Abdelilah Benkirane sur la sellette, ses chances de rester chef de gouvernement s’amenuisent
COMMENTAIRE. Il n'est pas sûr que Benkirane reste à la tête du gouvernement, même en cas de victoire du PJD aux législatives. Il subit ce qui ressemble désormais à une perte de confiance de la part du Roi et cela risque fort de le disqualifier.
“Benkirane est le chef de gouvernement qui a été le moins reçu par le Roi Mohammed VI“. “Le Roi ne reçoit plus Benkirane en tête-à-tête“. Ces révélations et informations publiées dans les journaux mettent Abdelilah Benkirane sur la sellette, l’affaiblissent et soulèvent des interrogations concernant son avenir au gouvernement.
Au fur et à mesure que l’échéance électorale du 7 octobre approche, la probabilité de voir Abdelilah Benkirane rester chef du gouvernement s’amenuise. Tout en gardant une certaine popularité, l’homme est plus isolé qu’avant au sein de son parti, du gouvernement et du cénacle politique.
Benkirane est aujourd’hui sur la sellette. L’heure est au bilan et on découvre que son style est rédhibitoire, puisqu’il n’a pas su endosser un costume d’homme d’Etat. On découvre également qu’il n’a pas avec le Roi Mohammed VI une relation de complicité, de confiance et de communication, contrairement à ce qu’il a laissé entendre dans ses nombreuses sorties médiatiques.
Voici les trois raisons objectives qui réduisent fortement ses chances de rester dans son fauteuil de Cheg du gouvernement:
1-Les élections. Elles seront serrées. Le PJD dit qu’il va gagner. Le PAM aussi.
Une extrapolation sur la base des votes du 4 septembre 2015 (régionales et communales) montre que dans certaines régions, le PJD va s’effacer devant le PAM, alors que dans d’autres, le PJD va se maintenir par rapport à 2011, en perdant un peu de terrain, mais avec une forte remontée du PAM.
Une législative n’est pas une communale. Les électeurs votent moins et pas obligatoirement de la même manière. Le résultat du scrutin sera serré et incertain.
2-Abdelilah Benkirane n’est pas assuré d’obtenir un troisième mandat à la tête du PJD. Les statuts l’interdisent. Il a obtenu une prolongation d’un an, jusqu’à juin 2017 au plus tard. Un troisième mandat nécessiterait un changement du règlement intérieur. Plusieurs ténors du PJD, comme l’a constaté Médias 24, s’y opposent.
Benkirane dit à ses troupes: “Je peux être chef du PJD sans être chef du gouvernement ; mais je ne peux pas être chef du gouvernement sans être chef du PJD“.
3- La Constitution n’impose pas la nomination du chef du parti arrivé en tête en tant que chef du gouvernement.
Article 47
Le Roi nomme le Chef du Gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des Représentants et au vu de leurs résultats.
Le Roi est au-dessus des rivalités politiques et des partis. Mais les péripéties récemment divulguées font penser à une perte de confiance en Benkirane, ce qui atténue fortement ses chances de rempiler, quel que soit le résultat que pourrait obtenir son propre parti aux législatives.
à lire aussi
Article : Au-delà du bilan Akhannouch, lecture des indicateurs du marché du travail
Sous le gouvernement Akhannouch, le marché de l’emploi reste le principal point de fragilité de l’économie. Ce problème est ancien mais s’aggrave au fil du temps. Médias24 confronte les engagements du gouvernement à ses réalisations et analyse, au-delà du mandat, plusieurs indicateurs du marché du travail sur une longue période.
Article : Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur
2025 restera comme un millésime d'exception pour les mines marocaines. Cours au plus haut, volumes en hausse, nouveaux projets en maturation... Le secteur profite pleinement d'un cycle mondial porteur. Et 2026 s'annonce tout aussi favorable, sous l'effet de plusieurs signes.
Article : Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital
Le 21 mai 2026, les experts-comptables élisent les membres du Conseil national et des conseils régionaux de leur Ordre pour les trois prochaines années. Au-delà de ce renouvellement, la profession réfléchit à faire évoluer son cadre, notamment sur la question de l’ouverture du capital des cabinets. Détails.
Article : Le trafic aérien en hausse de 11,15% à fin mars 2026
L'Office national des aéroports (ONDA) a annoncé que le trafic aérien commercial dans les aéroports du Royaume a enregistré 8.913.041 passagers à fin mars 2026, soit une croissance de 11,15% par rapport à la même période de l'année précédente.
Article : Mondial 2026. Le double pivot, pierre angulaire du projet Ouahbi
Les deux milieux de terrain devant la défense constituent l’élément central du dispositif tactique du sélectionneur national. Un principe qui assure l’équilibre des Lions de l’Atlas, conditionne la récupération du ballon et la première phase de construction. Mais qui n’est pas sans risque.
Article : SIAM 2026 : malgré un taux de couverture de 60%, 450 communes rurales restent exclues des services financiers selon Bank Al-Maghrib
À Meknès, le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza a indiqué que 450 communes rurales restent sans services financiers malgré une couverture de 60%. Il a aussi annoncé l’équipement de 50 coopératives en TPE et rappelé que 25% des programmes d’éducation financière ont ciblé le monde rural.