Maroc: progression remarquée des créances en souffrance par rapport à la région Mena (FMI)
L’institution de Bretton Woods applaudit la progression des crédits alloués au secteur privé au Maroc, mais attire toutefois l'attention sur le trend haussier du ratio des créances en souffrance, dans le secteur bancaire du Royaume.
Les dernières perspectives économiques régionales du Fonds monétaire international pour la région MOANAP (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan), révèlent que le ratio des créances improductives est dans une trajectoire haussière significative au Maroc, comparativement à d'autres pays de la région, notamment ceux qui sont également importateurs de pétrole.
La même tendance est observée au Liban. Ceci étant, les créances improductives au Maroc frôlent les 8% du total des créances dans le royaume (A fin mai 2017, elles s'élevaient à 7,8% de l'encours global du crédit bancaire), contre près de 5% seulement au pays des cèdres, comme le montre le graphique ci-après:

"Même si les ratios élevés de créances improductives continuent de baisser au Pakistan et au Soudan, ils tendent à augmenter au Maroc", peut-on lire dans le rapport du FMI.
Dans le même rapport qui a été présenté ce 2 novembre au siège du ministère de l'Economie et des Finances à Rabat par Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI, le secteur financier de la région est qualifié de "globalement solide".
Le FMI note par ailleurs que le Maroc, avec le Pakistan, se distinguent par une croissance importante du crédit au secteur privé, eu égard aux politiques monétaires accommodantes dans les deux pays.
Toutefois, la problématique des créances en souffrance s'impose, et le FMI souhaite "que cette expansion continue du crédit s’accompagne d’un suivi constant de la solidité du système financier, d’une surveillance rigoureuse et de la mise en œuvre de politiques macro-prudentielles judicieusement ciblées".
Ceci étant, Jihad Azour estime que la progression enregistrée au niveau de la distribution des crédits dans la région contribuera fortement à une reprise de la croissance, principalement dans les pays importateurs de pétrole qui continuent de profiter de la baisse des cours de l’or noir.
En effet, l’institution présidée par Christine Lagarde prévoit une croissance de 4,3% dans les pays importateurs de pétrole de la région à fin 2017, un taux bien supérieur aux 3,6% de 2016 et aux dernières mises à jour des prévisions annoncées en mai 2017, "favorisé par le raffermissement de la demande extérieure et une reprise cyclique de l’économie mondiale".
"Cette dynamique positive devrait perdurer à moyen terme et porter la croissance à 4,4% en 2018 et 5,3% pendant la période 2019-2022", ajoute le rapport.
Rappelons que pour le Maroc, le FMI prévoit une croissance à 4,8% pour 2017, "dynamisée par des conditions météorologiques favorables à l’agriculture, un rebond des services et de l’industrie manufacturière, l’expansion des capacités minières et la montée des cours des phosphates".
Cependant, M. Azour estime que ces niveaux de croissance ne sont pas suffisants pour absorber les taux élevés de chômage qui sévissent dans la région: "Pour cela, il faudra arriver à des taux de 6 ou 6,5%. C’est à partir de ces niveaux qu’on arrivera graduellement à résorber le chômage, d’autant plus que pour les 5 années à venir, nous prévoyons au moins 25 millions nouveaux entrants sur le marché du travail dans la région".
Pour ce faire, Jihad Azour recommande des mesures transverses, comme l’inclusion professionnelle des femmes ou le développement des nouvelles technologies financières, à l'instar des FinTech. Plus particulièrement, notre interlocuteur prône un meilleur accès des PME à l’emprunt, que ce soit par le crédit bancaire ou via les marchés financiers: "La majorité des opportunités d’emploi se trouvent chez les PME. Or, celles-ci n’obtiennent pas facilement des financements pour se développer", regrette notre interlocuteur.
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