Criquets pèlerins. Comment procède le Maroc pour lutter contre l'invasion
Face au risque d’une invasion de criquets pèlerins, le Maroc est-il préparé à lutter contre ce fléau aux effets ravageurs sur le patrimoine végétal et la production agricole?
La question est brûlante. Elle fait suite à la récente communication de la FAO, qui a appelé le royaume à faire preuve de vigilance face à un risque d'invasion, en l’occurrence dans les provinces de sud et dans la vallée de Drâa. En plus de ses effets néfastes sur l'agriculture et le patrimoine végétal, le risque d'invasion de criquets pèlerins surgit cette année dans le contexte d'une campagne agricole moyenne.
Pour permettre aux gouvernements de minimiser les dégâts d'une invasion dans les pays concernés, l’instance onusienne chargée de l'alimentation et l'agriculture recommande une surveillance étroite des zones à haut risque pour empêcher ces insectes de former de grands essaims dangereux.
La prospection, un moyen essentiel de lutte préventive
La lutte préventive contre le fléau acridien se base essentiellement sur une technique de prospection. Elle consiste à localiser et délimiter les zones de présence des pullulations de criquets pèlerins, ou celles susceptibles de constituer des sites favorables d'alimentation et de reproduction lors des phases de résurgence et d'invasion.
La stratégie nationale en la matière est constituée par un tracé de trois lignes de défense:
-Une ligne constituant le premier front au plus proche des frontières.
-Une seconde ligne en avant des zones de culture.
-Une troisième ligne proche des zones de culture.
Qu’en est-t’il des techniques et des moyens de traitement en cas d’invasion?
Interpellé par notre rédaction, Abdelaziz Arifi, responsable au sein du Poste central de lutte anti-acridienne, déclare que "au titre de cet excercice, nous travaillons depuis le 15 décembre 2015. On a traité presque 11.500 ha à Tichla, Aoussred et Gueltet Zemmour dans la région de Dakhla."
Et de poursuivre: "au niveau de la vallée de Drâa, la situation est également sous contrôle, d'autant plus que la végétation que pourrait cibler le criquet est quasi-inexistante, à cause de la sécheresse. Le bulletin de la FAO concerne de prime abord le Yémen et ses voisins et j'estime qu'il force un peu le trait, pour faciliter la collecte de dons auprès de la communauté internationale".
Notons que le Poste central de coordination, qui est le cœur de la lutte anti-acridienne au Maroc, implique une composante militaire (FA.R et Gendarme royale) et trois départements civils: la Direction de la météorologie nationale, le ministère de la Santé et le ministère de l'Agriculture.
Cinq grandes invasions au 20e siècle
Rappelons qu'au Maroc, ce phénomène n'est pas nouveau, il rappelle de très mauvais souvenirs aux Marocains qui l'ont vécu à maintes reprises. D'après le site officiel de la coordination de lutte anti-acridienne, le royaume a connu cinq grandes invasions pendant le siècle précédent. Il s’agit de plusieurs périodes qui ont duré de 2 à 7 ans, à savoir: 1914 – 1919 ; 1927 – 1934 ; 1941 - 1948 ; 1954 – 1961 ; 1987 - 1989.
Ces invasions sont intercalées par des périodes de faible activité acridienne, dont la plus longue a été de 26 ans, entre 1961 et 1987.
"La dernière période d'invasion 1987-1989 a été l'une des plus importantes. Elle a nécessité la mobilisation de moyens humains, matériels et financiers considérables (1 milliard de DH) pour traiter près de 5 millions d'hectares, précise la plate-forme.
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