Conseil national du PAM: la succession d’El Omari renvoyée à une date inconnue
Au lendemain de la réunion du Conseil national ordinaire qui n’a pas entériné le départ du secrétaire général démissionnaire, sa présidente Fatima Zahra Mansouri nous annonce qu’une commission sera créée pour se pencher sur l’avenir du leadership du parti. Une position qui se veut rassurante mais tranche avec les inquiétudes d’autres dirigeants qui pensent que le retour d'El Omari conduira à l’implosion du PAM.
"L’ensemble des membres du CN ont débattu pendant dix heures et cette réunion a été marquée par un débat démocratique qui n’avait pas eu lieu depuis longtemps. Ils ont rappelé leur attachement au projet partisan du PAM avec plus de 120 interventions qui ont montré qu’il n’y avait pas une seule volonté exprimée", nous déclare la numéro 2 du parti.
A la question de savoir si le maintien d'El Omari au leadership du PAM n’avait pas aggravé la ligne de fracture existante, elle révèle qu’il est temporaire et qu’une décision adoptée par le Conseil national va mettre en place une commission chargée de statuer sur l’avenir des dirigeants actuels.
La déclaration officielle publiée à l'issue de la réunion du Conseil national indique qu'El Omari a été maintenu à la demande du Conseil National. En quelque sorte à l'insu de son plein gré.
Une commission chargée de temporiser les divisions internes?
"Cette commission démarrera ses travaux bientôt. Elle sera composée de la présidente et des membres du secrétariat du Conseil national, de quelques dirigeants du bureau politique d’avis divergeant et d’un représentant du parti de chaque région du Maroc. Ils œuvreront sur plusieurs scénarios qu’ils présenteront au futur Conseil national extraordinaire qui tranchera pour savoir si l’on se dirige vers l’organisation d’un congrès extraordinaire ou d’un Conseil national extraordinaire", explique la présidente du parlement du parti composé de 1.000 membres.
En d’autres termes, l’optimisme de la présidente s’explique par le fait que la commission créée dimanche 22 octobre proposera d’ouvrir la voie à la succession du secrétaire général en procédant au renouvellement total des instances du parti (secrétariat général, bureau politique, CN), ou à celui du leader actuel qui a officiellement repris sa fonction après avoir présenté sa démission.
"El Omari n’a jamais prétendu qu’il quittait le projet du PAM car lors de l’annonce de sa démission, il a précisé qu’il resterait un militant du parti. Aujourd’hui, il va faire partie de cette commission pour accompagner le processus transitoire qui préparera la voie à sa succession", précise Mansouri.
Sur l’agenda, notre interlocutrice préfère ne pas donner de date car, selon elle, il devra être précédé par l’élection des membres régionaux de la commission qui travaillera sur les différents scénarios.
El Omari sera-t-il candidat à sa succession?
"Il y aura un travail préalable de coordination nécessaire mais nous n’avons pas de date butoir même si cela se fera dans les meilleurs délais. A ce stade, nous ne savons pas si le secrétaire général présentera sa candidature pour se représenter car cette décision appartient à lui-seul. Quoi qu’en pensent certains, ce CN a été l’un des plus démocratiques de l’histoire du PAM car tout le monde a exprimé ses positions en toute transparence et sans aucune pression", se réjouit notre source.
Interrogée sur la sortie violente de Ali Belhaj ayant qualifié le retour d’El Omari au secrétariat général de véritable hold-up sur les instances qui n’augure rien de bon pour l’avenir du parti, elle s’est refusée à commenter ses accusations en ajoutant cependant qu’il n’avait pas toutes les données en main pour juger la situation car il n’a pas assisté à la fin de la réunion du CN qui a crée la commission.
"Si vous cherchez un scoop sur la succession d’El Omari, je ne l’ai pas mais tout ce que je peux dire, c’est que la création de cette commission multipartite va préparer trois scénarios au CN (maintien du secrétaire général, convocation d’un congrès ou d’un Conseil national extraordinaire). A priori, nous allons certainement vers une élection mais je ne sais pas s’il sera à nouveau candidat. Dès que notre bureau politique se mettra d’accord sur le nom des membres de la commission, elle pourra démarrer ses travaux qui porteront aussi sur la révision du règlement intérieur.
"Au final, la réunion d’hier a enclenché une dynamique positive qui verra la participation de tous les courants opposés y compris celui de Abdellatif Ouahbi. Au moment où tous nos adversaires politiques s’attendaient à une bagarre générale, nous avons fait preuve d’un bel exercice de démocratie interne", conclut notre interlocutrice qui réfute toute implosion du parti.
Une version démentie par un membre influent du parti, requérant l’anonymat pour ne pas mettre davantage d’huile sur le feu, qui affirme qu’une confusion totale règne actuellement au sein du parti.
"El Omari, le Chabat du PAM"
"Je vais examiner le communiqué qui porte création de ce comité proposant soit le renvoi vers un congrès ou un conseil national extraordinaire mais face aux perpétuelles manipulations d’El Omari, je ne sais plus quoi penser. A ma connaissance, le chemin le plus court pour aller d’un point A à un point B est encore une ligne droite alors pourquoi tergiverser?", dénonce notre interlocuteur qui se méfie d’une "nouvelle manœuvre du secrétaire général pour se maintenir à la tête du parti".
Selon lui, le retour même temporaire d’Iyas El Omari aux commandes du PAM ne se justifie aucunement après son annonce de démission largement médiatisée.
"On ne peut pas revenir dans la course après avoir juré ses grands dieux que l’on quitte le leadership. El Omari suit les traces de Chabat qui a passé son mandat de secrétaire général à mentir."
"Pour moi, Mansouri fait preuve d’optimisme car une partie des langues du CN se sont déliées en attaquant frontalement le SG et que plus rien ne sera comme avant. Le problème est qu’il est tellement manipulateur qu’il est probable qu’il se représente à sa succession après avoir donné des assurances du contraire. Dans ce cas, il y aura plusieurs défections importantes qui mettront en péril l’unité et l’avenir du parti", conclut notre source qui se dit très inquiet de la situation actuelle.
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