Sound Energy: “4 à 20 milliards de mètres-cubes de gaz commercialisable” à Tendrara
La société anglaise de prospection gazière vient d’annoncer que ses estimations rendues publiques le 26 mai dernier ont été validées par le cabinet de certification RPS Energy Consultants Ltd. Si les chiffres compris entre 4 et 20 milliards de mètres-cubes venaient à se confirmer, le Maroc se retrouverait , selon un spécialiste, avec une découverte convenable pour le pays mais pas à l’échelle internationale.
Après deux ans de forage, d’annonces d’estimations positives suivies de rapports de certification tout aussi positifs par des sociétés indépendantes, on s’achemine vers une découverte conséquente qui n’assurera cependant pas la consommation intérieure du pays comme avait pu le laisser croire le DG de Sound Energy (SE) qui avait évoqué «la découverte éventuelle d’un champ de gaz super-géant au Maroc».
Dans un communiqué publié ce lundi 4 juin, Sound Energy a déclaré que le dernier rapport relatif au projet A1 de son permis Tendrara Lakbir, couvrant les puits T1,T2, T3, T4, T5, T6, T7 et T8, est conforme aux résultats préliminaires annoncés par la société de prospection gazière le 26 avril 2018.
Réalisé par la société indépendante de certification RPS Energy Consultants Ltd, ce rapport est le premier d’une série qui va s’appuyer sur les études entamées après utilisation de l’outil sismique 2D.
RPS confirme que Tendrara recèle bien du gaz extractible
Selon SE, le CPR (Competent Person's Report) est conforme aux normes internationales du système de gestion des ressources pétrolières (PRMS) qui mesure les réserves et les ressources énergétiques.
Dans un tableau, la société de prospection gazière a présenté des résultats finaux, évalués par RPS, découpés entre estimations de gaz en place (non découvert) et ressources possibles à extraire.
Il en ressort 3 niveaux de découvertes qui vont d’une estimation basse, moyenne et haute quantifiée en milliards de pieds-cubes que nous avons convertis en mètres-cube (1 mètre cube = 35,3 pieds-cubes).
Concernant les réserves de gaz en place, la fourchette minimale est de 8 MM de mètres-cubes, la moyenne de 18 MM et la plus haute va jusqu’à 36 milliards. Si ces chiffres (importants) donnent une idée du volume du gisement gazier, ils ne sont pas significatifs car il ne s’agit pas de gaz extractible.
A contrario, les estimations des ressources éventuelles donnent la mesure des réserves qui pourront être exploitées et donc commercialisables. Afin d’affiner les perspectives basses, moyennes et hautes, la société de certification a évalué les chances de succès d’extraction à un taux de 25%.
Les chiffres de Sound Energy (validés par RPS) font état d’un volume extractible ventilé entre 4 milliards de M3 (estimation basse), 9,5 MM (moyenne) et 20 MM milliards de mètres-cubes (haute) de gaz commercialisable.
La perspective d’atteindre ces chiffres est mise en avant par Sound Energy qui précise qu’ils ne concernent que la couche du réservoir Triassic TAGI qui était la cible principale de ses forages.
SE parle de volumes d’échelle potentiellement similaires quand la cible secondaire du Paléozoïque sous-jacent sera forée. Le volume extractible pourra donc doubler après le forage du nouveau puits TE-9. La fourchette passerait donc de 8 à 40 MMM3 mais il faut rappeler avec 25% de chances d'arriver à l'extraire.
Si ces chiffres sont encourageants, ils ne feront pas du Maroc un pays exportateur ni auto-suffisant.
Une découverte historique qui n’assurera pas la consommation du Maroc
Interrogé par Médias24 sur la longueur du processus de certification qui s’éternise depuis le début des forages en 2016, un expert de l’exploration énergétique, requérant l’anonymat, le juge normal.
"Professionnellement, le parcours qui a démarré depuis 2 ans est normal pour être crédible. Les médias devront donc prendre leur mal en patience pour être fixés sur le volume des réserves", affirme notre interlocuteur.
Selon lui, s’ils devaient se confirmer, les chiffres annoncés (4 à 20 MM de gaz extractible voire 8 à 40) constitueraient une vraie première au Maroc.
"Le fait de creuser un nouveau puits s’inscrit dans une logique de découverte liée à un potentiel gazier lucratif. Les sociétés comme SE ne dépensent pas des millions de dollars pour forer un nouveau puits si elles ne croient pas à une découverte importante et si les indices ne se multiplient pas.
"Depuis l’indépendance, il n’y a eu aucune découverte de cette nature, mais il faut rester prudent et attendre les chiffres définitifs qui seront validés (ou pas) par l’ONHYM", conclut notre source qui préfère parler de 1ère découverte "convenable" au Maroc qu’il faut cependant relativiser à l’échelle internationale.
Fidèle à sa prudence, l’ONHYM n’a pas souhaité commenter les chiffres publiés par Sound Energy; mais selon nos sources, la société française de certification embauchée par l’office devrait remettre ses conclusions au courant du mois de juin.
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