Le groupe Renault Maroc présente son bilan 2021
Une performance commerciale freinée par des problèmes d’approvisionnement, et une production industrielle bridée par la crise des semi-conducteurs et l’atonie du marché européen : tel est le bilan du groupe Renault Maroc pour l’année sortante.
Quelques jours après sa maison mère, c’est au tour du Groupe Renault Maroc de livrer son bilan pour l’année 2021. Une année particulière au cours de laquelle la filiale du constructeur français a dû, comme la majorité de ses concurrents, composer avec la crise des semi-conducteurs qui a eu des conséquences autant sur le plan commercial qu’industriel.
Une part de marché de 40%
Sur le plan commercial, le bilan est nuancé. Si les deux marques du groupe sont parvenues à maintenir une part de marché cumulée d'environ 40%, et à placer 7 modèles dans le top 10 des ventes, leur progression a été, en 2021, inférieure à celle du marché marocain dans son ensemble (+5,7% par rapport à 2019).
Sans surprise, Dacia a conservé le rôle de locomotive, s’adjugeant 26% de parts de marché, avec 46.044 unités écoulées (voitures particulières et véhicules utilitaires légers). Un volume en stagnation par rapport à l’année 2019, mais qui permet toutefois à la marque franco-roumaine de rester largement en tête des ventes.
Celles de son dauphin et “grand frère” Renault se sont, quant à elles, repliées de 2,3%, à 23.677 unités. Ce léger recul est un tribut payé à la crise des semi-conducteurs, à l’origine d’une perturbation des stocks, notamment ceux du Captur et de la Clio.
En 2022, le groupe Renault Maroc compte relancer la machine avec quelques nouveautés. Chez Renault, la gamme accueillera l’Arkana, un SUV-coupé compact qui sera le premier modèle à motorisation hybride du Losange à débarquer sur notre marché. Et c’est la Spring, premier véhicule 100% électrique de la marque Dacia, qui sera commercialisée chez nous au second semestre 2022.
Industrie : le spectre de la pénurie des composants
En toute logique, la pénurie des composants électroniques a eu des effets encore plus marquants sur le volet industriel, causant plusieurs interruptions d’activité dans les deux sites de Tanger et de Casablanca. Résultat : la production totale du groupe Renault Maroc a atteint 303.591 véhicules, certes en hausse de 9,5% par rapport à l’exercice 2020, mais bien en-dessous du chiffre record de 394.902 véhicules enregistré en 2019.
Sur ce total, 230.002 véhicules ont quitté les chaînes de l’usine de Tanger en 2021 (contre 209.769 unités en 2020, et 303.558 en 2019). L’atonie du marché européen, destination à l’export de 90% de sa production, est également pour beaucoup dans cette relative contre-performance… bien que la Dacia Sandero, construite au Maroc, y ait décroché la place de n° 1 des ventes aux particuliers.
L’usine Somaca de Casablanca a aussi pâti de la conjoncture internationale, avec une production de 73.589 véhicules, volume à peine supérieur à celui de 2020 (67.705 unités), mais bien en deçà des 91.344 unités produites en 2019.
Pour autant, il existe des motifs de satisfaction pour le Groupe Renault Maroc au chapitre industriel. L’entité, qui a réalisé un ambitieux programme de modernisation de ses deux usines, dépasse désormais un taux d’intégration locale de 60%. Et malgré des chiffres en recul par rapport à 2019, les usines marocaines sont confortablement installées dans le top 5 des structures industrielles de Renault Group dans le monde, assurant 11% de sa production mondiale en 2021.
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