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POLITIQUE

Le RNI en conclave à Ouarzazate pour mobiliser l’électorat amazigh

Une dizaine de jours après l’adoption de la loi organique sur l’amazigh, le président du RNI, ancien président de la région Souss Massa Drâa, a réuni son bureau politique et la jeunesse de son parti à Ouarzazate pour mobiliser son électorat à l’horizon 2021. Un début de campagne avant l’heure.

Le RNI en conclave à Ouarzazate pour mobiliser l’électorat amazigh
Samir El Ouardighi
Le 22 juin 2019 à 15h42 | Modifié 10 avril 2021 à 21h23

Plus de deux ans avant le scrutin législatif, le RNI réveille sa machine électorale dans la région Drâa Tafilalet dont les populations locales s’expriment majoritairement en langue amazighe.

En choisissant de réunir les 30 membres de son bureau politique vendredi 21 juin à Ouarzazate, son président a voulu marquer les esprits en fêtant"l’adoption historique" de la loi organique sur l’amazigh dans une des villes de l'ex-région Souss Massa Draâ (devenue Drâa Tafilalet) qu’il avait présidée entre 2003 et 2009.

Le RNI défenseur de l’amazigh, un argument qui fait mouche

Au lendemain de cette réunion, Aziz Akhannouch, accompagné de 3 ministres (Lamia Boutaleb, Rachid Talbi Alami, Moulay Hafid Elalamy), a délivré un discours se voulant mobilisateur auprès de la jeunesse du parti, venue nombreuse dans le palais des congrès de la ville.

Tout en assumant sa participation à la coalition gouvernementale dirigée par le PJD, il a mis en avant la liberté de chaque parti à s’organiser pour gagner le scrutin législatif qui aura lieu en 2021.

Si aucune attaque n’a été lancée contre ses partenaires de la coalition, il n’en demeure pas moins que l’ambiance laissait clairement entendre la volonté du RNI de diriger le prochain gouvernement.

Ainsi, en mettant en avant l’adoption "historique" de la loi organique sur l’amazigh, le message était que le retard de 3 années accusé dans les couloirs du Parlement n’était pas de la responsabilité du RNI.

"Avant 2011, la langue amazighe était un vrai tabou alors que son utilisation doit nous réunir. Le RNI s’est battu pour imposer l’accélération de son adoption au Parlement et aujourd’hui, nous allons poursuivre nos efforts pour sa banalisation", a affirmé le président, longuement acclamé par la salle.

Ouverture du RNI contre fermeture du PJD

Idem pour le blocage de l’adoption de la loi-cadre sur l’enseignement des matières scientifiques en langues étrangères dont chacun des participants aura compris qu’il était imputable à un PJD peu pressé de mettre en pratique le caractère officiel de l’amazigh et de s’ouvrir sur le monde extérieur.

"Comment peut-on se passer de l’enseignement des langues étrangères pour nos jeunes dans une région comme Ouarzazate qui vit surtout du tourisme et des productions cinématographiques ?", s’est interrogé Akhannouch qui a appelé les jeunes à ne pas laisser la place vide par l’abstention.

Visiblement apprécié par les jeunes du parti, l’enfant du pays amazigh n’a pas arrêté de parsemer son discours de l’expression Agharass (sérieux) et d’autres mots en amazigh pour signifier son appartenance à cette région à qui il a promis un développement en cas de victoire électorale.

A la question de savoir si le RNI était déjà en campagne électorale, Said Chbaâtou, élu régional, nous a déclaré que c’était le cas depuis le lendemain du scrutin local et régional de 2015 et du scrutin législatif de 2016.

La jeunesse du RNI, socle de la victoire de 2021

"Depuis 2015, nous avons fait beaucoup de chemin où il n’y avait qu’une centaine de jeunes présents à nos réunions. Aujourd’hui, comme vous pouvez le constater de visu, le palais des congrès est complètement plein ce qui veut dire que le RNI est désormais sur la bonne voie pour 2021.

"Le RNI a l’intention de gagner le prochain rendez-vous législatif et pour cela, nous faisons le pari de la jeunesse et en particulier en commençant à mobiliser dès maintenant celle qui s’abstient de voter.

Objectif, reprendre la région au PJD

"Sachant que cette région compte 17 députés et 2 412 élus régionaux et que le RNI a 5 représentants nationaux et 605 élus locaux, nous comptons bien regagner du terrain aux prochains scrutins.

"La raison est que le PJD qui l’administre depuis 2015 ne travaille pas en bonne intelligence avec ses partenaires. En effet, hormis nos différends idéologiques avec ce parti, nous nous distinguons surtout par une efficacité économique qui leur fait clairement défaut", conclut très optimiste Chbaâtou.

Sachant que le parti de la lampe semble très bien implanté dans la région Draâ Tafilalet, deux années supplémentaires de mobilisation électorale sur place ne semblent donc pas de trop pour que le RNI arrive à son objectif de les déloger.

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Samir El Ouardighi
Le 22 juin 2019 à 15h42

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