Dacia : la leçon d’économies
Pour construire des voitures aux prix ultra-compétitifs, Dacia s’appuie sur sa maîtrise obsessionnelle des coûts. Et celle-ci passe aussi par l’ingénierie et la logique du "design to cost". Illustration sur le Dacia Jogger, dernier-né de la marque.
Depuis quelques mois, Dacia s’est engagée dans une progressive mue : entre un logo réinventé, une gamme renouvelée et des points de vente bientôt repensés, la marque roumaine veut se débarrasser de l’image “low-cost” qui lui colle aux basques depuis sa naissance.
L’anglicisme est d’ailleurs honni chez les communicants du constructeur, qui préfèrent parler d’achat intelligent, de technologie utile ou d’offre répondant aux besoins réels du consommateur.
Pour autant, le crédo initial de Dacia ne change pas : il s’agit toujours de proposer des produits aux rapport prix-prestations imbattable, en s’appuyant sur une maîtrise obsessionnelle des coûts. Cette dernière passe par une organisation industrielle spécifique, mais aussi par les préceptes du “design to cost”, consistant à assujettir la conception de chaque modèle à l’impératif du coût.
Une démarche élégamment rebaptisée “Smart Engineering” et explicitée via un webinaire par Marc Suss, directeur de l’ingénierie de Dacia, et Lionel Jaillet, son directeur produit.
Une démonstration de “Smart engineering”
“Nos clients ne veulent pas payer des équipements qu’ils n’utilisent pas. Nous préférons répondre à leurs besoins essentiels, plutôt qu’aux souhaits de nos ingénieurs qui seraient tentés par la course à la technologie”, annonce d’emblée Marc Suss. Comprendre : ces derniers ont pour consigne de “faire plus avec moins”, d’optimiser la genèse des modèles avec des solutions techniques moins chères, permettant de comprimer le prix final.
Pour illustrer le propos, Marc Suss s’est livré à une démonstration détaillée sur le Jogger, dernier-né de la gamme (dont la commercialisation au Maroc n’est pas encore décidée). Pour la conception de ce break 7-places aux faux airs de SUV, différents choix techniques ont été faits pour contenir les coûts. Ainsi, si le Jogger emprunte la plateforme (rallongée) de la Sandero, il se devait d’offrir une hauteur supérieure aux places arrière.
Pas question toutefois de revoir intégralement la carrosserie : la partie avant de la Sandero Stepway est reprise telle quelle jusqu’au montant central, où les designers ont crayonné un décroché au niveau du pavillon. Dans le même ordre d’idées, le mobilier intérieur et la planche de bord sont empruntés à la Sandero, alors que la troisième rangée de sièges est celle du monospace Lodgy. Quant aux feux arrière, spécifiques au Jogger, ils optent pour un dessin vertical et monobloc, plutôt qu’en largeur et en deux parties, une option autrement plus dispendieuse.
Et comme il n’y a pas de petites économies, la ligne d’échappement a été raccourcie de moitié, et de simples stickers noirs font office de protection sur les portières. Enfin, au rayon des astuces pratiques, on citera les barres de toit longitudinales qui se transforment après quelques manipulations en galerie de toit.
Frugal, plutôt que “low-cost”
Toutefois, “Smart engineering” ne signifie pas dépouillement. Il est loin le temps de la première Logan, de ses lignes taillées à la serpe, de son équipement ascétique et de sa technologie minimaliste : les Dacia actuellement ne sont plus des voitures au design ingrat et au confort spartiate, qui s’attachent moins à séduire qu’à convaincre par leur prix.
“Les attentes du marché ont beaucoup évolué. Des équipements comme la climatisation ou les lève-vitres électriques sont devenus incontournables, argumente Lionel Jaillet, directeur de produit. Nous voulons donner à nos clients un design plus valorisant et une vraie fierté de posséder une Dacia”. Et au passage, remplacer, dans le dictionnaire de la marque, le terme “low-cost” par des mots comme “frugalité” et “simplicité”, davantage dans l’air du temps.
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