Nouvelle année record pour LVMH
Le géant mondial du luxe LVMH a préféré afficher jeudi 26 janvier une "confiance prudente" pour 2017, malgré des résultats records pour l'année écoulée, jugeant que le contexte géopolitique et monétaire reste trop "incertain" pour être "euphorique".
"On risque de lasser un peu l'auditoire" mais "les résultats 2016 sont encore des résultats records", a résumé, le PDG Bernard Arnault, lors d'une conférence de presse, saluant "une année très bonne" mais aussi "contrastée, avec une première partie un peu plus retenue".
Le groupe aux 70 marques - Louis Vuitton, Fendi, Givenchy, Guerlain ou encore Sephora - a vu son bénéfice net annuel progresser de 11%, à 3,98 milliards d'euros, tandis que ses ventes ont totalisé 37,6 milliards d'euros, en hausse de 5% en données publiées et de 6% en données organiques.
Son résultat opérationnel courant est pour sa part en progression de 6%, à 7,02 milliards d'euros, et en termes de flux de trésorerie disponible, "on dégage presque 4 milliards, ce qui est aussi un record pour cette année", a relevé le directeur financier, Jean-Jacques Guiony.
Par secteurs d'activité, la mode et maroquinerie finit l'année sur une progression organique de 4%, à 12,77 milliards d'euros, alors qu'elle avait stagné au cours du premier semestre.
Si la division phare du groupe est talonnée en termes de chiffre d'affaires par la distribution sélective (dont Sephora), à 11,97 milliards, elle reste cependant largement en tête en termes de rentabilité.
Si Sephora "connaît une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années, et qu'on est désormais n°1 de la distribution de parfums et cosmétiques aux Etats-Unis", c'est "moins brillant" pour DFS (Duty Free Shops) qui tire le pôle Distribution Sélective vers le bas, en raison de la situation complexe à Hong-Kong, a précisé M. Arnault.
Du coté des vins et spiriteux, l'année se termine sur une progression organique de 7%, avec notamment "une progression très bonne aux USA et une reprise des affaires en Chine après quelques années difficiles", a-t-il résumé.
M. Arnault a indiqué également que pour Hennessy (cognac), la situation est tellement "excellente que la demande dépasse nos capacités et le problème est d'arriver à livrer car les stocks sont au plus bas".
Pas d'"euphorie"
Du côté des parfums et cosmétiques, l'activité progresse de 8% en organique (à 4,9 milliards d'euros), tandis que les montres et joaillerie affichent une hausse de 5% (3,4 milliards d'euros).
Par zones géographiques, LVMH a poursuivi sa progression aux Etats-Unis et en Europe (+7% en organique pour les deux). L'Asie, hors Japon, a connu une croissance de 5%, mais le Japon recule de 3%.
Concernant 2017, le groupe n'a pas donné de perspectives chiffrées, mais a parlé d'une "confiance prudente", en raison d'un "contexte géopolitique et monétaire incertain".
Même si l'année "commence avec des clignotants plutôt dans le vert" et que "la période peut paraître euphorique, il faut au contraire être très vigilants: il n'y a pas eu de grosse crise depuis 2008, les taux d'intérêt défient la gravité tellement ils sont bas, l'évolution géopolitique est difficile à lire, la croissance est très faible en Europe", a notamment égréné le PDG.
Selon lui, "il faut s'attendre à un premier trimestre relativement facile", mais une deuxième partie de l'année "beaucoup plus difficile".
Concernant la politique économique qu'entend mener le nouveau président américain Donald Trump, qui l'a reçu le 9 janvier, Bernard Arnault estime que "le plus important va être de voir l'impact mondial des changements en cours de la politique économique (américaine), qui pour l'instant est très bien perçue aux Etats-Unis. Je pense qu'il y a beaucoup plus d'éléments positifs que d'éléments négatifs".
"Un certain nombre de mesures qui sont prises, (comme) la baisse des impôts et des réglementations, l'augmentation des grands travaux, c'est quand même extrêmement porteur. Après, on ne sait pas. En plus, la plupart des gens qui ont été nommés au plan économique sont de grands professionnels, donc des bons banquiers dans ces positions-là, ça devrait marcher, voilà mon avis", a résumé le PDG de LVMH, dont les Etats-Unis sont le premier marché.
(Avec AFP)
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