Mogador Hôtels : que comptent faire les Chaâbi de leurs hôtels après fermeture ?
Le groupe Chaâbi explique la décision de fermer neuf de ses établissements hôteliers, mettant du coup 800 salariés au chômage, par l'impact de la pandémie. Mais il dément toute volonté de se désengager du secteur. Réponses de Omar Chaâbi, vice-président du groupe Ynna.
Seuls trois des douze hôtels que compte la chaîne Mogador Hotels & Resorts, appartenant à Ynna Holding (famille Chaâbi) sont encore ouverts. Les neuf autres ont été fermés après le déclenchement de la pandémie.
Il suffit de passer devant les établissements du groupe à Marrakech, où la chaîne Ryad Mogador détient 1.811 clés, pour se rendre compte qu'ils ont baissé le rideau depuis quelque temps déjà ; les alentours de leurs hôtels laissant apparaître les premiers signes de décrépitude.
Au total, la chaîne a fermé les sept hôtels de Marrakech ainsi que le Mogador Al Madina à Agadir et le Mogador Ryad à Essaouira. La fermeture n'est pas récente. Elle date même de plusieurs mois.
"Le désengagement du secteur n'est pas envisagé"
Mais l'information revient au devant de la scène au gré de la rumeur qui entoure cette fermeture et qui se fait insistante. En effet, le marché se fait l'écho de la volonté du groupe Chaâbi de se désengager totalement du secteur de l'hôtellerie. Ce dernier chercherait selon cette rumeur à vendre ces actifs.
Contacté par Médias24, Omar Chaâbi, vice-président de Ynna Group, confirme la fermeture des hôtels, mais dément "toute volonté de désengagement du secteur". "Est-ce une rumeur ou le vœu pieux de certains ?", s’interroge Omar Chaâbi.
"Nous sommes dans l'hôtellerie depuis deux décennies et on nous prête la volonté de nous désengager depuis plusieurs années déjà. Il n'en est rien", assure-t-il.
Fermer un établissement hôtelier est une décision lourde de conséquences pour le groupe et les salariés ; en fermer neuf d'un coup porte un coup au secteur du tourisme dans son ensemble. "En effet, nos hôtels dans les destinations touristiques sont fermés. Ceux qui sont à Casablanca et Tanger opèrent toujours", nous confie-t-il.
La décision de Ynna groupe semble aller à contre-courant. Quand la majorité des grandes chaînes hôtelières ont décidé de tenir bon en attendant des jours meilleurs, le groupe Chaâbi a choisi de renoncer, privant la ville ocre de 18% de sa capacité litière et 800 salariés de leur travail.
Les explications des Chaâbi concernant la fermeture
"Cette fermeture n'est pas une volonté stratégique du groupe, elle est due au contexte de la pandémie. Il n'y a pas de touristes ni de clients. À quoi bon ouvrir les unités ? Pour perdre de l'argent ?", poursuit le vice-président du groupe.
Cette décision a été une pilule dure à avaler pour les employés de la chaîne hôtelière. Plusieurs sit-in de protestation et manifestations ont été organisés devant les hôtels fermés à Marrakech. Omar Chaâbi précise à ce sujet que "les salariés ont été indemnisés".
Pour le vice-président de Ynna Holding, la décision prise par le groupe avait pour objectif de limiter les dégâts et les pertes. "Nous avons compris depuis le début de la pandémie, peut-être avant tout le monde, que la situation allait empirer et nous avons préféré prendre les décisions qui s'imposaient."
"Nous avons tenté la réouverture à plusieurs reprises, mais les conditions n'étaient pas remplies", nous indique-t-il. "En revanche, nos hôtels de Casablanca et Tanger, qui ont un positionnement Business, sont ouverts et opérationnels, car leur clientèle est toujours là."
Notre interlocuteur assure que "la réouverture est prévue, dès que la situation sanitaire le permettra". Si sur le plan stratégique, la décision peut être prise rapidement, il semble difficile de rouvrir des hôtels fermés depuis plusieurs mois en un claquement de doigts.
Même si Omar Chaâbi assure qu'un programme d'entretien a été mis en place pour préserver les actifs et remettre en marche la machine en temps voulu, il faudra redémarrer les hôtels et, surtout, recruter à nouveau. Attirer les bons profils et les mettre en confiance ne sera pas une tâche aisée.
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