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Casablanca. Lydec dévoile son plan d’action anti-sécheresse

Ce plan d’action vise à gérer la pénurie d’eau dans le périmètre du Grand Casablanca. Il s’articule autour de la sécurisation de l’alimentation en eau potable, la réduction des pertes et la réutilisation des eaux usées. En voici les détails.

Casablanca. Lydec dévoile son plan d’action anti-sécheresse
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Le 23 mars 2022 à 9h31 | Modifié 23 mars 2022 à 17h52

En raison du stress hydrique critique au niveau de nombreux bassins hydrauliques du Royaume, le ministère de l’Intérieur a appelé tous les distributeurs nationaux d’eau potable à mettre en œuvre les actions nécessaires pour une gestion rationnelle des ressources en eau disponibles.

Dans ce cadre, Lydec dévoile ce mercredi 23 mars "un plan d’action articulé selon trois seuils de surveillance (vigilance, alerte et crise). Il vise à "gérer au mieux les situations de déficit des ressources en eau dans le périmètre de la gestion déléguée, liées notamment à l’insuffisance des précipitations".

Sécuriser l’alimentation en eau potable du Grand Casablanca

La situation hydrique au niveau du bassin de l’Oum Er-Rbia est très critique compte tenu du faible taux de remplissage des barrages ; notamment celui d'Al Massira qui enregistre 6,5%, selon les derniers chiffres de la Direction générale de l’eau relevant du ministère de l’Équipement.

En 2020, Lydec a signé une convention de partenariat pour financer et réaliser le projet de renforcement de l’alimentation en eau potable du Grand Casablanca via les adductions Bouregreg, en substitution d’une partie des eaux en provenance de l’Oum Er-Rbia. L’objectif est d’éviter de compromettre l’approvisionnement en eau potable de la zone Sud, desservie par ce bassin (Marrakech et sa région).

Dans le cadre de ce projet, financé intégralement par l’Etat, Lydec s’est engagée à réaliser une station de pompage d’une capacité de 1.000 litres/seconde et une conduite de refoulement entre le site "Médiouna 140" et "Merchich 240".

L’objectif est de sécuriser l’alimentation en eau potable de la zone Sud du périmètre de la gestion déléguée, qui connaît une expansion urbaine très importante (communes de Bouskoura, Ouled Saleh, Médiouna, El Mejjatia Ouled Taleb, Lahraouiyine).

Les travaux consistent à transférer l’eau potable à partir des installations existantes de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) vers les réservoirs de stockage d’eau gérés par Lydec et alimentant la zone Sud de Casablanca. Ils se déroulent aujourd’hui en deux tranches, l’une confiée à l’ONEE, et l’autre à Lydec.

Les travaux de Lydec, dont le coût s’élève à 133 millions de dirhams TTC, sont en cours de finalisation. La mise en service est prévue dans les prochains jours.

Cette liaison hydraulique permettra de transférer vers Casablanca deux volumes : un premier de 80 millions de m3 par an lors d’une première phase, dont la mise en service est prévue progressivement à partir de mars 2022, et un second de 126 millions de m3 par an lors d’une seconde phase, avec une mise en service progressive à partir de décembre 2022.

Lire aussi : Comment Casablanca sécurise totalement son eau potable dès ce mois de mars

Réduire les pertes en eau à travers la détection et la réparation des fuites

Pour optimiser le rendement et la performance de son réseau de distribution d’eau potable, Lydec agit notamment sur la limitation des fuites d’eau, en s’appuyant sur l’augmentation de la capacité de recherche des fuites. Cela se fait à travers le renforcement des équipes dédiées à cette opération et du parc des détecteurs acoustiques fixes des fuites (2.200 détecteurs). Parmi les techniques et technologies utilisées, la modulation de pression, les détections de fuite par gaz traceur, par imagerie satellite ou par des capteurs immergés intelligents.

