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ECONOMIE

La tour Casablanca Finance City sera prête à l'été 2018

Quatre architectes de renommée mondiale ont participé au concours. C'est Thom Mayne qui construira la siège de CFC. Les travaux ont commencé en novembre, la livraison est prévue à l'été 2018, voici à quoi ressemblera ce bâtiment du "renouveau architectural de Casablanca".

La tour Casablanca Finance City sera prête à l'été 2018
N. E.
Le 11 mars 2016 à 16h15 | Modifié 11 avril 2021 à 1h03

Lorsque j’entame la préparation de cet article au sujet de la construction de la Tour CFC (Casablanca Finance City), mes trois interlocuteurs successifs commencent par la même phrase : “Oui, mais il faut éviter l’amalgame. CFC, ce n’est pas de l’immobilier“.

C’est dire que cette confusion entre place financière et immobilier les a marqués. La confusion remonte à il y a quelques années. Le projet de place financière internationale s’implante dans un quartier ou cité haut de gamme, sur l’emplacement de l’ex-aéroport d’Anfa. Mais il n’est pas que cela.

Aujourd’hui, les choses sont moins confuses.  L’idée d’une ville, Casablanca, qui a une dimension internationale et qui deviendrait un lieu où se brassent les affaires à l’échelle régionale, a fait son chemin.

Donc, et pour en revenir à notre sujet, les 350 hectares de l’ex-aéroport d’Anfa, dans la ville blanche de Casablanca, ont été réaffectés à la construction d’un nouveau quartier haut de gamme, entre affaires et logements de haut standing.

Sur cette superficie, 100 hectares ont été dédiés à cette entité qui s’appelle CFC, Casablanca Finance City. Cette dernière en réservera la moitié à des parcs qui recouvriront l’ancienne piste principale de l’aéroport.

L’autre moitié, 50 hectares, accueillera des sièges sociaux ou régionaux et des bureaux pour créer cet écosystème, qui sera la trame de fond de CFC, ainsi que des logements et des commerces.

La zone de 50 hectares accueillera 650.000 m2 de bureaux, sur un total de 1,4 million m2 de bureaux pour l’ensemble de la zone de l’ex-aéroport.

Parmi les sièges programmés sur ces 50 hectares, ceux de la Banque Populaire, de la CIMR, de FinanceCom, de la Bourse de Casablanca, de CFG et d'Attijari. En fait, c’est un peu le futur centre d’affaires de Casablanca qui va voir le jour. Toutes les sociétés ayant obtenu le statut CFC (101 à ce jour) doivent s’y établir. Mais on peut également s’y installer sans être CFC, nous rappelle Fatim Zahra Saâdani, responsable communication.

CFC aussi y aura son siège. Ce sera la première tour qui va émerger sur cette zone de 50 hectares. Le futur siège devrait être opérationnel à l’été 2018. Le premier coup de pioche a été donné le 2 novembre 2015 et les travaux doivent durer 31 mois.

L’intérêt de construire un siège CFC est multiple. Bien sûr, cela coule de source. Saïd Ibrahimi, DG de CFC Authority, nous en dit davantage: “Ce sera un bâtiment emblématique, contribuant au renouveau architectural de Casablanca, il sera une source de revenus et un actif pour CFC Authority“.

En d’autres termes, CFC a des actionnaires et un capital. La tour va lui apporter des revenus stables et un actif.

La tour Casablanca Finance City sera prête à l'été 2018

 

Quatre Prix Pritzker au concours

Comme on est à Casablanca, qui fut un laboratoire d’architecture dans la première moitié du XXe, l’idée d’un bâtiment signé s’est imposée. Le choix s’est donc porté sur l’organisation d’un concours ouvert aux seuls architectes titulaires d’un Pritzker, le Nobel de l’architecture.

4 signatures célèbres ont participé au concours: Zaha Hadid (Zaha Hadid Architects ), Pei (Pei, Cobb Freed & Partners), Thom Mayne (cabinet Morphosis) et Rem Koolhas (OMA). Ce fut Thom Mayne (Morphosis) qui a été retenu. L’architecte marocain associé à ce projet est Omar Alaoui.

Le jury était composé de Mme Ouazzani (Bank Al-Maghrib), Mme Zerhouni (Architecture Du Maroc), M. Benelkhadir (architecte), M. Benjelloun (architecte), M. Hicham Lahlou (designer), M. Lamrini (AUDA), M. Saïd Ibrahimi (CFCA) et M. Kabbaj (CFCA).

La tour coûtera 700 MDH.

La tour comprendra 25 étages. Les deux derniers seront occupés par CFC. Les étages 20 à 23 seront acquis par Bank Al-Maghrib, qui compte y installer sa division de supervision bancaire. Les autres étages comprendront des bureaux dédiés à la location.

Comment Casa a attiré des architectes mondiaux

Moncef Kabbaj, responsable de l’offre immobilière à CFC, estime que les quatre architectes de renom ont été attirés par le pitch du concours: “Contribuer au renouveau architectural de Casablanca“.

Moncef Kabbaj, qui prend manifestement un grand plaisir à son travail, se souvient avec précision de chaque étape du projet et pourrait en parler pendant des heures. Il nous raconte comment le concours a été lancé fin 2011, les présentations de chaque cabinet, comment le choix a été effectué. Les critères étaient l’architecture, la fonctionnalité du programme et le respect de l’environnement.

Un bureau d’études a analysé les quatre projets, puis une commission technique les a notés. Devant la commission finale, le choix s’est imposé naturellement, le projet de Morphosis ayant un coût “très intéressant, une architecture très efficace et les honoraires les plus bas“.

Sur une emprise au sol de 1.200 m2, le programme dégage 900 m2 nets par étage. En tout, il y aura 25 étages et 6 sous-sols. Un centre de conférences de 950 m2 est également prévu.

Dès 2011, au moment où se préparait le concours, la décision avait été prise de construire une tour respectueuse de l’environnement et du développement durable: bois écologique, air filtré, interdiction de fumer, accès aux transports publics, isolations, places de parking, efficacité énergétique… Fatim-Zahra Saadani explique que CFC a demandé une certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design, pour les bâtiments à haute qualité environnementale) et espère au moins la catégorie silver.

Et demain?

CFC, ce sont 101 entreprises aujourd’hui. Une récente enquête conclut que 91% des entreprises ayant sollicité l’accompagnement CFC sont satisfaites. CFC est classé au 44e rang mondial au classement GFCI des places financières internationales.

La concurrence est forte dans ce domaine et Casablanca n’a pas encore atteint la masse critique qu’elle vise. Elle est installée dans le paysage, mais elle doit continuer à pédaler si elle ne veut pas se faire distancer. Le graphique ci-après montre la corrélation entre l’expansion des places financières (ici Singapour et Dubaï) et les propositions de valeur, les promesses que Casablanca peut délivrer. Un bon sujet de réflexion pour l’avenir proche.

Fiche technique

Etages: 25 au dessus au dessus du sol

6 étages de parking en sous sol, pour 275 places

●Terrain : 1.887 m2

●Brut : 34.450m²

●SHON bureaux: 18.100m² dont

●13.500 m2 à louer

●3.240 m2 dédiés à Bank Al-Maghrib

●1.360 m2 pour le siège de CFCA 

●Centre de Conférence : 950 m²

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N. E.
Le 11 mars 2016 à 16h15

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