Perspectives économiques pour 2016: le HCP pas d'accord avec les chiffres officiels
Taux de croissance plus bas, endettement du Trésor et déficit budgétaire plus élevés que les objectifs: le HCP a recalculé toutes les prévisions de la loi de Finances pour 2016. Contraiement au gouvernement, il n'est pas du tout optimiste.
La valeur ajoutée du secteur primaire devrait connaître une baisse de l’ordre de 10,2% en volume, portant ainsi sa part dans le PIB à 11,4% au lieu de 12,7% en 2015. Cette estimation trouve son origine dans un déficit pluviométrique atteignant 61% à fin décembre 2015, affectant la production céréalière, qui devrait se situer à un niveau en deçà de 40 millions de quintaux selon le HCP.
D’autre part, le HCP estime que la valeur ajoutée non agricole connaîtrait une légère amélioration de 2,2% en 2016, au lieu de 1,7% en 2015. Cette amélioration sera portée essentiellement par la reprise progressive du secteur secondaire, sous l’effet d’un réajustement de la croissance des activités minières, du secteur du BTP, ainsi que des industries de transformation.
Le secteur secondaire devrait donc enregistrer un taux de croissance de 2,1% en 2016, au lieu de 1,4% en 2015. Le secteur tertiaire devrait, quant à lui, progresser de 2,2% au lieu de 1,9% en 2015.
Les chiffres prévisionnels du HCP indiquent une progression de 1,7% de la demande intérieure en 2016, au lieu de 2,2% en 2015. Dans ce contexte, la consommation des ménages devrait s’accroître de 2,9% en volume et sa contribution à la croissance du PIB devrait se situer à 1,7 point, au lieu de 2 points en 2015.
Celle des administrations publiques devrait connaître une croissance de 1%, limitant sa contribution à 0,2 point à la croissance du PIB. Ainsi, la consommation finale nationale devrait s’accroître de 2,5% en 2016, enregistrant ainsi une contribution à la croissance du PIB de 1,9 point.
Par ailleurs, les exportations de biens et services enregistreraient, en volume, un ralentissement de leur croissance, passant de 3,1% en 2015 à 2,7% en 2016. En revanche, les importations devraient afficher une hausse de 4,6% en 2016, au lieu d’une baisse de 2% en 2015, et ce malgré le ralentissement de la demande intérieure.
D’autre part, le HCP prévoit une baisse de l’épargne intérieure. Celle-ci devrait en effet passer de 22% du PIB en 2015 à 21,4% en 2016. L’épargne nationale devrait par ailleurs atteindre 27,2% du PIB en 2016, au lieu de 27,5% en 2015, compte tenu du niveau des revenus nets en provenance du reste du monde, représentant 5,8% du PIB.
En outre, le HCP estime que les finances publiques connaîtraient une stabilisation du déficit budgétaire à 4,4% du PIB en 2016. Le ministère des Finances a annoncé un objectif de 3,5% du PIB.
Ceci dit, malgré la poursuite de la réduction des dépenses de compensation, les dépenses courantes devraient représenter près de 20,4% du PIB en 2016, au lieu de 20,2% en 2015. Les dépenses d’équipement atteindraient 5,2% du PIB au lieu de 5,5% en 2015. En revanche, les recettes courantes devraient se maintenir à 21,3% du PIB.
Par ailleurs, le taux d’endettement du Trésor devrait augmenter, pour combler le déficit précité. Ainsi, ce taux se situerait à près de 65% du PIB. La dette publique globale devrait se stabiliser à 82,5% du PIB, au lieu de 80,4% en 2015. Le ministère des Finances a annoncé pour 2016, une stabilisation de l'endemment du Trésor à 64% du PIB.
Prenant en considération ces perspectives, conjuguées à une hausse modérée des prix, la masse monétaire devrait s’accroître de près de 3,2%. En outre, sous l’hypothèse de la consolidation du stock des réserves internationales à leur niveau de 2015, le crédit intérieur resterait peu dynamique, avec une augmentation de près de 3,5% au lieu de 2,7% en 2015, suite à la décélération de l’activité économique prévue en 2016.
Dans ses prévisions, le HCP note que pendant toutes les années agricoles significativement mauvaises durant la période entre 2000 et 2012, la croissance économique ne s’est jamais située en deçà de 2%, portée essentiellement par la croissance des activités non agricoles. En effet, la demande, principale source de relance de ces activités, peine à se maintenir sur un sentier de croissance ascendant. Cette année, il en sera différemment: le taux de croissance sera de 1,3%. Le HCP s'inquiète du ralentissement de la croissance des secteurs non agricoles.
Le HCP tire la sonnette d’alarme également sur la baisse de l’investissement, source d’accroissement aussi bien de la demande que des capacités d’offre. L’investissement a en effet baissé pour la première fois depuis 2006 sous le seuil de 30% du PIB.
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