Témoignages et recommandations pour investir en Afrique (webinaire)
Lors d’un webinaire organisé par la Société financière internationale, des investisseurs marocains à l’étranger ont témoigné des difficultés qu’ils ont rencontrées, notamment sur le continent africain, et ont formulé plusieurs recommandations.
L’Afrique, qui s’accapare près des deux tiers des investissements directs marocains à l’étranger en 2020 (7,8 milliards de dirhams), à hauteur de 67,6% contre 49,4% en 2018, confirme son pouvoir d’attraction économique grandissant.
Ce constat, chiffres à l’appui, a été établi par Driss Benchikh, secrétaire général de l’Office des changes, lors d’un webinaire organisé mardi 22 février par la Société financière internationale (IFC), en partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), placé sous le thème : « Investissements directs marocains à l’étranger : quelles pistes de croissance ? ».
Plusieurs investisseurs marocains ayant investi dans d’autres pays d’Afrique décrivent cette expérience comme riche en enseignements, malgré de nombreux écueils à surmonter.
Si en Europe, les investisseurs marocains sont confrontés à des difficultés en termes d’accessibilité aux financements et de droits sociaux, ainsi qu’à un marché industriel en perte de vitesse, en Afrique, les financements sont plus accessibles et les marchés dynamiques.
En revanche, l’une des difficultés rencontrées par les investisseurs étrangers au Maroc réside dans les réglementations. Celles-ci régissent les relations entre un opérateur étranger et les autorités publiques de l’Etat sur le territoire où il cherche à investir. L’ensemble des intervenants se sont ainsi accordés sur l’importance "d’être bien accompagné et vigilant quant aux réglementations. Et surtout, d’avoir l’aval des régulateurs locaux en leur expliquant préalablement le business model".
Investir sur le continent africain, c’est aussi s’aventurer dans un environnement méconnu auquel il faut donc s’adapter. "Transférer les méthodes de travail du Maroc vers le pays où l’on investit peut être une erreur", a prévenu Salaheddine Kadmiri, président-directeur général (PDG) de Schiele Maroc, une entreprise spécialisée dans l’intégration de solutions électriques et de télécommunications, présente dans huit pays africains dont le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire.
Par ailleurs, l’adaptation de l’entreprise au contexte local est fortement tributaire du choix des salariés. Samira Khamlichi, experte internationale en finance inclusive, paiement mobile et transformation digitale, affirme quant à elle qu’il ne faut pas "hésiter à former localement car ce sont les compétences locales qui, mieux que personne, connaissent leur pays et ont donc la capacité à développer la société qu’elles ont entre les mains".
Former localement est donc essentiel à la réussite d’un investissement en Afrique, sans pour autant oublier de brasser les ressources humaines locales avec celles marocaines, même à distance. "Le brassage permet aux équipes de se faire confiance mutuellement afin de pouvoir avancer ensemble", assure Samira Khamlichi, par ailleurs ex-PDG de Wafa Cash, une entreprise présente dans de nombreux pays africains.
Elle rappelle également qu’il est impératif de "constituer un réseau et de répondre au besoin du consommateur en lui apportant de la nouveauté".
Une ambition fortement dépendante du savoir-faire de l’investisseur. "Il faut maîtriser l’activité dans notre pays avant d’investir à l’étranger", rappelle Salaheddine Kadmiri. Et de conclure : "Autrement, il est impossible de développer notre activité et d’apporter de la valeur ajoutée au consommateur."
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