Ayoub Fakir, 25 ans, de Meknès, ingénieur data à Paris
Il aura 25 ans dans quelques semaines, le mois prochain, mais la réussite n’a pas à voir avec l'âge. Après un bac à Meknès dans le public, Fakir a étudié à Fès puis à Créteil avant de travailler en tant qu’ingénieur data. Portrait d’un jeune homme mûr et pressé.
Il aura 25 ans le mois prochain, mais la réussite n’a pas d'âge. Après un bac à Meknès dans le public, Fakir a étudié à Fès, puis à Créteil avant de travailler en tant qu’ingénieur data. Portrait d’un jeune homme mûr et pressé.
Grand et mince dans son costume, Ayoub Fakir discute avec passion du digital au Maroc avec d’autres geeks. Là, sous ses airs assurés, un peu de trac transparaît. Dans une heure, il doit parler "blockchain" à la conférence TEDx. La salle de l’hôtel de Marrakech est pleine.
Meknès, Fès et Paris
Depuis près de deux ans chez Devoteam à Levallois-Perret (Paris), Fakir est tout d’abord passé par le Crédit agricole corporate and investment bank après avoir obtenu un Miage, un master informatique appliquée à la gestion des entreprises en systèmes d’information à l’université de Paris-est Créteil. Avant cela Fakir a obtenu un bac "moyen" en sciences expérimentales, dans le public à Meknès, avant de poursuivre sur l’Esisa, école privée d’ingénierie à Fès. "J’ai appris qu’on n’est pas toujours obligé de se conformer copier-coller aux normes pour réussir", me glisse l’informaticien.
Son "dada", on l’imagine c’est la data. Mais précise-t-il "en tant qu’ingénieur pas en tant qu’analyste". "Mon intérêt pour la data vient de mon intérêt personnel à vouloir de tout le temps faire un travail qui puisse avoir un impact direct sur le travail et / ou la vie de quelqu'un. Avec la data c'est tout à fait possible, dans le sens où, lorsqu'on fait en sorte de 'faire parler' la data chez un grand compte, cela lui permet de faire, par exemple, plus de bénéfices, d’avoir des produits plus adaptés à ses clients", explique-t-il.
"La data poursuit-il, a un impact direct pour nos collaborateurs. Par exemple, un des cas d'utilisation le plus évident dans la data aujourd'hui c'est la détection de fraude: pouvoir faire en sorte à travers mon travail d'éviter à une entreprise quelconque le chemin des fraudeurs (en assurance par exemple), ou au contraire, permettre aux clients 'honnêtes' d'être mieux valorisés m'intéresse beaucoup". Aujourd’hui Fakir est détaché chez AXA par son employeur Devoteam où il collabore à l’Innovation Lab de l’assureur international.
Marketing
"Un data engineer explique le Meknassi d’origine est avant tout un développeur, à quelques différences près: un data engineer doit avoir la possibilité de mieux communiquer avec les clients afin de comprendre leurs enjeux, afin de mieux faire parler la data. Il a une sensibilité pour les systèmes d'information distribués: une application qui tourne sur plusieurs machines, en parallèle, pour pouvoir traiter d’importantes masses de données avec un grand gain en performances".
Je demande à Ayoub Fakir de résumer "la data pour les nuls". Il explique: "Un, il s’agit de détecter les données que l'on juge utile pour notre ou nos cas d'utilisation. Deux, il s’agit de normaliser ces données, les nettoyer afin qu'elles soient exploitables. Trois enfin, il s’agit de tirer profit de ces données, à travers des tableaux de bord ou des graphes, ou avec des techniques d'apprentissage automatique comme le machine learning".
Alors "le data sert-il à affiner le marketing d’une entreprise?", insiste-t-on. "Entre autres, répond-il, aussitôt préciser: "Une entreprise qui se base sur les données de ce que disent ses clients d'elle sur les réseaux sociaux par exemple a plus de chances de mettre en place des produits qui soient au mieux adaptés à ses clients, et donc pouvoir faire plus de ventes, avec une stratégie marketing meilleure et mieux ciblée".
Cosmopolite et positif
Sur la crypto-monnaie, autre buzz de ces derniers mois (et plus), Ayoub Fakir ne s’exprime pas sur le fait qu’elle soit "crédible" mais il insiste: "C’est réel". "C’est sûr au niveau transactions. L’échange de valeur à travers les crypto-monnaies est quelque chose de sûr, sécurisé et crédible". "Sûr au niveau 'investissement'? Je ne saurais pas dire précise-t-il, car c’est purement spéculatif".
