Le 15 octobre, le ministère de l’économie et des finances a publié la Situation des Charges et Ressources du Trésor à fin septembre 2020. Le trend est quasi similaire à celui à fin août, mais l’on note une légère atténuation de la baisse des recettes ordinaires et un ralentissement de la hausse des dépenses. Au final, le déficit budgétaire ressort à 42,8 milliards de dirhams à fin septembre, soit 3,7 milliards de dirhams de moins qu’à fin août 2020.
Les recettes fiscales toujours en retrait
Les recettes ordinaires sont en diminution de 8,4% par rapport à l’an dernier, à 166,2 milliards de dirhams. Cependant, les recettes ordinaires étaient en diminution de 8,8% à fin août, ce qui témoigne d’une atténuation de la baisse.
Les recettes fiscales ont baissé de 7,3% par rapport à septembre 2019, à 147,3 milliards de dirhams. Toutes les composantes sont en retrait : Impôts directs (-2,5%), impôts indirects (-10,3%), droits de douanes et droits d'enregistrement et de timbres respectivement en baisse de 6,1% et 20,1%.
Dans les impôts directs, seul les recettes de l’IS connaissent une amélioration de 1% par rapport à fin septembre 2019, soit 375 millions de dirhams de plus. L’IR, quant à lui, accuse une baisse de 5,3% à 30,6 milliards de dirhams. Il a rapporté 1,7 milliard de dirhams de moins qu’à fin septembre 2019.
Les recettes de la TVA chutent de 9,1% et atteignent 40,8 milliards de dirhams. Les TIC sont également en forte diminution de 12,8% à 19,3 milliards de dirhams.
Les recettes non fiscales, quant à elles, sont en chute de 17,1%. Elles s’élèvent à 16,8 milliards de dirhams contre un objectif de 33,67 milliards de dirhams fixé par la loi de finances rectificative. Soit un taux de réalisation d’à peine 50%.
Les dépenses ordinaires en hausse et un déficit toujours très élevé
Les dépenses ordinaires sont en hausse de 5,6%, à 175,5 milliards de dirhams. Elles sont drivées à la hausse par l’augmentation des dépenses en biens et services, en hausse de 7,4% ou 9,7 milliards de dirhams.
Toujours dans le contexte de faible consommation des produits pétroliers et de la baisse des cours du gaz butane, les dépenses liées à la compensation sont en baisse de 5,8%, à 10,5 milliards de dirhams.
Le solde ordinaire reste donc déficitaire de près de 9,3 milliards de dirhams contre un excédent de 15,3 milliards de dirhams l’an dernier. Mais il est à noter que la tendance s’est améliorée légèrement depuis le mois d’août 2020, où le solde ordinaire affichait un déficit de 16 milliards de dirhams.
L’investissement, à fin septembre 2020, est en retrait de 6,7% et atteint 43,9 milliards de dirhams.
In fine, avec la comptabilisation d’un solde de 8 milliards de dirhams dans le fonds de gestion Covid-19, le déficit global à fin septembre 2020 s’accroit de 14,3 milliards de dirhams, soit +50,2%. Le déficit est donc de 42,7 milliards de dirhams. Le ministère indique que « par rapport au mois d’août, ce déficit est en amélioration de 3,7 milliards de dirhams, résultant principalement de l’amélioration du solde ordinaire (+6,7 milliards de dirhams par rapport à août 2020) ».
Hors dons au Fonds Covid, le déficit budgétaire s'élève à 50,8 milliards de DH, en hausse de 78%.
En tous les cas, le déficit budgétaire en tenant compte des opérations en instance, a créé un besoin de financement du Trésor de 48,2 milliards de DH, financé à hauteur de 26,6 milliards de DH par des tirages sur les emprunts extérieurs.