Pourquoi Managem est devenu minoritaire en RDC
L'annonce du récent partenariat entre Managem et le groupe chinois Wanbao Mining a suscité plusieurs questions. S'agit-il d'une cession d'actions ou d'une augmentation de capital réservée? Et pourquoi la filiale de la SNI a-t-elle choisi de devenir minoritaire dans un gisement de grande ampleur? Premier éclairage du top management.
La baisse de la part de Managem dans la société Lamikal au profit du groupe chinois Wanbao Mining s'est faite par cession d'actions. Le produit de la cession est de 56 millions de dollars. Le communiqué diffusé dans la presse le 29 mars par la société Managem ne comportait pas autant de détails et a suscité des interrogations.
Imad Toumi, président directeur général de Managem, a été plus précis lors de la conférence de presse tenue le 30 mars. "Nous avons cédé 62,5% de notre participation dans la société Lamikal à Wanbao Mining", a-t-il annoncé.
Cette cession se justifie par la taille du gisement. L'exploitation optimale nécessiterait 450 millions de dollars, l'équivalent d'une année de chiffre d'affaires. C'est au dessus des moyens de la société. Le site de Kalukundi en République Démocratique du Congo recèle une réserve immense de cuivre évaluée à plus de 660.000 tonnes ce qui nécessite de lourds investissements.
Un investissement égal au chiffre d’affaires
En tout cas, le groupe minier filiale de la holding SNI a donc perdu la majorité dans cette entreprise basée en République Démocratique du Congo. Il se retrouve suite à cette opération minoritaire avec 20% seulement de parts dans le capital, alors qu’il était à 82% depuis la création de l’entreprise. Une situation que les dirigeants de l’entreprise assument parfaitement, par pragmatisme.
Pour eux, c’était la solution idéale pour pouvoir continuer à tirer le meilleur profit de la mine. "Nous sommes très contents d’avoir découvert ce gisement, mais quelques fois il faut savoir se désengager partiellement. C’est un projet de très grande taille, et comme tout projet minier il est très capitalistique", explique Toumi. Pour valoriser cet immense gisement que Managem a découvert sous le sol de la RDC, il faut prévoir plus de 450 millions de dollars, soit presque 4,5 milliards de dirhams.
Pour une entreprise comme Managem, dont le chiffre d’affaires consolidé en 2016 ne dépasse pas 4,5 milliards de dirhams, c’est un investissement très risqué, voire impossible d’un point de vue financier. "Nous ne pouvons pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Notre entreprise ne pourra pas mettre tout son chiffre d’affaires dans un seul projet et dans un seul pays", explique le Président directeur général de Managem.
Le double de la production annuelle de Managem
Le gisement de Kalukundi est d’une taille considérable. Les deux partenaires ont prévu de produire 50.000 tonnes de cuivre par an, soit l’équivalent de 250.000 tonnes de concentré de cuivre qu’il faudra extraire annuellement. Ce niveau de production représente deux fois la production de cuivre actuelle de tout le groupe Managem. C’est dire la taille des réserves... et des ambitions des deux partenaires.
"Nous avons voulu une meilleure valorisation de l’actif que nous avons découvert et c’est ce qui a guidé notre choix du partenaire", argumente le PDG de Managem. Le groupe chinois est effectivement l’un des champions mondiaux. Wanbao Mining exploite déjà des gisements de cuivre de niveau mondial et il est déjà présent en RDC depuis plusieurs années.
Wanbao Mining le partenaire idéal
Le nouveau partenaire de Managem a dans son actif une fonderie de cuivre ainsi qu'une entreprise de trading. En plus de couvrir toute la chaîne d’exploitation, Wanbao Mining a une assise financière qui va lui permettre d’investir autant d’argent qu’il faudra dans la mine. "Nous allons rester présents et très actifs dans ce projet. Nous avons beaucoup de choses à apporter et notre partenaire le reconnaît et en demande", conclut le PDG de Managem.
Comme l’avait précisé le communiqué du 29 mars, l’entreprise minière marocaine restera bien dans les organes de gouvernance de l’entreprise. Et si Managem n’avait pas opté pour cette option du retrait partiel du capital, elle n’aurait certainement jamais profité des retombées financières.
"Le groupe a dû faire des simulations avant de prendre une telle décision, pour voir ce qu’il gagne avec 20% du capital et ce qu’il perd si jamais il laisse les choses comme elles sont", explique un analyste présent à la conférence.
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