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ECONOMIE

Tourisme. Le Maroc à la conquête du marché allemand

Ils n’étaient que 45.000 à passer des vacances à Marrakech en 2012. En 2015, ce sont 120.000 Allemands qui ont séjourné dans la ville ocre. Et les professionnels du secteur sont optimistes: la progression n’est pas près de s’arrêter.  

Tourisme. Le Maroc à la conquête du marché allemand
Patrick Marescaux
Le 21 mars 2016 à 13h57 | Modifié 21 mars 2016 à 13h57

FTI, l’un des plus gros groupes touristiques allemands, avec notamment ses propres tours opérateurs, ses agences de voyages et sa chaîne hôtelière Labranda, le constate avec satisfaction : pour l’été 2016, il a déjà enregistré deux fois plus de clients à destination du Maroc que pour la même période de 2015.

C'est un phénomène que le groupe sentait venir et avait anticipé, en décidant de renforcer sa présence dans le royaume, avec la création, dès 2014, d’une filiale marocaine chargée du réceptif : Meeting Point Morocco.

Et comme FTI ne laisse rien au hasard, le groupe, qui fait voyager chaque année 4,6 millions de touristes, a invité du 15  au 19 mars, 400 agences de voyages allemandes et 40 journalistes pour leur faire découvrir Marrakech et Agadir. Nicolas Mallet, directeur général de Meeting Point Morocco, est sûr de son fait : «Marrakech offre pour le marché allemand tout ce que notre clientèle est susceptible de rechercher, du 3 étoiles au 5 étoiles luxe, en passant par les riads, plus authentiques ou les maisons d’hôtes, qui proposent souvent davantage d’espace. Marrakech a cette opportunité de proposer des produits pour tous les segments de clientèle».

Sans oublier que les restaurants et les discothèques sont nombreux, pour la plus grande joie des touristes. «En faisant venir tous ces agents de voyage, poursuit Nicolas Mallet, on veut leur démontrer que Marrakech n’est pas simplement une ville de passage, même s’il n’y a pas la mer ! On leur fait vivre une double expérience : le côté traditionnel, avec la place Jamaâ el Fna, les souks et la médina, bref le côté très coloré et historique de la ville, mais aussi le côté moderne de Marrakech, avec toute la panoplie de produits très tendance, qui peuvent séduire nos clients. On s’efforce de faire passer un message : beaucoup de villes touristiques, à travers le monde, offrent énormément de choses, mais seule Marrakech déclenche autant d’émotions ! ».

Le choix fait par FIT de réunir pendant quelques jours tous ces agents de voyages est stratégique, car beaucoup d’entre eux connaissaient encore très mal le Maroc. Et même s’ils connaissaient le nom de Marrakech, ils ne savaient pas trop ce que propose la ville : est-ce une destination classique ou vraiment originale ?

«Ce déplacement va susciter chez ces professionnels, pronostique Nicolas Mallet, des réactions très positives. C’est essentiel, car en Allemagne, les clients font totalement confiance à leur agence de voyage. Ce n’est pas comme en France, où le client fait plus confiance à son site web, à sa propre connaissance du produit ou à ce qu’en disent ses amis. Mais si un Allemand a en face de lui un agent de voyage qui lui dit : Marrakech est une destination extraordinaire, il y fait un temps superbe, les produits sont de qualité et c’est une ville où on ne s’ennuie jamais, la réaction d’achat sera immédiate».

Cet enthousiasme peut-il être freiné, comme dans d’autres pays européens, par la situation géopolitique ? «Je ne le pense pas, répond Nicolas Mallet. Toujours parce que le client allemand fait confiance à son  agent de voyage. Et s’il voit que derrière l’agence, il y a un tour opérateur, une organisation structurée, des transporteurs, des hôtels, un service de qualité, le client n’hésitera pas à partir, sachant que son agence ne l’enverrait jamais dans un endroit dangereux. C’est très différent de la mentalité française, par exemple». Mais il faut aussi que le touriste allemand se sente à l’aise, qu’il n’ait pas peur d’être importuné, voire agressé : «Hier, souligne Nicolas Mallet, les agents de voyages ont dîné dans un restaurant marocain de la médina. Ils sont rentrés à l’hôtel à pied, à minuit : ils l’ont fait en se sentant tout à fait à l’aise, sans avoir la moindre appréhension. C’est très important, car ils vont répercuter l’information non seulement auprès des touristes individuels, mais aussi auprès des organisateurs de congrès et de séminaires. Et d’ailleurs, certains ont déjà commencé à m’en parler pour 2017 : après ce petit séjour, ils réalisent que Marrakech est une ville très intéressante pour les colloques divers».

Et FTI est tellement convaincu du potentiel qu’offre la clientèle allemande qu’il vient d’ouvrir à Agadir, son premier hôtel : Labranda les Dunes d’Or. Un hôtel, en fait, propriété du groupe Atlas, mais avec qui FTI a signé une franchise valable plusieurs années. Et après ? «Agadir n’est qu’une première étape. Comme tout établissement allemand qui se respecte, on fait les choses dans l’ordre et par étape. Premier objectif : réussir Agadir, faire en sorte que le client soit satisfait par la destination et par le produit Labranda. Et que le volume de vente au sein de l’établissement soit satisfaisant, pour générer une dynamique. Une fois ces éléments  sécurisés, nous pourrons basculer sur une unité à Marrakech, en prenant un hôtel de 200 ou 300 chambres et en créant la marque Labranda, en complément des accords que nous avons déjà avec plusieurs établissements de la ville. Notre objectif à 3 ans est que FTI, à lui seul, fasse venir 100.000 Allemands au Maroc chaque année ».

Pour que cette arrivée massive de touristes allemands soit possible, il faut que l’offre de vols soit suffisante. Depuis le 19 mars, FTI a mis en place deux vols charter par semaine au départ de Munich et de Leipzig. Dès le 3 mai, des vols directs au départ de Francfort, Düsseldorf et Hanovre desserviront également Agadir, en attendant les vols charter du groupe sur Marrakech.

Mais pour que le Maroc et Marrakech en particulier, profite pleinement de cette opportunité offerte par le marché allemand, il est indispensable que tous les acteurs concernés s’adaptent à cette nouvelle clientèle. Comme le souligne Abdellatif Abouricha du CRT, il ne faudrait pas que la langue soit un obstacle : «Les Allemands qui recherchent de l’authentique, qui choisissent des riads ou de petits hôtels en dehors de la ville, comprennent très bien que leurs interlocuteurs ne parlent pas allemand et ils se débrouillent avec quelques mots d’anglais ou de français. En revanche, quand ils font le choix d’un grand hôtel, appartenant à un groupe international, ils s’attendent à pouvoir se faire comprendre facilement en allemand.» Certains établissements d’enseignement hôtelier l’ont déjà compris et ont intégré l’apprentissage de l’allemand, aux côtés de l’anglais et de l’espagnol. Mais ce n’est pas encore généralisé et  dans les souks de Marrakech ou dans les restaurants de Gueliz, des progrès restent encore à faire pour que les Allemands, dont le pouvoir d’achat, ne l’oublions pas, est élevé, puissent communiquer facilement et se sentent par conséquent, tout à fait à l’aise…


 

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Patrick Marescaux
Le 21 mars 2016 à 13h57

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