Othman Benjelloun lance “l’appel de Casablanca” en faveur de la finance verte
A quelques semaines de la cop22, BMCE Bank of Africa a organisé, ce 12 octobre à Casablanca, le forum «Soutenir l’émergence d’un marché financier vert en Afrique», en partenariat avec la BERD. La banque marocaine a obtenu un prêt de 35 millions d’euros pour financer les investissements en énergies durables.
"L’appel de Casablanca", c’est ainsi que Othman Benjelloun, président du groupe BMCE Bank of Africa, a qualifié son appel en faveur d’une initiative coordonnée, multi-africaine, publique, privée et multinationale, en faveur de l’institutionnalisation et de la promotion de la finance verte.
Intervenant lors du forum "Soutenir l’émergence d’un marché financier vert en Afrique", organisé à quelques semaines de la COP22 par le groupe BMCE Bank of Africa et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Othmane Benjelloun, en compagnie d’autres acteurs de la finance au Maroc et en Afrique, a conjointement appelé en faveur d’une mobilisation avec les autorités de régulation et de supervision,afin de poser les premiers jalons du développement d’un véritable marché bancaire africain vert.
Dans ce sillage, il a été question d’explorer comment l’environnement réglementaire et monétaire soutient le déploiement des produits financiers verts, mais également d’examiner le rôle que les institutions financières commerciales jouent dans la croissance du financement vert, notamment à travers des témoignages d’institutions bancaires africaines avancées dans le domaine, qui proposent des solutions de financement adaptées, ciblant des investissements intelligents et durables.
La nécessité d’ériger un marché financier vert en Afrique émane également des difficultés d’accès au financement que posent les pays du Nord, alors que ce sont les pays du Sud et notamment les pays africains qui demeurent les plus menacés par les aléas climatiques: «L’ampleur des besoins est telle que nous ne pouvons pas nous appuyer uniquement sur l’aide du Nord. Il est impératif que les pays du Sud puissent mettre en place des mécanismes de mobilisation des ressources qui leur sont propres», a souligné Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib.
L’ambition est de faire de Casablanca Finance City un espace financier dédié à l’Afrique, regroupant, entre autres, des bailleurs de fonds multilatéraux, internationaux et africains; des investisseurs socialement responsables, des sponsors de fonds dédiés, des banquiers commerciaux et d’affaires et des acteurs des marchés de capitaux.
«Le Maroc est dans le début d’une démarche d’harmonisation de place dans les domaines de la Finance durable, sous l’égide de la Banque centrale et du groupement professionnel des banques marocaines», souligne Othmane Benjelloun.
Cette démarche est caractérisée par la prise en compte, dans les systèmes d’octroi de crédits des banques et, ultimemement, dans le système de notation des banques elles-mêmes, par la Banque centrale, de critères environnementaux.
«Les banques sont prêtes à s’engager pour identifier, dans leurs portefeuilles d’actifs bancaires, le risque-carbone et évaluer son impact, selon une approche qui sera déterminée incessamment», continue le président de BMCE Bank of Africa.
L’engagement des banques concernera, par ailleurs, la promotion de ressources «vertes», notamment à travers l’émission de Green bonds ou «obligations vertes» et la mise à disposition de lignes de financement liées à l’efficacité énergétique, ainsi que des lignes prévisionnelles de gestion de l’eau et de valorisation des matières résiduelles.
Les banques pourront également convenir de déterminer une proportion minimale de leurs engagements, qui répondent aux critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance). Ceci dit, la promotion de la finance verte et, en son sein, le green banking, est fortement tributaire d’un volontarisme politique, tant des autorités réglementaires et prudentielles que de la communauté des banques, un aspect que les divers acteurs de la finance verte estiment comme étant la véritable locomotive pour le développement de la discipline.
Le forum a également été l’occasion pour la signature des accords liés à la deuxième Ligne marocaine de financement de l’énergie durable (MorSEFF II) pour une enveloppe de 35 millions d’euros, ainsi que pour l’octroi de prix à des acteurs ayant bénéficié de la première ligne.
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