Cinq entreprises chinoises s’apprêtent à poser pied au Maroc
Dongfeng Yangtse, Haite Groupe, Hareon Solar, Linuo Paradigma sont quatre groupes industriels chinois ayant signé des accords avec des partenaires marocains la semaine dernière à Pékin. Le cinquième, Shangdong Shangang a signé une convention avec le ministère du Commerce et de l’Industrie en juin 2014 en prévision d’une installation à Tanger.
Parmi les cinq, Dongfeng Yangtse Automobile Co. est peut-être l’entreprise chinoise la plus connue au Maroc.
Ses autobus composent une partie du parc du transport urbain de Rabat-Salé et de plusieurs villes européennes. Pour son nouveau projet au Maroc et aux termes de sa convention signée avec la Banque Populaire, Dongfeng Yangtse envisage de créer une unité de bus électriques de dernière génération et qui seront “made in Morocco“.
L’investissement est supérieur à 1 MMDH.L’entreprise dispose d’une importante expertise à l’international. Elle développe actuellement la construction d’une usine d’autobus en Russie.
Haite Groupe compte s’installer au Maroc, à travers sa filiale aéronautique. Haite envisage la création d’une unité de production et de maintenance d’équipements pour l’aéronautique, adossée à une ZES, une zone économique spéciale chinoise. Ce type d’infrastructures chinoises existe dans plusieurs pays africains et vise à soutenir l’internationalisation des entreprises du pays asiatique.
Interrogés par Médias 24, des responsables de l’investissement étranger au Maroc estiment que "Tanger et TMSA, avec leurs réserves foncières pour activités économiques de près de 5.000 hectares, sont destinées à accueillir un tel projet, s’il aboutit". Parmi les activités que Haite compte développer au Maroc, figurent la maintenance des moteurs d’avion et la mise en place de centres de simulateurs de vol.
Hareon Solar est spécialisé dans la production de cellules et de modules photovoltaïques. Dans son aventure marocaine, Hareon Solar s’associe au r'bati Jet Contractors, à travers la filiale de cette dernière, PV Industry, elle-même filiale de jet Energy.
Après une mise à niveau de l’unité de PV Industry basée à Skhirat, les deux partenaires envisagent la création d’une nouvelle unité dans la région de Tanger. L’investissement global sur une période 18-24 mois est de 550 MDH.
Linuo Paradigma se présente comme le leader mondial du chauffe-eau solaire. Selon des sources professionnelles chinoises, l’entreprise figure dans le Top 3 chinois du secteur de l’énergie solaire. L’entreprise envisage la participation dans un investissement de 100 MDH pour la production de 50.000 unités par an, destinées aux marchés marocain et africain.
Linuo Paradigma est dans les faits une entreprise sino-allemande, avec une présence internationale importante, qui va de l’Asie à l’Europe et en Amérique du Nord et du Sud. Elle dispose d’un centre de recherche et d’essais à Stuttgart.
Shandong Shangang est un fabricant de tubes en acier destinés aux réseaux de pipelines. L’entreprise avait signé une convention en ce sens en juin 2014 à Rabat. Les difficultés de Maghreb Steel et dans une moindre mesure de la Sonasid n’ont pas facilité l’avancée du projet.
Celui-ci "devrait connaître des développements dans un futur proche", indique une source proche du dossier. Selon la convention signée avec le ministère de l'Industrie et du commerce, Shangdong Shangang doit s’installer à la Tanger Free Zone ou la Tanger Auto City. L’investissement de 1,35 MMDH est porté à 40% par le fameux CAD Fund, le Fonds de développement Chine-Afrique.
Filière "renouvelables"
Des responsables de TMSA, contactés par Médias 24, sont optimistes sur le développement d’une filière "énergies renouvelables", sur les zones industrielles de Tanger, notamment. Notre source estime que "la concrétisation ce printemps de l’arrivée de Siemens pour fabriquer des pales d’éoliennes constitue un élément supplémentaire d’attraction».
TMSA, devenue très performante en termes de gestion de parcs industriels et de logistique portuaire, n’oublie jamais de mettre en avant l’existence de ses réserves foncières et les compétences de ses cadres.
"Nous sommes prêts à accueillir de la meilleure manière tous les investisseurs qui font le choix du Maroc", rappelle son top management. A Rabat, aux ministères des Finances et de l'Industrie et du commerce, on a compris depuis longtemps que les avantages des conventions d’investissement doivent aussi profiter aux dossiers qui n’atteignent pas forcément des enveloppes de 150 ou 200 MDH.
Pales d’éoliennes, photovoltaïque, bus électriques, fabrication de chauffe-eau solaires et Renault, qui s’apprête à pousser ses voitures électriques sur le marché marocain d’ici novembre prochain: les énergies propres commencent à creuser leur sillon et personne ne s’en plaindra.
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