La France émettra la première obligation verte d'Etat l'an prochain
Annoncée en avril dernier par le président Hollande, l'émission par la France de la première obligation verte d'Etat aura lieu l'an prochain, ont indiqué vendredi les ministères français de l'Environnement et de l'Economie et des finances.
Les obligations vertes, aussi appelées "green bonds", sont des titres de dettes qui servent à financer des projets à vocation environnementale.
Au total, "plusieurs milliards d'euros" devraient être levés dans cette opération française, "sous réserve des conditions de marché", précise le communiqué conjoint des deux ministères.
Si les modalités techniques, notamment le coût de cette émission, sont toujours en cours de discussion dans le cadre du projet de loi de finances 2017, "l'option vers laquelle on devrait tendre est de chercher à lever 3 fois 3 milliards d'euros par an", soit au total 9 milliards d'euros, a précisé une source au fait des discussions.
Ces émissions s'inscriront dans le programme de financement de l'Etat défini chaque année par l'Agence France Trésor (AFT).
Une partie des fonds levés servira notamment à financer les investissements +verts+ du troisième Programme d'investissement d'avenir (PIA 3).
Celui-ci prévoit d'injecter 6 milliards d'euros dans des projets contribuant à la croissance verte et à la transition énergétique, à partir de 2017.
"La France confirme son rôle moteur dans la continuité des ambitions de l'accord de Paris sur le Climat de décembre dernier, en devenant le premier Etat au monde à émettre un emprunt d'Etat vert", s'est félicitée la ministre de l'Environnement et présidente de la COP21 Ségolène Royal, citée dans le communiqué.
Cette opération va permettre "d'accélérer" le développement du marché des obligations vertes "pour faire de Paris l'une des places financières de référence dans le soutien à la transition énergétique", a indiqué le ministre des Finances Michel Sapin.
Via cette première mondiale, la France souhaite aussi définir "une référence", "un standard sur ce qu'est une obligation verte", précise la même source au fait des discussions.
En début d'année, la France avait déjà lancé un label national pour faire certifier les fonds d'investissement, qui financent l'économie verte.
Le WWF France a salué l'annonce française. Elle est "un signe de plus du leadership de la France en matière de finance verte", a commenté son président Pascal Canfin, cité dans un communiqué, ajoutant que cette émission va "sécuriser 9 milliards (d'euros) de financement public pour la transition écologique quel que soit le résultat des futures échéances électorales".
Cette annonce intervient également à quelques jours de la réunion du G20 en Chine, où un groupe de travail sur la finance verte doit rendre ses conclusions.
D'importants investisseurs institutionnels du monde entier ont appelé la semaine dernière les pays du G20 à accélérer leur transition énergétique.
Le marché des "green bonds", jusqu'ici apanage des entreprises privées ou d'investisseurs institutionnels, comme l'Agence française de développement (AFD), est en pleine croissance. L'an dernier 42 milliards de dollars ont été levés, selon les données du ministère de l'Environnement.
Sur ce marché, "la place (financière) de Paris est actuellement numéro 2 derrière New York, mais devant Londres et Francfort" et cette initiative française "renforce l'avantage concurentiel de la place de Paris", s'est réjoui auprès de l'AFP Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace et du géant énergétique Engie.
L'annonce française est aussi, selon lui, "bonne pour la crédibilité de l'atteinte des objectifs de l'accord international de Paris" sur le climat, puisque cela montre que les Etats prennent des initiatives pour financer des investissements "verts".
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