Renault: vers un nouveau mandat de Carlos Ghosn
Le patron de Renault, Carlos Ghosn, va briguer un nouveau mandat de PDG du constructeur automobile français, avec le soutien de l'Etat, et devrait désigner Thierry Bolloré comme numéro deux et possible successeur.
Lors d'un conseil d'administration de Renault, prévu jeudi 15 février, à la veille de l'annonce des résultats financiers pour 2017, "il y aura un vote de résolution proposant le renouvellement de Carlos Ghosn. Nous, Etat, on devrait évidemment voter pour cette résolution", a déclaré lundi à l'AFP un porte-parole de Bercy.
Selon cette source, l'Etat français, qui détient 15,01% du capital de Renault et 21,93% des droits de vote, avait "demandé deux choses à Carlos Ghosn", dont le mandat expire au printemps. "La première c'était de désigner quelqu'un pour éventuellement lui succéder chez Renault, dans un processus progressif, numéro deux, puis PDG...".
Or, selon une source proche de Renault, confirmant des informations de presse, l'actuel directeur délégué à la compétitivité, Thierry Bolloré, 54 ans, tiendrait la corde pour être proposé jeudi comme numéro deux. "Cette solution conviendrait à l'Etat", dit-on à Bercy.
Une autre source, proche du constructeur, estime aussi "probable" que le conseil d'administration de jeudi "acte la résolution du renouvellement de mandat de M. Ghosn et la nomination d'un numéro deux".
Outre la désignation d'un dauphin potentiel, la deuxième chose réclamée par l'Etat à M. Ghosn était "une feuille de route pour consolider l'alliance Renault-Nissan, pour qu'elle se traduise par une meilleure intégration des deux entreprises, toujours dans le même but, préparer l'avenir", selon le porte-parole du ministère des Finances.
Sur ce point-là, le travail n'est pas encore terminé, a-t-il cependant précisé: "on travaille toujours avec Carlos Ghosn sur la définition de cette feuille de route. On n'a pas encore tous les éléments qui nous conviennent sur la meilleure intégration des deux entreprises".
Le ministre de l'Economie et des finances, Bruno Le Maire, "a eu Carlos Ghosn longtemps au téléphone vendredi 9 février et ils ont discuté de tout ça ensemble", a précisé Bercy.
Numéro un mondial
L'Etat affiche sa satisfaction concernant le bilan de M. Ghosn à la tête du constructeur français, qui a affiché des ventes record (3,76 millions de véhicules) l'an dernier et qui revendique le rang de numéro un mondial de l'automobile au sein de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi (10,6 millions d'unités en 2017), devant l'allemand Volkswagen et le japonais Toyota.
"Ce serait difficile de ne pas être satisfait. L'entreprise est sur une bonne voie. Elle est numéro un mondial", estime-t-on à Bercy, même si des désaccords existent avec le PDG. Ainsi, la rémunération de M. Ghosn (7 millions d'euros en 2016) n'avait pas été approuvée par l'Etat en assemblée générale l'an dernier.
Le ministère de l'Economie insiste cependant pour préparer l'après Carlos Ghosn, qui aura 64 ans en mars, alors que l'alliance franco-japonaise repose aujourd'hui en grande partie sur sa personnalité. Bercy souhaite également conserver l'ancrage français du groupe.
Nommer un français comme numéro deux chez Renault, "c'est une bonne façon de garder cet ancrage", en tout cas, "ce n'est pas neutre", estime Bercy.
(Avec AFP)
à lire aussi
Article : Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume
Reliant Marrakech à Ouarzazate, le tunnel de l’Ourika figure parmi les projets d’infrastructure les plus stratégiques du Maroc contemporain. Mais malgré les nombreuses relances, aucun calendrier de réalisation clair n’a encore vu le jour, alors que les études de faisabilité restent suspendues au creusement d’une galerie de reconnaissance. Le point sur un chantier à 10 milliards de DH, au croisement d’enjeux techniques, économiques et territoriaux.
Article : Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)
Cinq ans après le lancement du Nouveau Modèle de développement (NMD), le Maroc avance, mais pas encore au rythme requis. Les réformes engagées améliorent la trajectoire, sans suffire à atteindre les objectifs fixés pour 2035. Pour rattraper cette échéance, le pays doit combiner des marchés plus efficaces, des entreprises plus dynamiques et un investissement public mieux ciblé. Il doit aussi mieux intégrer les femmes et les jeunes au marché du travail.
Article : Un droit de réponse de Setrat à Médias24
À la suite de notre article du 2 avril 2026 sur le redressement judiciaire de Setrat, la société nous a adressé un droit de réponse que nous publions ci-dessous.
Article : Élection CGEM. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri dévoilent leur programme avant l'AG élective du 14 mai 2026
À quelques jours de l'assemblée générale élective, les deux candidats à la présidence et à la vice-présidence générale de la CGEM ont présenté un programme articulé autour de l'environnement des affaires, de la souveraineté productive, de l'innovation, du rayonnement international et des synergies internes. Ils portent l'ambition de faire passer la Confédération d'un rôle de plaidoyer à celui de la réalisation et de l'impact.
Article : Coupe du monde 2026. Soufiane Benjdida, un sacré candidat
Meilleur buteur de la Botola Pro, l’attaquant du Maghreb Association Sportive de Fès est impliqué dans plus de la moitié des réalisations de son équipe. Grâce à un ratio qui frise le but par match, l’attaquant met toutes les chances de son côté afin de participer au Mondial 2026. D’autant que ses concurrents ne sont pas dans la forme de leur vie.
Article : Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun
Réunis séparément le dimanche 10 mai à Casablanca et à Mohammédia, les deux conseils nationaux ont validé des candidatures communes et une répartition des circonscriptions, quatre ans après les divisions de 2021.