Santé : En grève, les infirmiers réclament leur Ordre
Le personnel infirmier a lancé un programme de protestation qui a débuté par une grève de 48h les 29 et 30 avril, dans l'ensemble des structures publiques de santé, à l'exception des services d'urgences et de réanimation. En voici les raisons.
Les infirmiers sont en colère et le font savoir. Ils ont fait grève pendant 48 heures jeudi et vendredi derniers, dans tous les hôpitaux publics et les centres de soins, à l'exception des services d'urgences et de réanimation. La mobilisation devait se poursuivre le 1er mai, fête du travail, en portant des banderoles du mouvement. Ils annoncent aussi une autre grève les 25 et 26 mai prochains.
Ces actions sont portées par le Mouvement des infirmiers et des techniciens de la santé du Maroc (MITSَAM) et soutenues par plusieurs syndicats.
"Notre grève a rencontré un taux de réussite qui dépasse les 82%", assure la porte-parole du MITSAM, Fatema-Zahra Belline. "Certains centres ont complètement fermés", affirme-t-elle. Cela inclut aussi des centres de la campagne de vaccination anti-covid.
Personne ne peut affirmer si cela a eu un impact sur les objectifs de vaccination du jeudi 29 avril ou vendredi 30 avril. Le ministère a annoncé un bilan de plus de 80.000 vaccinations le jeudi et plus de 75.000 le vendredi, malgré la grève.
Le MITSAM dénonce l'absence de concertation
Le Mouvement des infirmiers et des techniciens de la santé du Maroc explique qu'il est passé à la grève, après avoir épuisé tous les autres recours possibles. "Ce sont les pressions subies et continues qui nous poussent à aller vers la grève. Nous avons travaillé pendant plus d'une année, avec abnégation, sans interruption de travail ou congés, dans des établissements qui manquent d'équipements, de conditions de confort les plus élémentaires. Nous avons supporté tout cela. Après toute l'implication du corps des infirmiers et efforts consentis, le ministère de la santé adopte, sans concertation avec les concernés occupés à gérer la pandémie, des lois qui ébranlent la pratique de notre profession", avance notre interlocutrice.
"Des décrets d'application de la loi 43-13 relative à l'exercice des professions infirmières ont été adoptés et modifiés plusieurs fois pendant la pandémie, sans concertation avec les syndicats et les associations représentant les infirmiers. Ces textes ouvrent la voie à la pratique des professions infirmières dans le secteur privé à des gens qui n'ont rien à avoir avec notre profession, des intrus qui n'ont même pas le bac, juste une formation d'une année", s'insurge Fatima-Zahra Belline qui accuse le ministère de menacer la santé des citoyens.
Pour les infirmiers, permettre à des aide-soignants et des auxiliaires de pratiquer la profession d'infirmiers dans le secteur privé "en toute légalité" ne fera que tirer vers le bas la qualité du personnel et ses compétences.
"Ce n'est qu'une question de temps avant que cela ne soit appliqué aussi dans le secteur public", craint le Mouvement des infirmiers et des techniciens de la santé du Maroc.
Les infirmiers veulent créer leur ordre
Par ailleurs, le MITSAM revendique la création d'un ordre pour la profession. "Depuis 6 ans, nous demandons l'instauration d'un ordre national des infirmiers et techniciens de santé. Cet ordre aura pour mission de contrôler la pratique de la profession. Le ministère retarde délibérément sa mise en place. Il adopte les lois qu'il veut, ainsi quand l'ordre sera créé un jour, il se retrouvera devant une réalité qui ne peut plus changer", accuse le mouvement.
"On ne peut pas laisser passer une réforme qui menace la santé des citoyens. En plus, le décret instaure la tutelle de l'ordre des médecins sur le futur ordre des infirmiers", ajoute Fatima-Zahra Belline. Ce que refuse le MITSAM.
"Avec le système LMD, les professions infirmières sont devenues une science à part entière. Nous avons des compétences qui ont le master et même le doctorat. En plus, les professions infirmières n'ont rien à voir avec la pratique de la médecins. Nous nous interrogeons donc pourquoi la tutelle de l'ordre des médecins?", poursuit-elle.
Ce sont là, les deux principaux reproches de la profession contre le ministère de la Santé et qui motivent le programme de protestation mis en place.
Médias24 a contacté le ministère de la santé à ce sujet, sans obtenir de commentaires.
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