Activité économique: contexte défavorable et trésorerie difficile, note Bank Al-Maghrib
Dans sa dernière enquête conjoncturelle relative au dernier trimestre 2015, Bank Al Maghrib note une décélération de l'activité économique.
Elle note aussi des conditions de productions difficiles pour les entreprises et une prépondérance de l’autofinancement face au crédit. Les détails.
L’enquête de la banque centrale tire la sonnette d’alarme sur le climat des affaires jugé "défavorable" par les acteurs de l’ensemble des branches d’activité, sauf l’agroalimentaire qui semble, encore une fois, tirer son épingle du jeu.
En effet, les industriels de l’agroalimentaire jugent le climat des affaires dans leur branche comme étant "normal". La branche "électrique et électronique" semble également se porter relativement bien, car 88% de ses industriels interrogés par Bank Al Maghrib qualifient son niveau d’activité de "normal" contre 12% qui le jugent "difficile".
Bank Al Maghrib relève également des conditions de production caractérisées par un approvisionnement "difficile" et un niveau de stock de matières premières et demi-produits "inférieur à la normale". L’enquête relève également une stagnation des effectifs employés.
Ceci dit, la difficulté d’approvisionnement n’a pas concerné la branche de l’agroalimentaire et de l’électrique et électronique. Dans la branche "chimie et para-chimie", la Banque centrale relève une difficulté d’approvisionnement surtout dans sa sous-branche "cokéfaction et raffinage". En revanche, l’industrie automobile semble également mieux se porter sur cet aspect que les autres industries de la branche "mécanique et métallurgie".
Par ailleurs, la stagnation des effectifs employés durant le quatrième trimestre 2015 recouvre une baisse dans les industries agroalimentaires, chimiques et parachimiques, ainsi que les industries du textile et du cuir, combinée à une hausse dans la branche "mécanique et métallurgie". Pour le premier trimestre 2016, les effectifs de cette dernière continueraient à croître selon les estimations des industriels interviewés, alors que les effectifs des branches "chimie et para-chimie" et "électrique et électronique" accuseraient une baisse.
En outre, les coûts unitaires de production n’ont pas cessé d’augmenter d’un trimestre à l’autre, note la Banque centrale. Une augmentation générale à tous les secteurs, sauf dans les industries mécaniques et métallurgiques où ils seraient en baisse, notamment grâce aux régressions enregistrées dans les coûts des matières premières hors énergie au niveau de cette branche.
Par ailleurs, l’ensemble des branches qualifient leur trésorerie de "difficile", sous l’effet de l’impact négatif engendré principalement par la réduction des délais accordés par les fournisseurs, l’accentuation des difficultés de recouvrement et l’augmentation des charges non financières. Les ventes n’ont globalement pas eu d’impact sur la trésorerie des entreprises.
D’une autre part, la Banque centrale rapporte que 84% des entreprises interrogées déclarent avoir un accès "normal" au financement bancaire, contre 14% qui le jugent "difficile". C'est une amélioration par rapport au trimestre précédent, où ces proportions ont été de 70% et de 27% respectivement. Le coût du crédit aurait été en hausse dans les industries "chimiques et para-chimiques", "textiles et cuir" et "mécaniques et métallurgiques". En revanche, il aurait baissé dans l’agroalimentaire et stagné dans l’électrique et électronique.
En outre, les dépenses d’investissement ont enregistré une hausse dans l’ensemble des branches, à l’exception du "textile et cuir". Ces dépenses devraient, selon les industriels interrogés, augmenter au cours du premier trimestre et seraient autofinancées à hauteur de 69%.
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