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ECONOMIE

Saham prépare l'ouverture de son hôpital privé à Marrakech

Cet hôpital fait partie des quatre cliniques privées que compte le groupe de Moulay Hafid Elalamy. Son ouverture se fera en deux temps. L'inauguration de la clinique au mois de juin, sera suivie par celle du centre de soins, de suite et de rééducation. 

Saham prépare l'ouverture de son hôpital privé à Marrakech
Nabila Fathi
Le 17 mai 2016 à 17h46 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Une année après l’entrée en vigueur de la loi 113-13 relative à l’exercice de la médecine et permettant aux investisseurs privés de détenir des établissements de soins privés, le groupe Saham passe à la vitesse supérieure. En juin 2016, il ouvrira l’Hôpital privé de Marrakech, une clinique multi-spécialités d’une capacité de 180 lits. La superficie totale est d’un hectare; la partie construite est de 26.000 m2.

L’ouverture se fera en deux temps. La première phase porte sur l’inauguration, dans quelques semaines, de la clinique, suivie plus tard dans l’année par celle du centre de soins, de suite et de rééducation, une structure dédiée aux personnes ayant eu des problèmes de nature neurologique, cardiologique, respiratoire ou oncologique.

«De manière générale, les investissements se chiffrent en plusieurs dizaines de millions de DH. C’est très capitalistique, si on veut faire les choses correctement», s’est contenté de nous déclarer Saâd Bendidi, directeur général délégué de Saham et patron de Meden Healthcare, filiale santé du groupe, peu disert quand il s’agit de parler chiffres.

«Pour un équipement d’exploration, il faut compter entre 5 et 10 millions de DH, idem pour une salle d’intervention complète. C’est un domaine où il faut respecter les normes. Les équipements sont complexes, évolués et relativement chers», ajoute-t-il.

Il faut savoir que l’Hôpital privé de Marrakech est le premier établissement que le groupe a créé de bout en bout. Les trois autres unités marocaines dont il dispose déjà, à savoir les cliniques Gandhi et Yasmine à Casablanca et le centre d’oncologie de Tanger, ont été rachetés et font actuellement l’objet d’une cure de mise à niveau.

Un reproche que font certains aux nouveaux investisseurs qui ne font qu’exploiter l’existant au lieu d’étendre l’offre. «Quand on démarre dans le secteur, l’investissement ne peut se faire que dans des structures existantes, parce qu'une création nécessite 4 ans avant le démarrage. Mais de très nombreux obstacles font que pour des opérateurs institutionnels, il est impossible de commencer par des acquisitions, en raison de leur non conformité», confie-t-il à Médias 24.

La spécialisation est plus adaptée aux petites structures

Hormis l’Hôpital privé de Marrakech, qui tend vers la polyvalence (chirurgie, cardiologie, ophtalmologie, traumatologie, oncologie, service d’urgence…), le groupe Saham opte pour la spécialisation pour ses autres établissements, de taille plus modeste.

En effet, Gandhi sera centrée sur la femme, les problématiques mères-enfants, la pédiatrie, en plus de la reproduction assistée. «Nous construisons le nouveau projet en nous basant sur le savoir-faire historique de la clinique, qui compte 1.500 naissances par an. Ce sera sa ligne directrice, sa raison d’être», précise M. Bendidi.  

Pour ce qui est de Yasmine, une entité tournée vers la chirurgie viscérale et la traumatologie, il est prévu d’opérer prochainement une extension vers l’oncologie, «une spécialité très mal desservie»,  de l’avis du directeur délégué de Saham.

La clinique d’oncologie de Tanger ne changera pas non plus de domaine de prédilection.

Quid de la rentabilité?

«Point de rentabilité avant 3 à 5 ans pour les nouvelles activités», répond d’emblée Saâd Bendidi. «Il faut roder les équipes, assurer la mise en conformité, maîtriser les aspects techniques, comme la planification des blocs opératoires, former le personnel, le sensibiliser… la montée en charge prend du temps et la vitesse de croisière ne peut être atteinte avant ce délai».  

En attendant, le groupe travaille sur l’assainissement et la mise à niveau de ses établissements. Le volet de la facturation est concerné. «Nous avons réglé ce problème, avec une exigence de transparence. Nous appliquons la tarification issue des accords conclus avec les organismes d’assurance – CNSS, CNOPS, CMIM et assureurs privés- et nous publions nos prix de façon à ce qu’ils soient consultables par nos patients. Une borne interactive sera installée le 17 mai au niveau de la clinique Gandhi, avec les détails de la facture. Elle permettra de générer un devis…. Cette expérience sera généralisée par la suite», ajoute-t-il.

Le groupe refuse d’octroyer des compléments d’honoraires et de pratiquer des revalorisations des lettres-clés pour les médecins, une pratique très répandue par ailleurs. Ces clés sont définies par la nomenclature générale des actes professionnels, établie par le ministère de la Santé. Elle permet de déterminer et de calculer le prix des actes et soins médicaux dans le secteur privé.

«Certaines cliniques revalorisent les lettres clés au détriment de la rémunération de la clinique. Nous refusons de suivre ce modèle, sinon nous ne serions  plus en mesure de faire des investissements», explique M.Bendidi.

Préférant faire preuve de prudence, le directeur délégué de Saham considère 2016 comme une année de consolidation. Pas d’investissement, tant que la mise à niveau des établissements déjà acquis ou ceux ouverts ne donne pas de retour d’expérience tangible et permette de disposer d’un mode opératoire duplicable. «Il n’est pas raisonnable pour nous d’aller tous azimuts, avec des tentatives non maîtrisées et en l'absence d'un mode opératoire éprouvé. Il faut faire preuve d’humilité», déclare-t-il.

Et les autres?

Une chose est sûre, pour le moment, le groupe de Moulay Hafid Elalamy est celui qui fait le plus parler de lui dans le secteur.

D’autres institutionnels sont pourtant impliqués dans le rachat de cliniques privées. Il s’agit du fonds d’investissement émirati Abraj, avec deux cliniques spécialisées en oncologie, une à Casablanca (Al Kindy) et une à Marrakech (Ménara) et du groupe Holmarcom, dont la direction s’est rapprochée courant 2014 du groupe brésilien Albert Einstein et signé un accord d’accompagnement et de conseil, pour mettre un pied dans ce nouveau secteur.

En mars 2015, le PDG d’Holmarcom, Mohammed Hassan Bensalah, avait déclaré à Médias 24 que «la décision a été prise en interne et qu'il reste à savoir quelles en seront les modalités». L’objectif du groupe est de concrétiser cette ambition à l’horizon 2017. 

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Nabila Fathi
Le 17 mai 2016 à 17h46

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