Tourisme: l’utilité du nouveau fonds de garantie ne fait pas l’unanimité
Le fait d’exiger des garanties réelles va à l’encontre de l’esprit du fonds de garantie, selon des professionnels du secteur.
Des professionnels du tourisme sont sceptiques quant à l’impact réel du fonds de garantie doté de 400 MDH et dont la convention a été signée le 28 janvier par les ministres des Finances et du Tourisme. Dédié essentiellement aux projets touristiques du plan Azur, il ne couvre que les dossiers de création.
"Ce fonds n’apportera rien de nouveau par rapport aux instruments déjà existants. Les conditions d’éligibilité sont draconiennes. Des garanties réelles sont exigées. Seules les investisseurs déjà bancables pourront en profiter", s’indigne Lahcen Zelmat, président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière.
"Il aurait été judicieux de mettre en place des mécanismes pour accompagner les projets existants, au lieu de se cantonner à des projets de création, surtout en ces temps où les hôtels tournent au ralenti, soit à moins de 30% de leurs capacités", ajoute-t-il.
L’objectif fixé par le gouvernement de générer 14 milliards de DH lui semble irréaliste. "C’est de la pure communication politique", se contente-t-il de répliquer.
Au sein de la Confédération nationale du tourisme, certaines voix s’élèvent pour signaler la contradiction entre d’un côté l’esprit du fonds qui apporte une garantie d’au moins 50% aux prêts bancaires et d’un autre côté l’exigence faite par les banques d’apporter des garanties réelles. Mais officiellement, la CNT soutient le projet "pour ne pas créer de polémique", nous confie un de ses membres.
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