La crise de l'apprentissage au menu des Assises du développement humain
Pas de développement sans un apprentissage qualitatif, c'est le maître-mot de la 2e édition des Assises nationales du développement humain.
- L'INDH plaide pour un apprentissage de qualité.
- Les lacunes de nos élèves révélées par les tests nationaux et internationaux.
- L'approche indienne (TARL) comme modèle.
“Deux enfants sur trois sont incapables de lire et de comprendre un texte simple à l'âge de 10 ans.” Cette donnée résume “la crise des apprentissages” au Maroc, sujet au cœur des Assises nationales du développement humain. Sa 2e édition se tient ce lundi 19 septembre à Skhirat.
Une “thématique importante et urgente”, insiste-t-on du côté l'initiative nationale de développement humain (INDH), à l'initiative de l'évènement. L'objectif est de mobiliser les acteurs concernés autour d'une problématique “mondiale”, qui suscite particulièrement des “inquiétudes” au Maroc où elle constitue “un sérieux frein” au développement.
“Les performances des élèves marocains dans les différents tests internationaux et nationaux (PISA, TIMSS, PIRLS, PNEA...) révèlent que les apprentissages dans le système éducatif actuel ne sont pas assimilés par les enfants. A titre d'exemple, chez de nombreux élèves, la lecture, même apparemment acquise, n'est ainsi pas accompagnée d'une compréhension de ce qui est déchiffré”, rappelle l'INDH.
Le contexte d'urgence est accru par le phénomène de décrochage scolaire : 331.000 enfants sont concernés en 2020-2021, chiffre en lien avec la situation pandémique et la fermeture des écoles. Un épisode qui affecte particulièrement les franges sociales vulnérables, l'enseignement à distance n'étant pas à la portée de tous.
Abandon scolaire et crise d'apprentissage vont de pair. Ils symbolisent les “difficultés accumulées par les élèves durant les premières années du primaire”, notamment dans l'acquisition des compétences de base.
“Quand on considère le taux de décrochage des élèves qui passent le cycle primaire au collégial, on se trouve face à un taux qui frôle les 70%. La pandémie a accentué ce taux. Les efforts fournis par le ministère [de l'Education] pour récupérer et rescolariser ces élèves dans le cadre de l'éducation non formelle n'a pas abouti à des résultats satisfaisants”, indique Mustapha Chidali, inspecteur de l'enseignement primaire.
L'approche TARL, le modèle miracle ?
La pandémie n'est qu'un facteur aggravant. Le mal est bien plus profond. Il questionne “nos méthodes d'enseignement”, selon Mustapha Chidali, qui s'interroge : “Pourquoi les difficultés d'apprentissage persistent-elles alors que le temps alloué à leur remédiation est assez large ?”
Pour redresser la barre, INDH et ministère de l'Education s'allient en misant sur un mécanisme importé d'Inde, dit la méthode TARL (Teaching at the Right Level). Développé par la Fondation indienne Pratham, cette démarche permet “d’enseigner au bon niveau”. Elle vise à aider les “enfants du cycle primaire en difficulté à lire tout en comprenant ce qu’ils lisent (littératie), à écrire et s’exprimer, et à acquérir les notions de base du calcul (numératie)”.
En substance, TARL introduit une approche disruptive basée sur le jeu et les échanges pour soutenir l’élève dans l’apprentissage de ces compétences de base. L’enseignant joue un rôle de personne-ressource qui anime le groupe plus qu’il ne dispense un savoir.
L'approche a fait ses preuves en Inde, qui compte plus de 200 millions d'enfants, et où l'on a réussi à maintenir “depuis quinze ans” à près de 95% le taux de scolarisation, témoigne le Dr Rukmini Banerji, CEO de la Fondation Pratham.
Au Maroc, TARL a entamé sa phase d'expérimentation qui “se déroule dans de bonnes conditions”, assure Mustapha Chidali. Cette bonne dynamique incite à une “généralisation progressive” espérée dès janvier 2023, avec comme perspective la formation de 5.000 enseignants (contre 600 actuellement) pour 100.000 élèves bénéficiaires, contre 12.000 durant cette étape pilote.
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