Maghreb Steel va passer à l'énergie éolienne en 2018
A compter du 1er trimestre 2018, l’aciériste prévoit de démarrer son approvisionnement en énergie éolienne auprès du géant italien de l’électricité Enel, à hauteur de 90% de ses besoins.
Le contrat avec cet opérateur a été scellé il y a environ 2 mois. ENEL est aujourd’hui en attente des autorisations de la part de l’ONEE pour installer un parc éolien dans les provinces du Sudn, avec pour objectif de lancer les travaux début 2017 et de commencer à livrer les premier électrons début 2018.
L’impact financier évalué par Maghreb Steel situe le gain au niveau de sa facture énergétique entre 10 et 20%, soit "quelques dizaines de millions de DH", déclare à Médias24, Amine Louali, DG de l’entreprise. D’une manière globale, il est prévu que les coûts baissent de 2 à 3%, la facture énergétique représentant quelque 15% de ces coûts.
Renault livré depuis novembre 2016
Autre grande actualité de Maghreb Steel, le démarrage en novembre 2016 des livraisons de Renault en petites pièces internes. "Les discussions sont en cours pour augmenter les volumes", nous confie M. Louali. "Le potentiel total avec Renault est de 70.000 tonnes, sur lesquels à peu près 25.000 tonnes sont adressables à une échéance très courte. Le reste devra se faire au cours des deux prochaines années", ajoute-t-il.
"La qualification d’un nouveau fournisseur est un processus très long, c’est ce qui explique que les premières livraisons n’ont eu lieu qu’il y a un mois. L’important, c’est de ne pas louper le démarrage. C’est pour cela que la prudence a été de mise d’un côté comme de l’autre", poursuit la même source.
Pour l’aciériste marocain, cette qualification permettra également d’exporter en accompagnant les équipementiers de cet écosystème.
Côté PSA avec lequel les discussions ont démarré il y a un an, les premières livraisons devront se faire au démarrage de l’usine en 2019. Les volumes sont de 50.000 tonnes. "On espère l’arrivée d’un troisième fournisseur pour compléter le tableau", lance M. Louali.
Des bénéfices escomptés en 2017
"L’Ebitda au premier semestre a été de 113 MDH, ce qui veut dire que nous avons dégagé du cash. On devrait arriver aux mêmes niveaux d’Ebitda au deuxième semestre", affirme le DG de Maghreb Steel.
En termes de résultat net, il est prévu d’accuser des pertes de 40-50 MDH au titre de l’année 2016. "Pour nous, il s’agit plutôt de performances, vu que les premiers bénéfices ne sont prévus dans le business plan qu’en 2022, même si nous espérions dégager un résultat net positif dès cette année", nuance-t-il.
Le ralentissement de l’industrie entre l’Aid Al Fitr et l’Aid Al Adha, deux mois et demi environ de période creuse, serait selon lui à l’origine de la non-réalisation de ces objectifs.
Mesures de sauvegarde et Maghreb Steel
Maghreb Steel pourrait-il vivre sans protection, sachant que les mesures de sauvegarde courent jusqu’à fin 2018?
"Tant que le marché à l’international est bas, il y aura besoin de protection. Ceci dit, tous les analystes s’accordent à dire qu’en 2018, il y aura un rééquilibrage entre les capacités installées et la demande et donc normalement, on devrait sortir de la crise et on n’aurait pas besoin de ces mesures de sauvegarde. Si les choses ne se passent pas comme prévu, les mesures de protection seront nécessaires. Selon une étude mondiale sur ce sujet, le secteur qui occupe la première place en termes de protection est l’acier, loin devant l’agroalimentaire. Cela s’explique par le caractère stratégique du secteur", répond le DG.
On en saura plus en 2018.
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