Face aux grandes régions “sinistrées” avant terme, le ministère prépare des plans de sauvegarde
Le secteur agricole traverse une crise jamais connue depuis une quarantaine d’années. Les mesures gouvernementales n’interviendront probablement pas avant les premières semaines du mois de mars.
Cette année, la crise s’est révélée plus précoce que d’habitude. A la forte baisse des réserves du Barrage Al Massira (le taux de remplissage est à 6,70%), s’ajoute le retrait de la nappe phréatique qui a atteint la côte d’alarme, constate une source autorisée auprès de la Direction régionale de l’agriculture de la région de Casablanca-Settat.
Cette région, qui s’érige en grenier du Maroc, s’était abstenue de programmer des cultures irrigables à partir des eaux des barrages. Ceci, même pour ce qui est du maraîchage et des cultures sucrières. Tout l’espoir d’un éventuel apport hydrique était fondé sur la nappe phréatique. Mais faute d’une saison hivernale pluvieuse, le niveau de la nappe s’est lui aussi fortement dégradé.
D’autres régions également touchées
Et la région ne fait pas exception. D’autres régions d’importance agricole affrontent également les méfaits de la sécheresse. C’est particulièrement le cas de Fès-Saïs, du Haouz-Tensift, du Tadla-Azilal et de l’Oriental.
Face à la disette qui se précise de jour en jour, le ministère de l’Agriculture opère un suivi permanent avec ses services extérieurs. Selon nos informations, la tutelle tient entre deux et trois réunions par semaine avec ses directions régionales, directions de la production végétale, directions provinciales et Offices régionaux de mise en valeur agricole.
L’objectif est de préparer et de déployer un plan de sauvetage de l’élevage. L’option d’activer, de manière précoce, des mesures d’indemnisation des agriculteurs sinistrés par l’assurance agricole multirisque, est aussi à l’ordre du jour.
Dans ce cas, pas moins de 1 million d’hectares de céréaliculture ont été souscrits cette année.
Le marché de l’orge en proie à une surenchère
Quant au plan de sauvegarde du cheptel, des avis d’appel d’offres pour l’acquisition de l’orge subventionnée ont été lancés, pour la plupart depuis le 8 février. Une semaine après, l’engouement des organismes stockeurs ne semble pas au rendez-vous.
En cause, la surenchère qui caractérise actuellement le marché de cette céréale. Selon diverses sources, le prix du quintal de l’orge avoisine actuellement les 600 dirhams, contre moins de 400 en octobre 2021. Et la même tendance à la hausse s’est également emparée des autres composantes de l’aliment du bétail comme le son et la paille.
De plus, le recours à l’importation paraît difficile à opérer du fait de la conjoncture internationale.
L’espoir des pluies printanières
Face à cette situation, tout prête à croire que si célérité sera donnée aux mesures à prendre par le gouvernement en faveur du monde agricole, elles n’interviendront pas avant la fin de la première décade du mois de mars prochain.
En attendant, l’espoir reste encore fondé sur les pluies du printemps. A défaut, les cultures de cette saison seront également compromises, s’inquiètent des milieux agricoles.
Pour le moment, aucune annonce quant au lancement du programme de ces cultures, en particulier les maraîchages et les oléagineux, n’a été avancée. Mais certaines régions, notamment le Gharb et le Nord (Larache, Tanger, Tétouan), vont probablement déployer leur programme ; ces dernières ayant enregistré une pluviométrie proche de la normale avec une réserve des barrages jugée satisfaisante.
En témoigne d’ailleurs la campagne des petits fruits rouges qui évolue favorablement dans le Loukkos et celle de la betterave à sucre dans le Gharb.
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