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ECONOMIE

La conception du nouveau chantier naval de Casablanca suscite de nouvelles critiques

L’état d’avancement du projet de nouveau chantier naval de Casablanca a été présenté ce lundi 2 mai par les différentes parties prenantes du projet: ministères (Equipement et Industrie), l’Agence nationale des ports et Valyans consulting, cabinet d’études.  

La conception du nouveau chantier naval de Casablanca suscite de nouvelles critiques
Sara El Hanafi
Le 4 mai 2016 à 17h35 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Malgré les modifications apportées au projet initial, certains détails dérangent encore et hypothèquent la compétitivité future du nouveau chantier.

Les dernières modifications qu’a subies le projet du nouveau chantier naval de Casablanca, présentées ce lundi 2 mai à Rabat, n’apportent pas des solutions aux lacunes soulevées par les professionnels du secteur.

En effet, le projet prévoit toujours de construire un quai de réparation aligné à la cale sèche (figure 1), alors que celle-ci nécessite une voie libre pour y accéder ou en ressortir. L'accès sera donc bloqué par le navire accosté sur le quai de réparation (figure 2).

La conception du nouveau chantier naval de Casablanca suscite de nouvelles critiques

Figure 1: Lot 1 de la Phase 1 du projet

La conception du nouveau chantier naval de Casablanca suscite de nouvelles critiques

Figure 2: Le navire accosté sur le quai de réparation bloque celui en réparation sur la cale sèche

Une situation à laquelle les responsables de l’ANP répondent par une solution palliative: Déplacer dans le port le navire bloquant la cale sèche, le temps libérer le passage. Notons que le déplacement d’un navire à partir du quai de réparation nécessite un remorquage, le débranchement de tous les appareillages, câbles et outils permettant d’opérer les réparations sur le bateau en état de flottaison, engendrant ainsi un délai supplémentaire d'immobilisation du navire.

La conception du nouveau chantier naval de Casablanca suscite de nouvelles critiques

Figure 3: Lot 3 de la Phase 1 du projet, prévoyant le 2e quai de 200 mètres de longueur

Le problème subsiste donc dans tous les cas de figure, induisant un surcoût significatif, que l’ANP omet ou évite d’évoquer. Interrogés par Médias 24, plusieurs professionnels du secteur se demandent: «L’ANP ne dit pas qui va supporter les coûts de déplacement du navire bloquant la cale sèche: est ce que c’est le chantier naval, l’armateur du bateau qui sera déplacé ou l’armateur du navire en cale sèche?».

Et quelle que soit la solution adoptée, c’est la compétitivité du nouveau chantier naval de Casablanca qui est en jeu: Un armateur ne reviendrait certainement pas vers un chantier où on lui demande de déplacer son bateau pour permettre à un autre bateau d’entrer ou de sortir de la cale sèche et donc de supporter un coût et un délai supplémentaires.

Avec une centaine de chantiers navals concurrents dans la région, les armateurs, même nationaux, ont largement le choix d’aller vers le chantier qui leur offre les meilleurs avantages.

Selon les professionnels du secteur, l’ANP raisonne en autorité portuaire en concevant ce nouveau chantier. Ils estiment que l’agence considère que les bateaux qui viennent en réparation opèrent selon la même logique que les navires commerciaux: «Ceux-ci n’ont pas le choix, car ils sont obligés de charger ou de décharger des marchandises dans un port précis, alors qu'un bateau qui vient pour la réparation a le choix entre plusieurs chantiers et choisira forcément celui qui lui propose le moins de contraintes», nous explique un professionnel.

L'investissement étranger n'est pas une fin en soi!

Un autre aspect du nouveau chantier naval semble déranger les opérateurs du secteur: la zone d’extension prévue (figure 3), dédiée à de nouveaux opérateurs, sûrement étrangers, qui viendraient concurrencer les opérateurs actuels.

D’ailleurs, la promotion des chantiers navals marocains auprès d’opérateurs étrangers est l’un des piliers du plan directeur réservé au secteur. Le ministre Aziz Rabbah a même déclaré s’inspirer des industries automobile et aéronautique à cet effet.

Ce à quoi les industriels répondent: «Nous sommes parfaitement capables de prendre en charge le nouveau chantier naval de Casablanca et même de le saturer. Les chantiers navals étrangers de la région Méditerranée-Atlantique sont déjà nos concurrents, puisque notre flotte elle-même y accède. Avec ces nouvelles infrastructures, nous deviendrons de plus sérieux challengers».

En outre, ceux-ci estiment que la réservation de cette zone d’extension, se trouvant à proximité des infrastructures de réparation, à un nouvel entrant au détriment des opérateurs actuels qui seront mis en second plan, est non seulement discriminatoire, mais confère aux nouveaux entrants un avantage compétitif. 

(Cliquer sur l'image pour lire les slides et les feuilleter)

 

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Sara El Hanafi
Le 4 mai 2016 à 17h35

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