En 2021, Lydec a 'écouté' environ 18.000 km de réseaux lors des opérations d’inspection nocturne. Au total, 16.700 fuites d’eau au niveau des conduites, des branchements et des postes de comptage ont été détectées et réparées. Ces opérations ont permis d’économiser plus de 10 millions de m3 d’eau potable l’année dernière, et plus de 74 millions de m3 d’eau par rapport à 1997, soit le volume annuel nécessaire à plus de 1,2 million d’habitants.

Les autres actions menées concernent :

- le renouvellement du patrimoine, en particulier les réseaux dégradés en fonte grise ;

- la maintenance et l’exploitation rigoureuse de la sectorisation périodique existante, à travers :

- la vérification de l’étanchéité des secteurs hydrauliques et la mesure des pertes sur des mailles de 8 km de réseaux ;

- l’optimisation en continu des consignes de pression au niveau de tous les étages.

Par ailleurs, Lydec s’attèle à la détection des pertes dues au sous-comptage et aux fraudes. Grâce aux campagnes de détection des fraudes et de changement des compteurs bloqués, menées en 2021, Lydec a économisé 1,8 million de m3 d’eau.

Réutiliser les eaux usées dans l’arrosage des espaces verts

La troisième partie du plan d’actions de Lydec consiste à réutiliser les eaux dans les process au niveau des ouvrages d’épuration, ainsi que pour l’arrosage des espaces verts.

Un projet est aujourd’hui en cours de concrétisation entre Lydec et la commune de Médiouna. Il consiste à utiliser les eaux épurées de la STEP (environ 500 m3/j sur les 3.500 m3 produits par la station) dans l’arrosage de tous les espaces verts de Médiouna.

Par ailleurs, Lydec a mis à la disposition des autorités ses moyens d’étude, au service d’un programme de réutilisation des eaux usées traitées par les stations d’épuration pour l’arrosage des espaces verts de Casablanca, y compris ses golfs.

Il s’agit notamment des parcs situés au niveau de la promenade maritime de la mosquée Hassan II, du parc de la Ligue arabe, du parc de l’AUDA, des espaces végétalisés de l’autoroute urbaine de Casablanca, des golfs d’Anfa et de Mohammédia et des terrains de football. Les montages financiers nécessaires à la mise en œuvre de ces projets sont en cours de définition.

Par ailleurs, Lydec mène régulièrement des campagnes de sensibilisation à la maîtrise des consommations. Elle incite aussi ses clients à adopter des éco-gestes au quotidien. Des actions sont également menées par les directions préfectorales de Lydec au profit des associations de quartier, dont des rencontres de sensibilisation et des visites de chantier.

D’où vient l’eau que nous consommons ?

Dans sa communication, Lydec donne un aperçu de l’origine de l’eau distribuée dans le Grand Casablanca.

En 2021, Lydec a distribué plus de 219 millions de m3 d’eau potable. La consommation journalière dans le Grand Casablanca, qui se situe entre 500.000 et 730.000 m3, montre des écarts entre les moyennes mensuelles.

Les débits de pointe et les besoins mensuels en eau sont particulièrement élevés entre les mois d’avril et d’octobre. Le débit de pointe constaté en 2021 est de 714.162 m3/j. Il coïncide souvent avec le jour de l’Aïd Al-Adha.

L’eau potable du Grand Casablanca provient de deux sources principales (eaux superficielles) :

- le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah sur Oued Bouregreg (107 millions de m3 en 2021) ;

- les barrages Daourat et Sidi Saïd Maâchou situés sur Oued Oum Er-Rbia (109 millions de m3 en 2021).

Un apport minoritaire (inférieur à 1%) est effectué depuis deux zones de captage à Tit Mellil et Sidi Moussa Ben Ali (2 millions de m3 en 2021).

L’eau retenue dans les barrages passe par des usines de traitement afin de devenir potable. Ce processus comporte plusieurs étapes (dégrillage, décantation, filtration et désinfection) assurées par les producteurs d’eau potable, l’ONEE et la Société des Eaux de l’Oum Er-Rbia (SEOER).

L’eau potable est ensuite transportée et stockée dans les réservoirs de Lydec, puis contrôlée à nouveau avant d’être distribuée aux habitants.

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Le 23 mars 2022 à 9h31

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