L’ancien cinéma Colisée deviendra le premier multiplex de Rabat en avril prochain
Connue de tous les cinéphiles de la capitale, la mythique salle de cinéma qui a ouvert ses portes en 1933 avait fermé en 2002. Propriété du groupe Balima, elle a été louée à une société française qui a entamé de grands travaux pour en faire le 1er multiplex de Rabat à la fin du premier trimestre 2018.
Alors que la plupart des salles obscures du Maroc ont fermé leurs portes, un entrepreneur veut ressusciter le plaisir de se faire une toile à Rabat qui compte moins d’une dizaine de salles de cinéma.
Pierre-François Bernet qui préside la société de production Chrysalis Films, s’est en effet lancé dans la rénovation de ce lieu d’une superficie de 1.000 mètres carrés pour en faire un multiplex de 4 salles.
Idéalement situé sur l’avenue Mohammed V à proximité de 3 autres salles historiques (Royal, 7ème Art et Renaissance) du centre-ville de la capitale, le bâtiment est en cours de travaux depuis août dernier.
Interrogé par Médias24, un dirigeant de la société Balima, propriétaire des murs, déclare que son groupe a loué ce local à «un prix modique» pour améliorer l’attractivité du centre-ville.
«Sachant que le seul multiplex dans la région de Rabat était le Dawliz de Salé qui a fermé ses portes, nous avons décidé de soutenir ce projet en divisant le prix du bail mensuel par 5 ou 6.
"Si nous avions appliqué un loyer au prix du marché, sa rentabilisation aurait été plus que risquée mais nous avons consenti à faire un effort sur la base de deux engagements".
Le locataire doit en effet construire des salles de qualité technique prémium et diffuser des films qualitatifs. La programmation comprendra des blockbusters pour remplir les caisses mais aussi des films ayant un apport culturel significatif.
"Par cette initiative, le groupe Balima veut contribuer à relancer la consommation cinématographique dans la capitale mais également refaire du centre-ville, le pôle d’attractivité qu’il était auparavant", déclare notre interlocuteur qui requiert l’anonymat.
Joint par notre rédaction, le promoteur affirme que le montant final de l’investissement pour rénover le lieu est de 10,3 millions de DH.
«En moins de 6 mois, ma société a injecté 6,6 MDH en fonds propres auquel il faut rajouter 3,6 MDH du CCM (centre cinématographique marocain). Le chantier avance à grands pas car nous avons fini les travaux de gros œuvre. L’électricité et la plomberie sont quasiment terminées et nous attaquons les finitions avec les faux-plafonds, le revêtement des sols et l’insonorisation. Il y aura quatre salles qui seront toutes équipées en projecteurs numériques 4K qui existent depuis 2 ans.
«Dans la grande salle de 250 fauteuils, on sera en 3D et dans les 3 autres (70 fauteuils) nous disposerons pour la première fois en Afrique du procédé éclair color. Cette technologie ultramoderne permet d’obtenir des images impossibles à avoir sur le meilleur téléviseur au monde car notre but est justement de détacher les Marocains de leur téléviseur,» précise Bernet.
Selon lui, le futur multiplex sera le plus moderne du pays car ni le Mégarama de Casablanca ni le IMAX du Morocco Mall ne disposent des technologies qui équiperont les quatre salles de cinéma d’une capacité globale de 500 fauteuils premium avec double accoudoir.
Le promoteur veut satisfaire tous les publics avec une programmation particulière pour chaque salle.
«Les blockbusters américains sont incontournables pour le grand public mais il y aura d’autres films pour des spectateurs plus exigeants. Grâce aux 4 salles, on aura une offre culturelle diversifiée.
«Il pourra y avoir du cinéma de patrimoine mais nous sommes avant toute chose des salles de 1ère exclusivité. Nous ciblons un public varié avec des séances familiales de grands films d’animation pendant les matinées de week-end, des grosses affiches internationales mais également un cinéma plus exigeant d’œuvres de festivals. On fera des semaines dédiées au cinéma de différents pays et beaucoup de films marocains qui marchent très bien sur le territoire», explique notre interlocuteur.
S’il refuse de révéler le prix des places d’entrée, il assure qu’il ne sera pas plus cher que celle du Mégarama, c'est-à-dire aux alentours de 60 DH.
«Comme partout ailleurs, il y aura différents tarifs plein avec des réductions pour les jeunes et des cartes de fidélité. Il faut s’adapter aux bourses tout en veillant à assurer notre survie. Notre stratégie est axée sur la maximisation du taux de remplissage. Pour cela, nous avons opté pour une capacité d’accueil à dimension humaine car si les salles historiques du Maroc sont désespérément vides, c’est parce ce qu’elles font 1.000 places et qu’elles sont très mal entretenues. Nous préférons donc offrir un espace confortable avec beaucoup moins de fauteuils pour maximiser ce taux de remplissage», poursuit Bernet qui pense qu’en moins de 6 mois, l’expérience sera concluante ou pas.
S’il refuse de révéler la date d’ouverture, le distributeur de films révèle que son projet devrait réconcilier les Marocains avec les salles obscures malgré la grande consommation des films piratés.
«Ce taux de piratage au Maroc est un excellent indicateur du taux d’affection des Marocains pour les films. Ils aiment toujours autant le cinéma mais ils attendent juste que les salles les aiment en retour avec des conditions optimales pour les spectateurs», conclut l’entrepreneur qui n’exclut pas d’ouvrir d’autres salles au Maroc.
Une initiative salutaire sachant qu'en 30 ans, 90% des salles de cinéma ont fermé leurs portes au Maroc et que 1,5 million de tickets d'entrée ont été vendus en 2016 contre 30 millions au début des années 80.
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