Les explications de Abdellatif Miraoui sur l’abandon de la réforme du bachelor
Visant une réforme plus globale, le ministre de l’Enseignement supérieur Abdellatif Miraoui lance un processus de consultation et de concertation avec les parties prenantes pour élaborer un plan pour son département à l’horizon 2030.
Le gouvernement a abandonné la réforme du bachelor qui consistait à renouer avec la licence en 4 ans. Les bachelors ouverts au titre de l’année 2021-2022, qui comptent 23.367 étudiants inscrits, ont été transférés ou transformés en licences professionnelles d’excellence, ou encore ont basculé vers des licences normales, explique Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, contacté par Médias24.
"Ce débat est derrière nous. Aucun étudiant ne sort perdant ; tout ce qu’ils ont fait est comptabilisé. On a désormais réglé tout le problème à l’échelle nationale", affirme le ministre.
La vision pour le système du bachelor était incomplète
D’après lui, la réforme entamée n’était pas globale ; elle manquait notamment de visibilité sur l’après 4 ans du bachelor. Des questions étaient en suspens, notamment celles relatives au master. "Sera-t-il étalé sur un ou deux ans ? Si un étudiant choisit de le faire en deux ans, son diplôme sera-t-il accepté par le monde socio-économique, par les administrations publiques ? Ces questions n’ont pas été traitées. Lorsque j’ai posé la question au ministère, les présidents d’université ne parvenaient pas à se mettre d’accord."
D’autre part, selon le ministre, les bachelors ouverts jusqu’à présent l’ont été dans l’illégalité car il n’y avait encore ni décret, ni cahier des normes pédagogiques nationales (CNPN). Mais le plus décisif dans cette décision gouvernementale a été l’avis défavorable prononcé par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, saisi par l’ancien gouvernement sur la question.
Le ministre estime qu’"inclure davantage de modules de langues et de soft skills dans les formations est, en soi, une bonne chose, mais qui peut tout à fait être réalisée dans le cadre du système LMD (licence, master, doctorat). "Preuve en est, c’est que j’ai introduit ces modules dans tous les masters de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech avant que je la quitte", signale-t-il.
Un plan d’accélération de la transformation de l’écosystème à l’horizon 2030
Par ailleurs, Abdellatif Miraoui considère que le Maroc n’est pas allé jusqu’au bout, non plus, de la réforme LMD. Pour lui, le système LMD ne se résume pas à une division en nombre d’années. C’est la raison pour laquelle il veut préparer un plan de réformes plus globales, qu’il a appelé le "plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation".
Il s’agira d’un plan sectoriel pour son département à l’horizon 2030, mais Abdellatif Miraoui veut, avant tout, remporter l’adhésion du monde académique et des autres parties prenantes (entreprises, administrations publiques, régions, société civile, etc.). La préparation de ce plan se fera donc à travers un processus de consultation et de concertation.
"On essaie de construire avec tout le monde. Il faut que l’on parvienne, pour une fois, à réaliser un véritable projet maroco-marocain. Le débat est en cours, les assises régionales sont en train d’être préparées. Je veux que les forces vives du terrain partagent leurs idées et qu’elles puissent soumettre des propositions", déclare-t-il à Médias24.
Ces consultations prendront également en compte les recommandations de la Commission spéciale sur le nouveau modèle de développement et celles du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.
"Il faut qu’on y aille doucement pour embarquer toutes les forces vives et aboutir à quelque chose qui puisse convenir à notre pays et à sa jeunesse", conclut le ministre.
à lire aussi
Article : Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume
Reliant Marrakech à Ouarzazate, le tunnel de l’Ourika figure parmi les projets d’infrastructure les plus stratégiques du Maroc contemporain. Mais malgré les nombreuses relances, aucun calendrier de réalisation clair n’a encore vu le jour, alors que les études de faisabilité restent suspendues au creusement d’une galerie de reconnaissance. Le point sur un chantier à 10 milliards de DH, au croisement d’enjeux techniques, économiques et territoriaux.
Article : Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)
Cinq ans après le lancement du Nouveau Modèle de développement (NMD), le Maroc avance, mais pas encore au rythme requis. Les réformes engagées améliorent la trajectoire, sans suffire à atteindre les objectifs fixés pour 2035. Pour rattraper cette échéance, le pays doit combiner des marchés plus efficaces, des entreprises plus dynamiques et un investissement public mieux ciblé. Il doit aussi mieux intégrer les femmes et les jeunes au marché du travail.
Article : Un droit de réponse de Setrat à Médias24
À la suite de notre article du 2 avril 2026 sur le redressement judiciaire de Setrat, la société nous a adressé un droit de réponse que nous publions ci-dessous.
Article : Élection CGEM. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri dévoilent leur programme avant l'AG élective du 14 mai 2026
À quelques jours de l'assemblée générale élective, les deux candidats à la présidence et à la vice-présidence générale de la CGEM ont présenté un programme articulé autour de l'environnement des affaires, de la souveraineté productive, de l'innovation, du rayonnement international et des synergies internes. Ils portent l'ambition de faire passer la Confédération d'un rôle de plaidoyer à celui de la réalisation et de l'impact.
Article : Coupe du monde 2026. Soufiane Benjdida, un sacré candidat
Meilleur buteur de la Botola Pro, l’attaquant du Maghreb Association Sportive de Fès est impliqué dans plus de la moitié des réalisations de son équipe. Grâce à un ratio qui frise le but par match, l’attaquant met toutes les chances de son côté afin de participer au Mondial 2026. D’autant que ses concurrents ne sont pas dans la forme de leur vie.
Article : Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun
Réunis séparément le dimanche 10 mai à Casablanca et à Mohammédia, les deux conseils nationaux ont validé des candidatures communes et une répartition des circonscriptions, quatre ans après les divisions de 2021.