Le Maroc aura son nucléaire vers 2030 au plus tôt
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a rendu ce lundi son rapport d’évaluation des capacités nucléaires du Maroc, nécessaires à un programme électronucléaire. Voici les principales conclusions de l’instance onusienne.
Après le solaire, avec le lancement du complexe Noor à Ouarzazate, le Maroc s’attaque désormais au nucléaire. Certes, cela prendra du temps, mais le Royaume prépare le terrain pour le lancement de son programme électronucléaire.
«L’AIEA a réalisé un travail bien structuré, qui va nous permettre d’évaluer nos réelles capacités pour l’utilisation nucléaire dans tous ses aspects. Le rapport est globalement positif», affirme Abdelkader Amara, ministre de l'Energie, en présence des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Ces derniers ont remis leur rapport final sur les capacités nationales nucléaires nécessaires à un programme électronucléaire.
La mission de l’organisation internationale qui s’est étalée sur 10 jours lors du mois d’octobre 2015, a porté sur 19 domaines concernant les aspects à la fois techniques, réglementaires, de sûreté et sécurité, de gestion des déchets radioactifs, des ressources humaines ou encore de communication.
Les principales conclusions
Selon le directeur de la division Energie nucléaire de l’AIEA, Dohee Hahn, «le Maroc dispose d’une expérience et de compétences qui lui permettraient de lancer son programme électronucléaire. En termes de ressources humaines et de capacités de formation dans le domaine nucléaire, nous avons apprécié la prise de conscience précoce du Maroc».
Si le rapport de l’AIEA est encourageant, les conditions nécessaires pour le développement d’une infrastructure nucléaire ne sont pas encore totalement réunies. L’instance onusienne a émis plusieurs recommandations au Maroc. Ces dernières sont «proposées lorsque les aspects liées à la réalisation des conditions de développement de l’infrastructure nucléaire sont incomplets», indique le rapport.
Voici les principales recommandations de l’AIEA:
● Un meilleur engagement et une meilleure implication du gouvernement:
- Examen des résultats des travaux du CRED (Comité de réflexion sur l’électronucléaire et le dessalement d'eau de mer par le nucléaire), entre les départements institutionnels concernés;
- Renforcement de la composition actuelle du CRED, par l’implication d’autres départements;
- La nécessité d’élaborer un plan directeur définissant les principaux objectifs et actions à réaliser par les départements clés concernés (actualisation et achèvement des études existantes, réalisation de nouvelles études, etc);
● Développement du cadre législatif et réglementaire:
- Le renforcement des engagements du Maroc relatifs à la sûreté nucléaire, par l’établissement d’une stratégie nationale dédiée et des mécanismes de sa mise en œuvre;
- L’élaboration d’un plan détaillé, en vue de développer le cadre réglementaire nucléaire national, en application de la loi 142-12 (décrets, arrêtés, règlements techniques, etc.)
● Préparation des entités nationales clés pour la mise en œuvre du programme:
- Renforcement des capacités nationales en matière d’électronucléaire (ressources humaines & leadership, système de gestion intégré, culture de sûreté et sécurité nucléaires, etc.).
En outre, le rapport recommande au Royaume «d’identifier les principales activités nécessaires pour développer l’infrastructure nucléaire et d'estimer les coûts appropriés, afin de planifier les besoins budgétaires futurs dans les départements institutionnels concernés», ainsi que «d’identifier le financement potentiel et de procéder à la modélisation financière».
Quant à l’investissement, «à titre d’exemple, un réacteur nucléaire de 1.400 mégawatts coûte entre 5 et 6 milliards de dollars», nous explique une source autorisée du Centre national de l’énergie, des sciences et techniques nucléaires (CNESTEN).
Au jeu des comparaisons, la différence est de taille, entre l’énergie nucléaire et l’énergie solaire. Le complexe Noor, tout récemment inauguré par le Roi Mohammed VI, est d’une puissance de 160 MW, environ 10 fois moins que la puissance énergétique d’une centrale nucléaire.
Bref, la volonté du Maroc est bien présente, mais il reste encore beaucoup d’efforts à faire pour espérer voir la première infrastructure nucléaire au Royaume. «Le Maroc aura son infrastructure nucléaire, mais ce n’est pas pour demain. De la date de prise de décision à la production, il faut entre 12 et 15 ans. Nous ne verrons pas d’infrastructure nucléaire avant 2030», nous confie notre interlocuteur.
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