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ECONOMIE

MHE: Le Maroc devient incontournable pour les investissements japonais en Afrique

La ville de Casablanca accueille du 4 au 5 mai la 4e édition du forum économique arabo-japonais. Pour Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’industrie, du commerce, de l'investissement et de l’économie numérique, le Maroc captera à l’avenir l’essentiel des IDE japonais destinés à l’Afrique et au monde arabe, grâce à sa compétitivité.

MHE: Le Maroc devient incontournable pour les investissements japonais en Afrique
Samir El Ouardighi
Le 4 mai 2016 à 16h05 | Modifié 4 mai 2016 à 16h05

Une fois n’est pas coutume, le forum économique arabo-japonais a démarré sa cérémonie d’ouverture à l’heure prévue, soit à huit heures trente tapantes. Il faut croire que les organisateurs ne voulaient pas décevoir leurs nombreux invités japonais, connus pour leur ponctualité et leur rigueur professionnelle.

La forte délégation nipponne, composée de 250 patrons de grands groupes industriels qui constituent une bonne partie du PIB mondial, était conduite par le ministre japonais de l’économie, du commerce et de l’industrie et par soixante officiels (secrétaires d’Etat et patrons d’agences de développement).

Si cette rencontre économique concerne l’ensemble des pays arabes, le Maroc a cependant tout de suite compris que l’événement pouvait lui ouvrir des perspectives colossales, en termes d’investissements japonais.

Les deux journées de travail du forum -les 4 et 5 mai- permettront d’identifier les opportunités de partenariat et d’investissement entre le Japon et le monde arabe dans les secteurs porteurs comme l’industrie, l’énergie, les infrastructures, la finance, l’économie verte

La séance plénière, ouverte par les ministres Moulay Hafid Elalamy (Industrie et Commerce), Mohamed Boussaid (Economie et Finances) et par Mohamed Al-Tuwaijri, secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, a été consacrée à la présentation des opportunités d’affaires que peuvent offrir les pays du monde arabe et le Maroc.

L’objectif affiché est de développer les échanges commerciaux Japon-pays arabes, qui ont été de 108,97 MM$ en 2015 et entre le Maroc et le Japon, qui ont atteint 4,7 MM$ pendant la même année.

Rappelons que le potentiel d’échanges commerciaux entre le pays hôte et son invité d’honneur est loin d’être atteint, car le Japon n'est que le 26e fournisseur du Maroc (2,9 MMDH) et son 16e client, avec seulement 1,83 MMDH d’achats marocains.

Grâce à ce forum de rencontres, les dirigeants marocains espèrent convaincre une partie des 250 dirigeants japonais de s’installer dans le Royaume, à l’image des 37 sociétés nipponnes qui opèrent déjà dans les domaines des composants automobiles (Sumitomo, Yazaki…) et électroniques (Fujikura …).

Malgré leur faible présence au Maroc, force est de constater que ces sociétés contribuent à renforcer le tissu industriel comme l’entreprise de câblage Sumitomo, qui est le 1er employeur privé étranger a,u Maroc (20.000 salariés).

Afin d’attirer davantage d’entreprises nipponnes, les officiels marocains ont présenté l’ambitieuse politique sectorielle mise en œuvre dans les domaines de l’automobile et de l’aéronautique et mis en avant la stabilité politique et la compétitivité de leur pays.

Selon Junji Itoh, directeur général du géant industriel Sumitomo, interrogé par Médias 24, grâce à ce forum, les Japonais seront de plus en plus nombreux à investir au Maroc, même s'il faut encore améliorer le climat d’affaires national.

«Notre groupe présent au Maroc compte bien y rester et s’y développer, en ouvrant de nouvelles unités de production. La confiance est un élément fondamental et si elle n’est pas au rendez-vous, les Japonais préfèreront investir à partir de plate-formes plus sûres. Nous avons besoin de structures protégeant nos investissements et ce forum montrera que le Maroc en dispose».

Dans une déclaration à Médias 24, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, confirme que le potentiel colossal des investissements japonais au Maroc est très loin d’être atteint.

Il faut dire que malgré la croissance soutenue annuelle des échanges commerciaux entre les deux pays (depuis 2009: de 4 à 8%), les IDE (investissements directs étrangers) japonais ont à peine atteint un volume de 73 MDH en 2015.

MHE tient cependant à relativiser ce chiffre, en affirmant que la majorité des investissements japonais au Maroc transitent par des hubs français ou allemands et sont comptabilisés dans ces pays.

Cet aveu confirme la déclaration du directeur général du groupe Sumitomo, qui nous affirmait que les entrepreneurs japonais préfèrent rayonner d’un endroit sûr pour effectuer leurs investissements.

Partant de cette constatation, le ministre avance que le Maroc a pour ambition de devenir rapidement un hub pour les sociétés japonaises, qui veulent étendre leurs activités en Afrique et dans le monde arabe.

Notre interlocuteur poursuit que sur les 4 MM$ d’investissements japonais prévus en 2016 à destination des pays arabes, le Maroc peut en capter une grande part, grâce à sa stabilité et sa compétitivité.

«Si les USA, la Russie et l’Europe se sont installés chez nous, les Japonais finiront par suivre le mouvement, mais nous devons créer des canaux pour que les entreprises étrangères comme Sumimoto, qui ont percé au Maroc, puissent en parler autour d’elles, pour attirer les indécis».

Selon MHE, cette approche n’est pas futuriste, mais immédiate et concrète, car les potentialités sont énormes et son ministère peut s’enorgueillir de résultats probants dans la mise en œuvre d'une politique sectorielle (écosystème automobile, aéronautique ...), qui intéresse les Japonais.

Interrogé sur la présence au forum des patrons des groupes Toyota et Mitsubishi et l’éventuelle implantation d’un constructeur automobile nippon au Maroc, le ministre préfère ne pas spéculer, même s’il avoue en souriant y penser tous les jours en se réveillant et en se rasant.

Optimiste, il affirme que la politique d’émergence puis d’accélération industrielle engagée depuis une dizaine d’années commence à porter ses fruits à l’international et se dit persuadé qu’elle permettra de faire rapidement du Maroc un tremplin incontournable des investisseurs japonais en Afrique et dans les pays arabes.

A l'issue de la plénière de ce forum économique, deux conventions ont été signées. L'une entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et l'Agence japonaise de développement JETRO, pour développer les investissements japonais au Maroc et l'autre entre MASEN et la société Sumitomo pour produire de l'électricité solaire a Ouarzazate, avant la COP22.

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Samir El Ouardighi
Le 4 mai 2016 à 16h05

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