Sur le blockchain, Fakir indique que "c’est la technologie qui a permis aux crypto-monnaies de voir le jour, sa première application étant le Bitcoin, la "maman" des crypto-monnaies. La blockchain est la technologie qui permet aux crypto-monnaies de fonctionner, qui permet de réaliser des transactions sans avoir d’intermédiaire".
A près de 26 ans, Ayoub Fakir est un jeune homme ambitieux, sûr de lui, tourné vers l’avenir. "Il n’y a rien que je ne puisse être, faire ou avoir", répond-il lorsqu’on lui demande ce qui le fait "bouger", quel est son "driver".
Il précise sa réponse de manière intéressante sur sa philosophie de vie: "J’ai une meilleure réponse me dit-il; mon 'driver', c'est cette question que je me pose tous les soirs lorsque je rentre chez moi: "Quelle valeur a eu le travail que j’ai fourni aujourd’hui ? Pour qui ?"."Lorsque j’ai une réponse positive à ces deux questions, je me dis que j’ai passé une bonne journée et je fais en sorte que toutes mes journées soient aussi bonnes ". Sur sa page Linkedin le jeune ingénieur affiche en anglais : "J’aime l’échec. Et quand j’échoue, je le fais en tombant vers l’avant. Je donne 120% de moi-même car c’est ainsi que je suis".
Sur son choix de carrière en France, Ayoub Fakir est tout aussi sûr. "Au vu de la double éducation que j’ai reçu tout jeune dans une famille d’amoureux de la littérature française, je me réjouissais autant d’écouter les classiques français que la chanson marocaine; cela fait partie de mes richesses, je pense. Donc le choix est assez 'naturel' pour moi. Et puis poursuit-il, il ne faut pas se le cacher: les opportunités professionnelles en France restent plus nombreuses et de meilleure qualité, pour l’instant, que celles proposées au Maroc".
Ayoub Fakir qui parle et écrit en arabe, en français et en anglais, étudie aussi le mandarin. Il est "très très débutant", me dit-il lorsque je l’interroge sur son niveau. "On en reparlera dans deux ans peut-être!". Aujourd’hui Fakir forme aussi ses jeunes collègues et publie des articles courts et pointus sur le net. "Avoir une scolarité conforme aux attentes du système éducatif n’est pas une condition nécessaire pour réussir, avance-t-il. On trouve son chemin un peu plus tard et on peut progresser".
à lire aussi
Article : Batteries : pourquoi le modèle industriel marocain inquiète-t-il Bruxelles
L’Union européenne durcit sa position face aux investissements chinois. Avec les projets chinois dans l’automobile électrique et les batteries, le Maroc se retrouve au cœur de cette nouvelle tension. Le précédent des jantes en aluminium montre que cette pression peut déjà se traduire par des droits commerciaux lourds. Le Royaume entend défendre ses intérêts. Des discussions sont en cours.
Article : Visa Fintech Day : le Maroc veut accélérer l’inclusion financière grâce à l’IA et aux paiements numériques
Rapprocher les services financiers des citoyens, soutenir les TPME et réduire les fractures d’accès… Le Maroc mise sur l’IA et la fintech pour accélérer sa transformation numérique.
Article : 1.700 passagers et 426 cabines : GNV baptise à Tanger son navire Aurora le plus moderne
Avec le baptême du GNV Aurora à Tanger, la compagnie maritime italienne GNV renforce son dispositif entre le Maroc, l'Espagne et l'Italie. Déployé à l'approche de l'Opération Marhaba 2026, ce ferry de nouvelle génération illustre les ambitions du groupe en matière de mobilité, de confort des passagers et de transition énergétique.
Article : Mines : ce que cachent les annonces de découvertes au Maroc
Le secteur minier marocain est en pleine effervescence. Mais entre l'effet d'annonce et la réserve prouvée, le chemin reste long et incertain. Décryptage d'un secteur où il faut savoir démêler le vrai du spéculatif.
Article : Mondial 2030 : Casa Aménagement lance un marché pour la construction du Centre international de diffusion de Casablanca
Nouveau jalon pour l’International Broadcasting Center qui diffusera le signal nécessaire aux retransmissions radiotélévisées des matchs du Mondial.
Article : Jazzablanca revient avec 50 concerts et une programmation enrichie
Du 2 au 11 juillet, Jazzablanca revient pour une 19e édition placée sous le signe de l’ouverture et de l’expérience festivalière. Avec 50 concerts répartis entre Anfa Park et le parc de la Ligue arabe, le rendez-vous casablancais mise sur une programmation éclectique réunissant grandes stars internationales, artistes émergents et talents marocains.