La rentrée universitaire marquée par les premières réformes de Miraoui
Abdellatif Miraoui engage ses premières réformes de l’enseignement supérieur au titre de la nouvelle année universitaire.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation a présenté, ce mardi 20 septembre en conférence de presse, les nouveautés de la rentrée universitaire 2022-2023, notamment les premières réformes qui seront lancées ou engagées dès cette année.
Ces réformes se basent sur le Plan d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation (PACTE ESRI 2030). S’il n’est toujours pas officiellement acté, dans l’attente des assises nationales, les mesures les plus prioritaires devront néanmoins pouvoir être mises en place.
Ce plan se traduira à travers la réforme de la loi n°01-00, qui devra intervenir dans les prochains mois. Elle fait actuellement l’objet de quelques dernières retouches avant d’être partagée avec les parties prenantes, selon le ministre.
Le renforcement des compétences linguistiques et numériques
Le renforcement des compétences linguistiques, notamment de l’anglais, figure parmi les principales composantes de la nouvelle réforme. Ainsi, plus de 12.500 étudiants suivront au moins un module en anglais pendant cette année universitaire, selon le ministre.
Plus de 12.000 tests linguistiques ont été passés en ce mois de septembre dans les différentes universités. Ce type de test deviendra obligatoire afin d’évaluer le niveau de l’étudiant dès son entrée à l’université, et ainsi adapter le programme d’apprentissage à son niveau.
Cette décision intervient dans l’optique de rendre obligatoire la certification linguistique, selon les filières, en vue de l’obtention du diplôme. Les nouveaux licenciés devront absolument atteindre un niveau B1 en anglais et B2 dans la langue d’enseignement, a déclaré Abdellatif Miraoui.
Plusieurs plateformes numériques spécialisées et reconnues sont actuellement en phase d’expérimentation dans trois universités. Le but est d’en sélectionner une, en coordination avec le ministère de l’Education nationale, pour adopter la même solution, afin d’assurer une cohérence et une fluidité au moment du passage entre les différents cycles.
Quant à l’enseignement des langues, le ministère de l’Enseignement supérieur privilégie un système pédagogique mixte, à hauteur de 30% en présentiel et de 70% en distanciel, par le biais des canaux digitaux.
Il en va de même pour les compétences numériques. Le ministère veut en effet élargir la certification dans un certain nombre de programmes, notamment ceux de Microsoft, Cisco, Oracle et Huawei. L’objectif est d’atteindre 100.000 étudiants certifiés à l’horizon 2026.
Comme pour les langues, des plateformes de e-learning seront utilisées pour assurer un apprentissage mixte. Le ministère prévoit également de construire plusieurs écoles de coding, baptisées “Code 212”, auxquelles les étudiants auront un accès libres. Elles adopteront une pédagogie d’apprentissage peer-to-peer (ou pair-à-pair, un système de communication entre plusieurs ordinateurs reliés à une connexion internet, sans nécessité de passer par un serveur central).
Le nouveau statut des enseignants-chercheurs en passe d’être adopté
Concernant le nouveau statut de l’enseignant-chercheur, Abdellatif Miraoui a fait savoir qu’il sera annoncé dans les prochains jours. Des réunions sont prévues avec les syndicats pour en finaliser les contours.
Le ministère de l’Enseignement supérieur prévoit de recruter près de 2.350 personnes cette année, dont 1.300 postes pour l’encadrement administratif et pédagogique, conformément au projet de loi de finances 2023. Parmi ces postes budgétaires, 750 seront destinés à la formation dans les sciences de l’éducation et la médecine. Cette répartition intervient en application des conventions signées avec les ministères de la Santé et de l’Education nationale. Ce nombre s’ajoute aux 800 postes budgétaires alloués au recrutement des enseignants-chercheurs. La nouveauté de cette année est la suppression de la transformation des postes. Autrement dit, il n’y aura plus de postes réservés exclusivement aux fonctionnaires.
Par ailleurs, une plateforme numérique nationale pour le recrutement sera bientôt créée. Elle deviendra un passage obligé pour tous les établissements d’enseignement supérieur publics, dans le but de faciliter la construction d’un système de recrutement basé sur le mérite et la transparence, a déclaré Abdellatif Miraoui.
Multiplier les partenariats sectoriels
Le ministère prévoit également d’atteindre les objectifs du PACTE ESRI 2030 à travers des conventions de partenariats sectoriels, à l’instar de celles signées avec les ministères de la Justice, de l’Education nationale et de la Santé.
