Coronavirus. Journées décisives au Maroc
ROUND UP. Ce mardi 3 mars 2020, l'actualité a un seul nom au Maroc, le coronavirus. La confirmation d'un premier cas, survenue la veille au soir, lundi 2 mars, était attendue. Elle n'en jette pas moins une ombre sur la vie quotidienne. C'est maintenant que l'avenir de la situation sanitaire se joue.
L'année 2020 n'est vraiment pas simple. Après la sécheresse, voici le coronavirus. Chacun doit se demander ce qu'il peut faire à son simple niveau plutôt que tout attendre de l'Etat.
Schématiquement, l'ampleur des dégâts du coronavirus au Maroc dépend de la maîtrise des maillons suivants: l'alerte précoce, les mesures prises dès la première confirmation. Ces deux maillons sont essentiels. Tout se joue maintenant. Et le citoyen a un rôle primordial à jouer.
1er maillon: la détection précoce
Nous n'avons aucun moyen de mesurer à ce stade la qualité du système de détection mis en place. Il se situe essentiellement aux frontières, ports et aéroports et cible surtout les voyageurs arrivés d'un pays déjà touché par l'épidémie. Mais l'on savait une chose: le virus allait arriver au Maroc et de ce fait, plus tôt la confirmation aura été faite, et mieux ce sera pour contenir ou empêcher sa propagation. Plus la détection est rapide, et mieux c'est.
2ème maillon: identifier et protéger les "cas contacts"
Le malade hospitalisé depuis hier à l'hôpital Moulay Youssef à Casablanca était arrivé au Maroc fin février, selon notre confrère Hespress. Pendant ces quelques jours, il a été en contact avec des dizaines ou des centaines de personnes. Combien d'entre elles ont été contaminées ? Telle est la question.
Le dispositif marocain de veille et de vigilance a prévu que les "cas contacts", les personnes en contact avec les malades confirmés, soient autant que possible identifiées, sensibilisées, et soumises à deux prises de température quotidiennes pendant 14 jours. En cas d'apparition de symptômes suggérant le Covid-19, ces personnes subissent des analyses.
3e stade: les rassemblements annulés au besoin
Les décisions seront prises au cas par cas. Le premier événement d'envergure annulé l'a été lundi soir: il s'agit du SIAM, à l'origine programmé du 14 au 19 avril à Meknès. D'autres événements pourraient l'être.
4e stade, les mesures extrêmes: confinement, quarantaine, contrôles drastiques aux frontières, plan "orsec"...
Les autorités marocaines n'excluent aucune mesure, y compris les plus extrêmes. Elles préparent un plan pour faire face à une épidémie majeure en cas de besoin, même si elle est à ce stade improbable. En cas d'apparition d'un foyer épidémique (plusieurs cas dans un territoire limité), des mesures de quarantaine et d'isolement de quartiers ou de centres urbains ne sont pas exclues.
La responsabilité de chacun d'entre nous
En marge de la conférence de presse qu'il a donnée lundi en fin de journée, 2 mars 2020, le Chef du gouvernement a recommandé de changer quelques habitudes comme serrer la main ou se faire la bise en guise de salut.
La propagation du virus se fait dans la quasi majorité des cas par le nez, la bouche, les yeux, les mains. Les deux vecteurs physiques essentiels sont l'air et les mains.
Chacun d'entre nous doit se laver fréquemment les mains et en cas d'absence d'eau, utiliser les gels désinfectants. Autant que possible, éviter les contacts par les mains. Car une main qui a été en contact avec le virus et que l'on porte à sa bouche va transporter le virus.
Pour l'air, éviter les espaces confinés et les rassemblements, préférer les espaces aérés.
Le gouvernement dispose actuellement de 12 millions de masques et continue à en acquérir, selon le ministre de la Santé. Des masques seraient distribués en cas de besoin.
Des conséquences économiques au Maroc et dans le monde
Les professionnels du tourisme s'attendent à deux ou trois mois difficiles. Les secteurs du tourisme, du transport, de la restauration, du loisir, souffriront à différents degrés. Les sociétés qui s'approvisionnent à l'étranger, en Chine par exemple, connaîtront des difficultés. La croissance mondiale va baisser, y compris dans les pays clients du Maroc tels que ceux de l'UE. En cas de forte propagation au Maroc, des entreprises basculeront vers le télétravail mais pas toutes. Les usines par exemple ou celles qui sont en contact avec la clientèle, ne le pourront pas.
Une année difficile. Que chacun fasse à son niveau ce qu'il a à faire.
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