WB Africa étend sa croissance boulimique en Afrique, non sans risques
Huit mois après le lancement de WB Africa, son président, Moncef Belkhayat, revient sur le bilan de son groupe: présence dans 12 pays en Afrique, entre 5 et 7 millions de dollars levés auprès d’un fonds d’investissement luxembourgeois, et une stratégie d’expansion portée par le recours au crédit bancaire.
WB Africa a signé, jeudi 19 janvier, un accord avec l’agence camerounaise Cyclone, pour déployer ses activités dans cinq nouveaux pays d’Afrique francophone (Tchad, République Centrafricaine, Cameroun, Congo Brazzaville et Gabon). Désormais, WB Africa est implantée dans 12 pays.
La stratégie du groupe est l’expansion sur l’ensemble du continent africain et l’appétit de son président dépasse les frontières des Etats d’Afrique francophones. "Nous visons le Ghana et le Nigeria à l’horizon 2019, et le Kenya, l’Ethiopie, la Tanzanie et l’Ouganda d’ici 2020. Ces pays représentent un marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs", a déclaré Moncef Belkhayat, lors du point de presse.
Pour y parvenir, WB Africa mise sur la conquête de nouveaux marchés. Sa recette: une croissance rapide à travers, notamment la prise des participations et le contrôle d’acteurs traditionnels locaux (agences de communication, de publicité, etc.), ou encore la signature de partenariats avec des groupes internationaux tels que Grey ou Starcom (c’est en tout cas ce qui est prévu pour l’implantation du groupe au Ghana et au Nigeria).
Au Maroc, WB Africa mise sur les jeunes talents du web marocain pour concevoir et accompagner les filiales africaines du groupe. D’un autre côté, Moncef Belkhayat annonce qu’il procèdera au recrutement de 100 jeunes talents africains à l’horizon 2020.
Au niveau du financement, cette croissance rapide sera principalement portée par la dette bancaire auprès d’établissements marocains basés à l’étranger. D’ailleurs, "l’entrée d’un fonds d’investissement dans le capital de WB Africa servira principalement à améliorer la capacité d’endettement du groupe", précise-t-il.
Autre information annoncée: WB Africa a levé entre 5 et 7 millions de dollars levés auprès d’un fonds d’investissement luxembourgeois.
Cette dépendance au système bancaire ne l’inquiète pas outre mesure. Il se dit confiant dans la capacité du groupe à conclure des contrats. Une assurance portée par le bilan d’activité de WB Africa depuis son lancement en mai dernier.
"En huit mois d’exercice, nous avons produit 422 millions de dirhams de facturation. Tout porte à croire que cette progression va continuer, surtout dans un contexte international de sortie de crise", se plaît à croire M. Belkhayat.
Le président de WB Africa aurait-il les yeux plus gros que le ventre? Ses ambitions en tout cas tendent à le faire croire: doubler la part de la facturation en Afrique pour passer de 13 à 25% du total du chiffre d’affaires à fin 2017. Atteindre 100 millions de dollars de facturation en 2020. Sans oublier l’augmentation de la part du digital dans la formation du chiffre d’affaires pour passer de 10% actuellement à 20% fin 2018.
Sur ce point, Moncef Belkhayat soutient: "le digital, c’est l’avenir des annonceurs". Il plaide d’ailleurs en faveur d’une législation ferme qui garantit l’accès des sites d’informations aux revenus publicitaires des annonceurs, jusque-là principalement dépensés chez Google, Facebook et Youtube.
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