Ces partenariats se sont traduits cette année par la multiplication des capacités d’accueil, notamment pour accompagner les secteurs qui expriment un grand besoin en raison des réformes engagées, comme l’éducation et la santé. Ainsi, une capacité de 20.000 sièges a été prévue dans les sciences de l’éducation dès cette année, en hausse de 100% par rapport à l’année précédente. Ce nombre augmentera à 100.000 à l’horizon 2026.
Abdellatif Miraoui a aussi annoncé vouloir doubler le nombre de médecins formés d’ici 2026. Une augmentation de 20% a été amorcée dès cette année.
Des partenariats suivront pour toutes les filières économiques et industrielles, à l’image de ce qui a été convenu avec les filières de l’automobile et de l’aéronautique, pour la formation et l’emploi de 100.000 nouveaux profils.
La digitalisation de l’université
Une refonte des systèmes d’information permettra à chaque étudiant d’accéder à un grand nombre de services à partir d’une application smartphone. Un nouveau système d’orientation est aussi prévu, avec la création d’une plateforme dédiée.
Le ministère entend amorcer la digitalisation de toutes les filières. Le démarrage se fera par les facultés de droit, qui comptent un grand nombre d’étudiants et en ont donc le plus besoin.
Ces plateformes de e-learning permettront de renforcer les compétences numériques et linguistiques, mais aussi la formation à vie des citoyens. “La nouvelle université sera une université où l’on reviendra souvent au cours de sa vie professionnelle”, a déclaré Abdellatif Miraoui.
Plusieurs phases d’expérimentation sont prévues pour cette rentrée. Une plateforme numérique de renforcement des capacités a été développée. Elle comporte un bouquet de modules qui, eux-mêmes, comprennent près de 100 cours en ligne dans différentes spécialités.
Le ministère travaille en même temps sur le développement d’une application Massar Sup, à l’image de Massar pour l’éducation fondamentale, afin d’assurer une convergence entre les différents cycles d’enseignements.
Améliorer l’écosystème de la recherche et de l’innovation
Abdellatif Miraoui promet une nouvelle génération de doctorants, pour pousser vers une excellence dans la recherche scientifique. Cette rentrée universitaire sera marquée par le renforcement de la mobilité des doctorants, et par l’institution de l’obligation des certifications TOEIC (Test of English for International Communication) et DALF (Diplôme approfondi de langue française), en plus d’autres certifications relatives aux compétences numériques.
Le ministre prévoit aussi de renforcer les cités de l’innovation. Le Maroc en possède actuellement cinq. Deux autres sont prévues cette année. L’objectif à terme est que chaque région aie la sienne.
Cette année connaîtra la création de trois instituts de recherche nationaux. Ils regrouperont tous les chercheurs reconnus au niveau national. D’autres sont prévus pour les prochaines années. Ces instituts de recherche seront pourvus des moyens nécessaires pour mener des travaux de recherche, promet Abdellatif Miraoui. De plus, ils pourront accueillir les docteurs dans la poursuite de leurs recherches.
Un budget de 600 millions de dirhams a été prévu pour le programme national des projets de recherche scientifique, en plus de 50 millions de dirhams qui seront mobilisés à travers des programmes de coopération internationale.
Des passerelles et des grandes écoles
Le ministère conçoit par ailleurs de nouvelles passerelles pour permettre l’accès des étudiants des établissements à accès ouverts aux parcours des grandes écoles, après les deux premières années de licence. Une sorte de deuxième chance pour ces étudiants.
Dans ce sens, de nouvelles grandes écoles seront créées, notamment pour des filières qui n’en possèdent pas, comme le droit et les sciences humaines. L’entrée dans ces écoles ne devrait avoir lieu qu’après deux années de licence. Des passerelles inter-filières seront également mises en place.
D’autres nouveautés
- Le partenariat avec l’Anapec va être renforcé pour instaurer de plus en plus de centres d’emploi au niveau des universités, afin d’encourager l’insertion professionnelle et le rapprochement des étudiants avec le marché de l’emploi.
- Dans les jours qui viennent, un changement sera opéré dans les procédures d’octroi des équivalences de diplômes, très lentes actuellement. Ceci passera par la digitalisation de la procédure et la prise en compte du dernier diplôme, au lieu de tout le parcours universitaire.
- Les activités para-universitaires seront renforcées, avec la généralisation de plusieurs évènements comme la semaine de l’innovation, la semaine des sciences et les hackathons.
- Un programme de 1.000 mobilités nationales au profit des étudiants sera appliqué dès cette année.
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