TGV: Les rames arrivent, la maintenance s’en occupe
REPORTAGE. Le projet de train à grande vitesse TGV marocain s’accompagne d’un centre de maintenance (CDM) géant, situé à la périphérie de Tanger. C’est là qu’on teste et prépare les rames du TGV, pour le printemps 2018.
Une grande partie des rames sont déjà prêtes à filer à plus de 300 km/h sur la ligne à grande vitesse (LGV) de 200 km séparant Tanger de Kénitra. Entre Kénitra et Casablanca, les trains rouleront à 160 km/h les premières années.
Tanger-Rabat se fera en 1h20 et Tanger-Casablanca en 2h10 en 2018, sous réserve d’une ponctualité qui ne fait pas encore partie de la légende de l’ONCF.
A 320 km/h
Depuis juin 2015 et l’arrivée de la première rame du TGV à Tanger, huit autres rames sont arrivées au CDM de Moghogha.
“La 10e rame doit arriver ce mardi 31 mai“, nous indique un expert en maintenance de l’équipe TGV de l’ONCF. Vendredi matin, l’ONCF accueillait au sein de ses locaux de Moghogha un groupe d’experts de l’UCI (Union internationale des chemins de fer), de fournisseurs et de journalistes.
Le site de Moghogha s’étale sur 14 hectares et se situe à mi-chemin entre les gares de Moghogha et de Tanger-ville. L’ensemble comprend des ateliers couverts de 18.000 m², 10 km de voies pour le parking et l’entretien, une tour et un vérin en fosse et huit ponts roulants.
L’ensemble est désormais opérationnel. C’est là que les rames du TGV, 12 au total, sont réceptionnées, assemblées et testées, avant d’être homologuées.
Les rames arrivent au centre de maintenance et d’assemblage en trois parties: les locomotives, les wagons et une partie des essieux. L’origine de ces éléments se trouve à Belfort, à La Rochelle et dans la région de Strasbourg.

Auparavant, ces trois éléments seront arrivés du port de Bordeaux à bord de bateaux servant au transport des pièces de l’Airbus A380, entre les différents sites d’assemblage européens.
Pluie, poussière et climatisation
Selon notre guide ce vendredi matin au CDM, «les rames après leur réception sont assemblées sur le plan électrique et pneumatique, puis sont soumises à divers tests. On teste l’étanchéité de l’ensemble en les “douchant“ comme s’il pleuvait des cordes et on teste la climatisation».
Point important: le centre de lavage du CDM de Tanger est doté d’un système de récupération et de traitement de l’eau. «Les rames destinées au TGV marocain, nous précise notre interlocuteur, sont adaptées à un niveau de poussière et de température plus importants qu’en France ou au Benelux. Le TGV marocain est également doté d’un système de sécurité dernier cri que les TGV français n’ont pas encore», précise-t-il.
Maintenant que neuf rames sont à Tanger et que la 10e arrive ce mardi, le CDM de maintenance se consacre aux tests en tous genres. Depuis le début de cette année, les rames de TGV, composées de deux locomotives et de huit wagons dont un pour la restauration roulent sur la ligne Tanger-Kénitra.
Les machines font déjà des pointes de 160 km/h et sont équipées d’ordinateurs et d’instruments de mesure qui renvoient toutes les données vers le centre de pilotage et le centre de maintenance. Pour l’instant, les rames roulent à vide. Chaque rame peut embarquer 533 passagers sur des rangées de deux sièges chacune.
Parce que la première rame se trouve à Tanger depuis un an et que le TGV ne commencera à rouler à plein que dans 24 mois, le CDM est également chargé de maintenir les rames actives. «Rester sans bouger n’est pas bon pour les roulements et les pneumatiques; un train doit bouger, rouler,» m’apprend un cadre de la maintenance du Shinkansen de la Japan Rail, en visite à Tanger cette semaine. Le Shinkansen, TGV japonais, a commencé à rouler du côté de Tokyo dès 1964. A préciser: ces trains utilisent des systèmes pneumatiques pour les supensions et parfois pour les freinages.
Mais ce n’est pas tout. Le CDM du TGV de Tanger-Moghogha n’a aucune chance de chômer au cours des prochaines années: «Une rame est entièrement révisée tous les deux-trois jours», nous apprend-on. A 320 km/h, il n’y a aucun risque à prendre.
À découvrir
à lire aussi
Article : Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume
Reliant Marrakech à Ouarzazate, le tunnel de l’Ourika figure parmi les projets d’infrastructure les plus stratégiques du Maroc contemporain. Mais malgré les nombreuses relances, aucun calendrier de réalisation clair n’a encore vu le jour, alors que les études de faisabilité restent suspendues au creusement d’une galerie de reconnaissance. Le point sur un chantier à 10 milliards de DH, au croisement d’enjeux techniques, économiques et territoriaux.
Article : Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)
Cinq ans après le lancement du Nouveau Modèle de développement (NMD), le Maroc avance, mais pas encore au rythme requis. Les réformes engagées améliorent la trajectoire, sans suffire à atteindre les objectifs fixés pour 2035. Pour rattraper cette échéance, le pays doit combiner des marchés plus efficaces, des entreprises plus dynamiques et un investissement public mieux ciblé. Il doit aussi mieux intégrer les femmes et les jeunes au marché du travail.
Article : Un droit de réponse de Setrat à Médias24
À la suite de notre article du 2 avril 2026 sur le redressement judiciaire de Setrat, la société nous a adressé un droit de réponse que nous publions ci-dessous.
Article : Élection CGEM. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri dévoilent leur programme avant l'AG élective du 14 mai 2026
À quelques jours de l'assemblée générale élective, les deux candidats à la présidence et à la vice-présidence générale de la CGEM ont présenté un programme articulé autour de l'environnement des affaires, de la souveraineté productive, de l'innovation, du rayonnement international et des synergies internes. Ils portent l'ambition de faire passer la Confédération d'un rôle de plaidoyer à celui de la réalisation et de l'impact.
Article : Coupe du monde 2026. Soufiane Benjdida, un sacré candidat
Meilleur buteur de la Botola Pro, l’attaquant du Maghreb Association Sportive de Fès est impliqué dans plus de la moitié des réalisations de son équipe. Grâce à un ratio qui frise le but par match, l’attaquant met toutes les chances de son côté afin de participer au Mondial 2026. D’autant que ses concurrents ne sont pas dans la forme de leur vie.
Article : Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun
Réunis séparément le dimanche 10 mai à Casablanca et à Mohammédia, les deux conseils nationaux ont validé des candidatures communes et une répartition des circonscriptions, quatre ans après les divisions de 2021.