituent la plus grande zone d’exclusion des services financiers formels.

L’inclusion financière au cœur de la stratégie de Bank Al Maghrib

Selon M. Bouazza, l’expérience du Maroc en matière d’inclusion financière s’inscrit dans une stratégie plus globale remontant à 2007, visant un développement intégré du secteur financier à l’horizon 2020 et le positionnement du Maroc comme hub financier régional.

Ainsi, la Banque centrale a œuvré dans une optique de transparence auprès de la clientèle, notamment par l’affichage des conditions bancaires et de leur contrôle ou la communication des commissions prélevées. Bank Al Maghrib a étendu son éventail de mesures aux TPME, au vu de leur importance dans le tissu économique du pays, en leur facilitant l’accès au financement.

En parallèle, M. Bouazza ajoute que l’accompagnement des institutions de microfinance, de façon à pérenniser leurs revenus tout en les encourageants à aller vers les populations exclues des services financiers, permettrait de servir 3,2 millions de bénéficiaires à l’horizon 2020, contre une population couverte de moins de 900.000 aujourd’hui.

«L’inclusion financière ne relève pas de la mission principale de Bank Al Maghrib, mais nous faisons des efforts dans ce sens, car nous sommes conscients de l’impact positif sur l’économie du pays», nous confie le DG de la Banque centrale. «Nous essayons donc de fédérer les acteurs propices pour créer un écosystème favorable au développement de l’inclusion financière» continue-t-il.

Le mobile banking: L’atout d’Al Barid Bank pour l’inclusion financière

Toujours selon M. Bouazza, le Maroc présente un réel potentiel de développement de solutions de mobile banking, intégrées et largement diffusées à bas coût, surtout qu’il dispose d’un taux d’équipement en téléphones mobiles de 127%.

C’est dans cette optique que s’est engagée Al Barid Bank. Filiale de Poste Maroc, créée en 2009, justement pour répondre aux besoins d’une population jusque là exclue du système bancaire, en raison de ses revenus ou de sa localisation géographique, celle-ci fait de l’inclusion financière un atout stratégique et joue sur la technologie, s’imprégnant des pays d’Afrique subsaharienne où le mobile banking a connu une vraie réussite.

Son projet «Al Barid Bank mobile», qui a nécessité une enveloppe de 23 millions de DH, offre à ses utilisateurs détenteurs ou non d’un compte bancaire, l’accès à des services bancaires à des tarifs relativement bas, quelle que soit la génération de téléphone mobile de l’utilisateur.

Par ailleurs, à travers des projets comme Tawfir al ghad, le compte épargne destiné aux jeunes de 18 à 25 ans ou le programme Minhaty de dématérialisation des bourses des étudiants, la Banque postale s’est engagée dans une dynamique d’inclusion financière, visant particulièrement le segment des jeunes.

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Sara El Hanafi
Le 20 janvier 2016 à 16h53

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